Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre lors de l'acte 23 des manifestations des "gilets jaunes", le 20 avril 2019 à Paris

Mobilisés depuis plus de cinq mois, les "gilets jaunes" étaient de retour dans la rue samedi pour un acte 23 marqué par de nouvelles tensions à Paris, à l'issue d'une semaine dominée par l'incendie à Notre-Dame. De premières échauffourées ont éclaté en début d'après-midi près de Bastille et se sont poursuivies aux abords de République par un face-à-face tendu entre manifestants et forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont procédé à plusieurs charges devant un restaurant McDonald's, parfois munies de lanceurs de balles de défense. Dans un tweet, la préfecture de police a appelé les manifestants à se "désolidariser des groupes violents". A la mi-journée, la police avait procédé à Paris à 137 interpellations et plus de 11.000 contrôles préventifs, selon la préfecture. A 15H, 110 personnes avaient été placées en garde à vue dans la capitale, selon le parquet. La manifestation parisienne s'était jusque-là déroulée dans un calme relatif autour des mots d'ordre portés par ce mouvement protéiforme pour plus de pouvoir d'achat et de démocratie directe. Un autre cortège, parti lui de la basilique de Saint-Denis mais beaucoup moins suivi, se déroulait sans le moindre incident, a constaté l'AFP. La méfiance était palpable à quelques jours des mesures que le chef de l'Etat doit dévoiler jeudi après le grand débat national et dont il avait dû différer l'annonce en raison de l'incendie de Notre-Dame. L'incendie de Notre-Dame était également dans les esprits et divisait les troupes. "Notre-Dame, c'est pas nous", pouvait-on lire sur une pancarte qui voisinait des posters de l'édifice et des affiches "Je suis Notre-Dame". "Victor Hugo vous remercie pour Notre-Dame de Paris mais n'oubliez pas les misérables", proclamait une banderole. Pour cet acte 23, des défilés étaient également prévus dans plusieurs villes en région. "On vient depuis le début, pour les injustices, la pauvreté", dit Loïc, chef d'entreprise manifestant en famille. "Il y a moins de monde que d'habitude (...). Ca va être plus épisodique", dit-il. Comme lors des récentes semaines, les autorités avaient interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes: les Champs-Élysées à Paris, ainsi que les abords de la cathédrale de Notre-Dame où certains "gilets jaunes" voulaient converger. Plus de 60.000 policiers et gendarmes sont mobilisés dans tout le pays. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui a fait un "point sur la situation" lors d'un déjeuner samedi à l'Elysée avec Emmanuel Macron, avait mis en garde vendredi contre le retour des casseurs. bur-mig-myl-edy-npk-alc/jt/nm

Franck Riester (C) s'exprime sur le parvis de la cathédrale le 19 avril 2019

Les tableaux de Notre-Dame "n'ont pas été abîmés" et seront "sécurisés dans la journée", a annoncé vendredi le ministre de la Culture Franck Riester sur le parvis de la cathédrale rongée par les flammes lundi. "L'intégralité des tableaux sera retirée dans la journée", a précisé le ministre entouré des responsables du Patrimoine et des monuments historiques. Parmi ces tableaux figurent notamment des œuvres de Laurent de La Hyre et de Charles Le Brun, deux peintres du XVIIe siècle. "Nous sommes aujourd'hui dans un état d'esprit très positif concernant les œuvres qui étaient dans la cathédrale", a dit M. Riester.


L’hôtel NH El Rancho.

La Banque de la République d’Haïti a révélé, dans sa dernière note de politique monétaire pour le deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2018-2019, que 64% des réservations pour le mois de février 2019 ont été annulées. Une enquête avait été réalisée par la Direction Monnaie et Analyse économique auprès de 23 hôtels et a abouti à la conclusion queles troubles politiques ont eu un impact négatif surl’hôtellerie et le tourisme, secteurs porteurs de richesses et de croissance économique. La Banque Centrale a aussi souligné uneréduction du nombre de vols des compagnies aériennes sur Haïti, secoué par une vague de manifestations violentes et d’émeutes visant à renverser le chef de l’État Jovenel Moïse. L’industrie du tourisme était l’une des plus touchées: outre les lignes aériennes, plusieurs agences en ligne devoyage avaient retiré le pays de leur liste de destination. Le Département d’État Américain avait, face à la montée de l’insécurité enregistrée lors de ces mouvements de rue, imposé sur Haïti son alerte à niveau 4, déconseillant les visiteurs étrangers à y venir. Plusieurs recommandations ont été avancées par des professionnels et spécialistes en la question autour d'une relance du tourisme dans un pays à l'économie rachitique. Lors d’une conférence organisée vendredi 15 mars à l’université Quisqueyaaprès ces moments de troubles civils, Andy Durosier, Directeur du ministère du Tourisme, a mis l’accent sur le «rôle des pouvoirs publics dans la mise en place de stratégies et de mécanismes pouvant développer l’industrie. Daniel Denis a évoqué les concepts de produit touristique et de branding dans la définition d’une destination. L’intervenant Jean Marie Altema a plutôt parlé du rôle des technologies dans la promotion, la production et la commercialisation du produit touristique. Mais si les conditions de sécurité et de climat de paix ne sont pas réunies, les étrangers ne viendront pas investir leurs capitaux, selon les propos tenus par Pierre Espérance, Directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains. (Lire cet article). Cette relève sera d'autant plus difficile que le Département d'Etat a récemmentmis Haiti sur une liste de 35 pays oùle risque d'enlèvement et de prises d'otages est élevé. La tâchedevient de plus en plus ardue, de l'avis du spécialiste Carlo Chancelien,surtout qu'on nage en pleine gouvernance provisoire. Lire: Haïti parmi 35 pays à éviter pour risque de kidnapping

Sur les 83 bureaux de députés répertoriés par l'Observatoire Citoyen pour l’Institutionnalisation de la Démocratie (OCID), 57 ont puêtre repérés alors que chaque représentant de la Chambre basse reçoit des allocutions mensuelles de 210, 000 gourdes pour lefonctionnement de sonbureau. Pour les sénateurs, 29 ont été recensés et chaque élu du grand corps touche 250, 000 gourdes le mois. L'OCID a rendu publics les résultats d’une enquête réalisée sur le fonctionnement des bureaux des sénateurs et des députés pour lesquels ilsreçoivent mensuellement des allocations. Sur les 116 sièges à la Chambre basse, 83 bureaux ont été visés par l’enquête. Au niveau du sénat de la République, 29 bureaux ont été pris en compte. Chaque député perçoit 210 mille gourdes par mois pour le fonctionnement de son bureau dans sa circonscriptioncontre 250 mille gourdes pour chaque sénateur, a fait savoir un membre du comité de pilotage,Abdonel Doudou. Sur les 83 circonscriptionsvisées, seulement 57 bureaux dont 45 opérationnels appartenant à desdéputés ont été recensés à travers tout le pays, selon lesenquêteurs. Cette institution a pu localiser 29 bureaux de sénateurs dont 19 opérationnelsà travers les dix départements géographiques. Craignantque l’argent destiné au financement des activités au niveau de ces bureaux soit mal dépensé,l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie recommande, entre autres, l’élaboration d’un guide de fonctionnement, la formationdu personnel sur sonrôle,la transformation des bureauxde ces hommes de loisen de vrais relais d’information et de concertation avec la populationnotammentau sujet des travaux du Parlement. Un tableau de borddevantrenseignerla population sur leur adresse, leur téléphone, leur horaire de fonctionnementet les principales activités doitêtreaffichée. Un mécanisme de contrôle transparent des ressources mises à la disposition des parlementaires pour le fonctionnement de leur bureaudoitêtre institué, selon l'Observatoire.


Haiti à la traîne, la République dominicaine entame son processus de transformation digitale

Si leur projet se concrétise, les dominicains vont continuer à solliciter la main d’oeuvrehaïtienne pour cultiver leurs champs et travailler dans laconstruction, alors qu’ils enverront vers Haiti des experts en innovation, en intelligence artificielle et en robotique. Par Jean Marie Altéma De nombreux pays de la région s’attellent à créer les conditions requises pour exploiter au mieux les opportunités offertes par les technologies de l’information afin de promouvoir le développement social et économique. Les enjeux sont de taille pour Haiti, marquée par l’instabilité et la faiblesse institutionnelle. Les textes légaux régissant le secteur sont vieux de plus de 40 ans et la mission des institutions sectorielles étatiques n’a pas été modifiée depuis plus d’une trentaine d’années. La réforme du secteur des télécommunications est plus que nécessaire. Elle doit viser le développement social et économique à travers un nouveau modèle cadré avec notre réalité, et qui tient compte de la protection des consommateurs. La régulation en vigueur aujourd’hui ne va pas résoudre les problèmes d’infrastructures, d’accès, de qualité et d’abordabilité des services de communications électroniques. Elle est un obstacle à l’innovation. Elle n’inspire pas confiance et favorise la fracture numérique. Les services de haut débit sont concentrés dans les grandes villes particulièrement à Port-au-Prince, alors que les populations des zones rurales ont un accès très limité à ces services.Les télécommunications et le numérique sont un véritable pilier pour le développement économique. Ils doivent servir de levier de développement des secteurs comme le tourisme, l’agriculture, le commerce, l’éducation et autres.Compte tenu du caractère dynamique de l’industrie technologique, un cadre réglementaire transparent, objectif et adapté est essentiel pour développer le secteur et attirer des investisseurs privés. Haïti avait occupé une place prépondérante dans le domaine des télécommunications dans la région Amérique latine et caraïbes derrière les Etats-unis et le Canada, notamment avec la création de la TELECO et la station terrienne de télécommunications à Sabourin (Cabaret) qui assurait les communications via satellite. Cette station a permis aux haïtiens de suivre en direct la retransmission des matchs de la coupe du monde de football à laquelle Haiti avait pris part en 1974 et servi de relai à divers pays de la région. Le réseau de transmission de la TELECO comprenait des faisceaux hertziens, des tronçons de câbles coaxiaux au niveau des villes et d’une double boucle de fibre optique (d’une longueur de 100 km environ) dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.Haiti n’a pas su faire le choix de modernisation, de renforcement des infrastructures et d’offrir des services innovants axés sur le développement de l’Internet.Malgré les efforts consentis par certains groupes du secteur privé et de la société civile pour promouvoir le numérique, l’administration haïtienne peine à élaborer un plan stratégique impliquant toutes les parties prenantes de l’écosystème numérique. Les lois sur la signature électronique et les échanges électroniques sont votées à la Chambre des Députés le 4 septembre 2014 et au Sénat le 14 et le 16 février 2017, elles sont publiées le 11 avril 2017 dans le journal officiel “Le Moniteur”. La mise en place des mécanismes devant assurer leur implémentation et leur application tarde. La situation en république voisine est très différente. Ce pays est en train de combler son retard et faire un bon vers le progrès technologique en créant un environnement favorable à son développement. Selon le site Internetworldstats, Haiti enregistrele plus faible taux de pénétration de l’internet de la région, soit 11.9% en 2017, alors que la République dominicaine affiche un taux de 56.2%.Elle accuse un taux de pénétration de la technologie 4G LTE de 60,6%, selon le rapport intitulé “l’Etat du LTE”publié par le siteOpenSignal.com.Plus d’accès veut aussi dire plus de compétitivité, plus de progrès économique. L’ambition des dominicains est on ne peut plus claire, dominer la région sur le plan technologique. Au cours d’une conférence présentée par un professionnel italien très connu du milieu technologique et de l’innovation, M. Vito Di Bari, en présence d’officiels du gouvernement dominicain dont le président Danilo Médina, sur l’impact des technologies et l’innovation sur la productivité et la création d’emploi, il a déclaré que la République Dominicaine a tous les atouts pour se convertir en leader technologique de la région Amérique latine et devenir le “Dominican Valley” en référence au Silicon Valley (USA). Selon lui, la République dominicaine dispose d’un excellent projet, qui est “republica digital”, un bon plan de connectivité et elle a une population plus jeune que n’importe quel autre pays. “Le pays a tout ce qu’il faut”, a-t-il ajouté. Il a recommandé à la République dominicaine de prendre le leadership intellectuel de la mondialisation 4.0 en Amérique latine, comme le Singapur en Asie, de moderniser les universités en alignant leur programme sur les connaissances requises par le travail de la prochaine économie. Le programme gouvernemental baptisé “republica digital” est un projet visant à garantir l’accès des Dominicains aux technologies de l’information et de la communication, dans le but de réduire la fracture numérique et de fournir de meilleurs services aux citoyens. Cette initiative repose sur quatre axes principaux et deux axes transversaux :éducation, accès, productivité et création d’emploi, gouvernance numérique ouvert et transparent, la cybersécurité et l’inclusion sociale. Au total, 22 projets sont en cours d’exécution dans le cadre de ce programme. 639 écoles sont dotées de kits robotiques, 333,289 étudiants sont enrôlés dans des programmes scientifiques et robotiques, 3000 professeurs ont reçu des laptops avec accès à des programmes éducatifs, 62,307 étudiants ont bénéficié d’un laptop ou d’une tablette numérique. Selon les informations disponibles, 610 points d’accès Wi-Fi sont disponibles gratuitement dans des hôpitaux, des places publiques, bus de transport public, stations de métro, bibliothèques municipales et universitaires, particulièrement. 199 services en ligne sont offerts aux citoyens dominicains et des lois comme la signature électronique sont déjà adoptées. La république voisine est en train de former sur son sol des milliers de jeunes haïtiens dans le domaine de la science et des technologies. Pour la plupart, ils ne sont pas revenus au pays. L’industrie technologique haïtienne est habitée par le doute et teintée d’inquiétude et d’incertitude. Si leur projet se concrétise, les dominicains vont continuer à solliciter la main d’oeuvrehaïtienne pour cultiver leurs champs et travailler dans laconstruction, alors qu’ils enverront vers Haiti des experts en innovation, en intelligence artificielle et en robotique. Source :Par Jean Marie Altéma

Rock André, Entrepreneur et leader de CEDEL Haiti Crédit Photo; Page Facebook CEDEL

Haïti a remporté la première place dans le concours “Elevator Pitch”, organisé par la Banque Interaméricaine de Développement (BID) en la date du 9 avril 2019 auParaguay oùplus d'une vingtaine de pays y ont participé. C'est le jeune entrepreneur Rock André qui a annoncé la nouvelle à la rédaction de Loop. C'est le le projet "Coder le futur"dont l’idée est d’introduire l’éducation technologique dans les écoles secondaires en Haïti, qui a reçu la distinction. Sur une liste de 200 idées présentées par des représentants de 26 pays, celle d’Haïti est classifiée comme étant la meilleure par les membres du jury de la Banque Interaméricaine de Développement. Lancé à l’occasion de la 18e Assemblée annuelle de l'institution, ce concours de Pitch voulait prioriser les idées novatrices pouvant contribuer au développement durable. Avec le projet “Coder le Futur”, présenté par l’équipe de Cedel Haïti, dirigé par l’entrepreneur Rock André, le bicolore national a été fièrement représenté dans le monde entrepreneurial. L'économistese dit réjoui de vendre le meilleur d’Haïti, à côté de 25 autres pays.«C’est un grand plaisir de voir Haïti remporter la première place à ce concours “Elevator Pitch” qui s’est tenu au Paraguay ce 9 avril 2019» déclare-t-il. Principal présentateur du projet ‘’Coder le futur’’, Rock André explique que cette idée qui a gagné le concours vise à introduire l’éducation de la technologie dans les écoles secondaires en capitalisant sur les clubs d’entrepreneuriat mis en place dans les établissementspar le Centre d'Entrepreneurship et de Leadership en Haiti.