Paule Villard, la premiĂšre femme d'origine Haitienne devenue Vice Mayor de North Miami Beach

À 58 ans, Paule Villard rĂȘve encore d’écouter les refrains nostalgiques de la mer tous les aprĂšs-midis, le cri Ă©tourdissant des oiseaux fous qui assiĂšgent la ville. Loop HaĂŻti a rencontrĂ© cette HaĂŻtienne resplendissante au parcours atypique qui habiteNorth Miami Beach depuis une trentaine d’annĂ©es. La journĂ©e du 20 novembre 2018 restera Ă  jamais gravĂ©e dans la mĂ©moire de Paule Villard, native de Saint-Louis du Nord, la commune la plus propre du dĂ©partement du Nord-Ouest en HaĂŻti. Ce soir-lĂ , elle devient la premiĂšre femme d’origine haĂŻtienne Ă  occuper le poste de maire supplĂ©ante (commissionner) de la ville de North Miami Beach, une auxiliaire du comtĂ© de Miami Dade, avant d’ĂȘtre appointĂ©e maire assesseure (Vice Mayor) en avril dernier. Les uns diront certainement que c’est la plus belle des victoires. Quant Ă  elle, ce n’est qu’un trĂšs bon dĂ©but! Aucun commentaire ne s’en est suivi, et le silence a jouĂ© sa partition pendant au moins cinq secondes. Au tĂ©lĂ©phone, apparait une voix dense et chaleureuse; celle d’une mĂšre qui croit encore bon de s’entretenir de la survie de ses progĂ©nitures. «Comment ça va, Corneille? Contente que tu sois originaire du mĂȘme dĂ©partement que moi!,» lĂąche-t-elle tout de go. «Moi aussi,» rĂ©pondis-je, gĂȘnĂ© de la comparaison vu la longue avenue qui nous sĂ©pare. Un lĂ©ger sourire a balayĂ© la conversation. Ainsi le dĂ©cor est-il plantĂ© pour un Ă©change mĂ©morable avec une femme qui a dĂ©jĂ  vĂ©cu trente-huit ans aux Etats-Unis. Elle revenait Ă  peine du Bac I lorsque son pĂšre, alors Ă©migrant aux Etats-Unis, a dĂ©cidĂ© que sa famille lui rejoigne- avec l’aide de l’Ambassade des Etats-Unis en HaĂŻti, bien sĂ»r. Un jour de septembre 1981, avant que le soleil dĂ©ploie ses ailes ardentes, une cohorte de cinq personnes- dont sa femme, ses deux filles et ses deux garçons- ont pris la route qui amĂšne Ă l’Oncle Sam. Vingt-huit ans plus tard, un membre du groupe allait siĂ©ger dans le conseil municipal de North Miami Beach, la cinquiĂšme ville des Etats-Unis avec le plus grand nombre d’HaĂŻtiens, soit 19.90 % sur une population 44.124 habitants (recensement de 2017). Au sommet de sa gloire, elle garde de maniĂšre intacte le souvenir de son premier emploi, de 82 Ă  87, Ă  Check Cash Agency, un organisme qui s’occupait de l’échange des chĂšques des travailleurs immigrants contre des espĂšces. Un an avant son dĂ©part de l’institution, elle a Ă©tĂ© promue au rang de superviseur, puis, l’espace d’un cillement, manageur. «A cette Ă©chelle, on est tentĂ© par la fourberie, le dĂ©tournement de fonds. Dieu, merci. J’ai rĂ©sistĂ©,» se rĂ©jouit-elle, le cƓur net et les mains propres. Elle reconnait que de telles manigances mĂšnent parfois Ă  des impasses pĂ©rilleuses, et que peu de gens arrivent Ă  s’en sortir quand ils s’en sont dĂ©jĂ  embourbĂ©s jusqu’au cou. Consciente des enjeux de l’heure, elle s’était rendue Ă  Miami Dade College pour enfin dĂ©crocher un Associate Degree (diplĂŽme professionnel), avant d’ĂȘtre embauchĂ©e, de 87 Ă  93, par Public Service Aid au dĂ©partement de police de la ville de Miami en Floride. Quelques annĂ©es plus tard, insatiable de sa position et de son niveau d’études, elle s’est retournĂ©e Ă  l’acadĂ©mie de police pour obtenir le grade de Law Enforcement Carry Gone. ParallĂšlement, elle aussi fait une licence en Administration publique Ă  Barry University, et une autre dans le dĂ©veloppement de l’enfance. Pendant vingt-huit ans, elle a travaillĂ© au dĂ©partement de police de la ville de Miami, avant de prendre sa retraite en 2014 Ă  titre de sergent. MalgrĂ© le statut et les gallons qui se sont accumulĂ©s, rien ne l’a empĂȘchĂ©ed’ĂȘtre la garante de son foyer, d’ĂȘtre toujours au diapason avec les besoins de ses trois filles ou de ses deux Ă©poux puisqu’elle s’était mariĂ©e Ă  deux reprises. N’est-ce pas le symbole par excellence d’une femme «poteau mitan», comme on les appelle en HaĂŻti lorsque veut saluer la bravoure et l’intrĂ©piditĂ© d’une femme qui a exĂ©cutĂ© avec brio sa partition pour la survie de ses enfants. «J’ai toujours voulu ĂȘtre le premier exemple pour mes enfants. Il y a des choses que je me suis jamais permise de faire dans ma vie,» commente-t-elle, la tĂȘte altiĂšre. La passion de Mme Villard l’a conduite Ă  un autre port encore plus allĂ©chant: la jeunesse. «J’ai passĂ© plus de dix-sept ans Ă  travailler seulement avec des jeunes de tout acabit autour des crimes de prĂ©vention, faire le plaidoyer sur la nocivitĂ© de la drogue et l’importance de l’éducation dans la construction d’une sociĂ©tĂ© plus juste et Ă©quitable,» informe-t-elle, toute insatisfaite de tous ces grands efforts qui, sans aucun doute, ont pavĂ© la voie Ă  des milliers de jeunes qui en sont sortis bĂ©nĂ©ficiaires. Aujourd’hui, elle se sent coincĂ©e lorsqu’une personne a fait choix de dĂ©peindre les jeunes de maniĂšre Ă©reintante au lieu de les aider Ă  amĂ©liorer leur sort. «Qu’en est-il de plus humain que quelqu’un qui tient une branche d’olive Ă  un autre?,» se demande-t-elle, sans hausser le ton. Toutefois, elle est d’avis que la violence s’est exacerbĂ©e Ă  North Miami Beach ces derniĂšres annĂ©es, et que le phĂ©nomĂšne de gangstĂ©risation bat son plein actuellement dans certaines artĂšres de la ville. InterrogĂ©e sur la recrudescence de l’insĂ©curitĂ© dans la zone et le comportement des jeunes qui y sont impliquĂ©s, particuliĂšrement les jeunes HaĂŻtiens auxquels elle est le plus attachĂ©e Ă©motionnellement, elle pense que l’accointance joue un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant dans le devenir de ce flĂ©au-lĂ , et que les jeunes rĂ©torquent Ă  suivre les bons exemples. Il ne manque pas d’hommes et de femmes HaĂŻtiens modĂšles dans la sociĂ©tĂ©, mentionne-t-elle. «A cause d’une mauvaise influence, beaucoup de jeunes HaĂŻtiens se sont livrĂ©s Ă  des actes de malversation. Ils font la sourde oreille Ă  leurs parents, et certains s’en sont allĂ©s plus loin en utilisant la langue anglaise- souvent certains parents ne peuvent pas s’exprimer convenablement dans la langue de Shakespeare- comme outil de manipulation,» regrette-t-elle. Cette fois, la voix a perdu de son Ă©clat, et pour la premiĂšre fois elle est devenue nasillarde. Parfois, dit-elle, de jeunesinnocents sont victimes de la brutalitĂ© policiĂšre; ce flĂ©au qui affecte Ă  grande Ă©chelle la communautĂ© noire aux Etats-Unis. Face Ă  cela, Villard n’y est pas restĂ©e bouche bĂ©e. Elle a mis sur pied l’initiative «Haitian Heritage Month» dans l’objectif d’aider la police amĂ©ricaine Ă  prendre connaissance de la culture haĂŻtienne et, entre autre, Ă  encourager les jeunes HaĂŻtiens Ă  prendre la meilleure voie possible. Maintenant, dotĂ©e d’une plus grande responsabilitĂ©, elle entend mener un plaidoyer plus efficace avec, probablement, des outils plus appropriĂ©s puisqu’elle fait partie de ceux qui dĂ©cident actuellement de l’avenir de la zone. «Une maire-adjointe ne peut plus rester les bras croisĂ©s, a-t-elle dit. «Elle doit se dĂ©mener pour trouver des solutions durables capables de s’attaquer aux problĂšmes les plus rĂ©currents comme l’abus de la drogue, par exemple.» Ce 20 novembre 2018, elle n’avait pas pensĂ© Ă  partir en croisiĂšre qui est l’une de ses activitĂ©s prĂ©fĂ©rĂ©es, ni Ă  aller voir les Ă©toiles au dehors parce que la nuit a dĂ©jĂ  baissĂ© sa voile, elle se souvenait de prĂ©fĂ©rence de la jeune demoiselle qui a fait ses valises un jour d’automne 1981- cinq ans avant la chute de la dictature sanglante des Duvalier en HaĂŻti- avec le rĂȘve d’une vie meilleure dans un pays qui ne lui appartenait pas, et dans lequel elle est devenue la premiĂšre femme d’origine haĂŻtienne Ă  occuper un poste Ă©lectif qui n’est autre que maire adjointe de North Miami Beach. Comme si l’avenir appartenait Ă  ceux qui se dĂ©placentvers territoires inconnus.

L'attaquant brésilienne Marta s'empare du record de buts en Coupe du monde, hommes et femmes confondus, avec 17 réalisations, en cinq éditions lors du match face à l'Italie à Valenciennes le 18 juin 2019

L'attaquante brĂ©silienne Marta est devenue mardi, grĂące Ă  un but face Ă  l'Italie (1-0), l'unique dĂ©tentrice du record de buts marquĂ©s en Coupe du monde de football, hommes et femmes confondus, avec 17 rĂ©alisations en cinq Ă©ditions. La sextuple meilleure joueuse du monde, ĂągĂ©e de 33 ans, a inscrit sur penalty (74e) contre l'Italie, dans le dernier match de poule du BrĂ©sil Ă  Valenciennes, un 17e but dans la compĂ©tition reine, dĂ©passant d'une unitĂ© l'Allemand Miroslav Klose (16 buts en quatre Mondiaux). Chez les filles, elle devance l'Allemande Birgit Prinz (5 Ă©ditions) et l'AmĂ©ricaine Abby Wambach (4 Ă©ditions), 14 buts chacune, puis Michelle Akers, Ă©galement ancienne internationale de l'Ă©quipe des Etats-Unis qui a mis 12 buts de 1991 Ă  1999. La BrĂ©silienne Cristiane, partenaire de Marta au Mondial-2019, arrive derriĂšre avec 11 buts inscrits depuis sa premiĂšre Coupe du monde en 2003. Autre joueuse encore en activitĂ©, l'AmĂ©ricaine Carli Lloyd a atteint la barre des 10 buts grĂące Ă  son doublĂ© contre le Chili dimanche en phase de poule. Meilleures buteuses en Coupe du monde fĂ©minine: 1. Marta (BrĂ©sil) : 17 buts lors des Ă©ditions 2003, 2007, 2011, 2015 et 2019 2. Birgit Prinz (Allemagne) : 14 buts lors des Ă©ditions 1995, 1999, 2003, 2007 et 2011 (aucun but marquĂ©) . Abby Wambach (Etats-Unis) : 14 buts lors des Ă©ditions 2003, 2007, 2011 et 2015 4. Michelle Akers (Etats-Unis) : 12 buts lors des Ă©ditions 1991, 1995 (aucun but marquĂ©) et 1999 5. Cristiane (BrĂ©sil) : 11 buts lors des Ă©ditions 2003 (aucun but marquĂ©), 2007, 2011, 2015 (aucun but marquĂ©) et 2019 . Sun Wen (Chine) : 11 buts lors des Ă©ditions 1991, 1995, 1999 et 2003 . Bettina Wiegmann (Allemagne) : 11 buts lors des Ă©ditions 1991, 1995, 1999 et 2003 ... Plus grand nombre de buts en Coupe du monde, hommes et femmes confondus: 1. Marta (BrĂ©sil) : 17 buts lors des Ă©ditions fĂ©minines 2003, 2007, 2011, 2015 et 2019 2. Miroslav Klose (Allemagne) : 16 buts lors des Ă©ditions masculines 2002, 2006, 2010 et 2014 3. Ronaldo (BrĂ©sil) : 15 buts lors des Ă©ditions masculines 1994 (aucun but marquĂ©), 1998, 2002 et 2006 4. Gerd MĂŒller (RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d'Allemagne) : 14 buts lors des Ă©ditions masculines 1970 et 1974 . Birgit Prinz (Allemagne) : 14 buts lors des Ă©ditions fĂ©minines 1995, 1999, 2003, 2007 et 2011 (aucun but marquĂ©) . Abby Wambach (Etats-Unis) : 14 buts lors des Ă©ditions fĂ©minines 2003, 2007, 2011 et 2015 5. Just Fontaine (France) : 13 buts lors de l'Ă©dition masculine 1958


Paule Villard, la premiĂšre femme d'origine Haitienne devenue Vice Mayor de North Miami Beach

À 58 ans, Paule Villard rĂȘve encore d’écouter les refrains nostalgiques de la mer tous les aprĂšs-midis, le cri Ă©tourdissant des oiseaux fous qui assiĂšgent la ville. Loop HaĂŻti a rencontrĂ© cette HaĂŻtienne resplendissante au parcours atypique qui habiteNorth Miami Beach depuis une trentaine d’annĂ©es. La journĂ©e du 20 novembre 2018 restera Ă  jamais gravĂ©e dans la mĂ©moire de Paule Villard, native de Saint-Louis du Nord, la commune la plus propre du dĂ©partement du Nord-Ouest en HaĂŻti. Ce soir-lĂ , elle devient la premiĂšre femme d’origine haĂŻtienne Ă  occuper le poste de maire supplĂ©ante (commissionner) de la ville de North Miami Beach, une auxiliaire du comtĂ© de Miami Dade, avant d’ĂȘtre appointĂ©e maire assesseure (Vice Mayor) en avril dernier. Les uns diront certainement que c’est la plus belle des victoires. Quant Ă  elle, ce n’est qu’un trĂšs bon dĂ©but! Aucun commentaire ne s’en est suivi, et le silence a jouĂ© sa partition pendant au moins cinq secondes. Au tĂ©lĂ©phone, apparait une voix dense et chaleureuse; celle d’une mĂšre qui croit encore bon de s’entretenir de la survie de ses progĂ©nitures. «Comment ça va, Corneille? Contente que tu sois originaire du mĂȘme dĂ©partement que moi!,» lĂąche-t-elle tout de go. «Moi aussi,» rĂ©pondis-je, gĂȘnĂ© de la comparaison vu la longue avenue qui nous sĂ©pare. Un lĂ©ger sourire a balayĂ© la conversation. Ainsi le dĂ©cor est-il plantĂ© pour un Ă©change mĂ©morable avec une femme qui a dĂ©jĂ  vĂ©cu trente-huit ans aux Etats-Unis. Elle revenait Ă  peine du Bac I lorsque son pĂšre, alors Ă©migrant aux Etats-Unis, a dĂ©cidĂ© que sa famille lui rejoigne- avec l’aide de l’Ambassade des Etats-Unis en HaĂŻti, bien sĂ»r. Un jour de septembre 1981, avant que le soleil dĂ©ploie ses ailes ardentes, une cohorte de cinq personnes- dont sa femme, ses deux filles et ses deux garçons- ont pris la route qui amĂšne Ă l’Oncle Sam. Vingt-huit ans plus tard, un membre du groupe allait siĂ©ger dans le conseil municipal de North Miami Beach, la cinquiĂšme ville des Etats-Unis avec le plus grand nombre d’HaĂŻtiens, soit 19.90 % sur une population 44.124 habitants (recensement de 2017). Au sommet de sa gloire, elle garde de maniĂšre intacte le souvenir de son premier emploi, de 82 Ă  87, Ă  Check Cash Agency, un organisme qui s’occupait de l’échange des chĂšques des travailleurs immigrants contre des espĂšces. Un an avant son dĂ©part de l’institution, elle a Ă©tĂ© promue au rang de superviseur, puis, l’espace d’un cillement, manageur. «A cette Ă©chelle, on est tentĂ© par la fourberie, le dĂ©tournement de fonds. Dieu, merci. J’ai rĂ©sistĂ©,» se rĂ©jouit-elle, le cƓur net et les mains propres. Elle reconnait que de telles manigances mĂšnent parfois Ă  des impasses pĂ©rilleuses, et que peu de gens arrivent Ă  s’en sortir quand ils s’en sont dĂ©jĂ  embourbĂ©s jusqu’au cou. Consciente des enjeux de l’heure, elle s’était rendue Ă  Miami Dade College pour enfin dĂ©crocher un Associate Degree (diplĂŽme professionnel), avant d’ĂȘtre embauchĂ©e, de 87 Ă  93, par Public Service Aid au dĂ©partement de police de la ville de Miami en Floride. Quelques annĂ©es plus tard, insatiable de sa position et de son niveau d’études, elle s’est retournĂ©e Ă  l’acadĂ©mie de police pour obtenir le grade de Law Enforcement Carry Gone. ParallĂšlement, elle aussi fait une licence en Administration publique Ă  Barry University, et une autre dans le dĂ©veloppement de l’enfance. Pendant vingt-huit ans, elle a travaillĂ© au dĂ©partement de police de la ville de Miami, avant de prendre sa retraite en 2014 Ă  titre de sergent. MalgrĂ© le statut et les gallons qui se sont accumulĂ©s, rien ne l’a empĂȘchĂ©ed’ĂȘtre la garante de son foyer, d’ĂȘtre toujours au diapason avec les besoins de ses trois filles ou de ses deux Ă©poux puisqu’elle s’était mariĂ©e Ă  deux reprises. N’est-ce pas le symbole par excellence d’une femme «poteau mitan», comme on les appelle en HaĂŻti lorsque veut saluer la bravoure et l’intrĂ©piditĂ© d’une femme qui a exĂ©cutĂ© avec brio sa partition pour la survie de ses enfants. «J’ai toujours voulu ĂȘtre le premier exemple pour mes enfants. Il y a des choses que je me suis jamais permise de faire dans ma vie,» commente-t-elle, la tĂȘte altiĂšre. La passion de Mme Villard l’a conduite Ă  un autre port encore plus allĂ©chant: la jeunesse. «J’ai passĂ© plus de dix-sept ans Ă  travailler seulement avec des jeunes de tout acabit autour des crimes de prĂ©vention, faire le plaidoyer sur la nocivitĂ© de la drogue et l’importance de l’éducation dans la construction d’une sociĂ©tĂ© plus juste et Ă©quitable,» informe-t-elle, toute insatisfaite de tous ces grands efforts qui, sans aucun doute, ont pavĂ© la voie Ă  des milliers de jeunes qui en sont sortis bĂ©nĂ©ficiaires. Aujourd’hui, elle se sent coincĂ©e lorsqu’une personne a fait choix de dĂ©peindre les jeunes de maniĂšre Ă©reintante au lieu de les aider Ă  amĂ©liorer leur sort. «Qu’en est-il de plus humain que quelqu’un qui tient une branche d’olive Ă  un autre?,» se demande-t-elle, sans hausser le ton. Toutefois, elle est d’avis que la violence s’est exacerbĂ©e Ă  North Miami Beach ces derniĂšres annĂ©es, et que le phĂ©nomĂšne de gangstĂ©risation bat son plein actuellement dans certaines artĂšres de la ville. InterrogĂ©e sur la recrudescence de l’insĂ©curitĂ© dans la zone et le comportement des jeunes qui y sont impliquĂ©s, particuliĂšrement les jeunes HaĂŻtiens auxquels elle est le plus attachĂ©e Ă©motionnellement, elle pense que l’accointance joue un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant dans le devenir de ce flĂ©au-lĂ , et que les jeunes rĂ©torquent Ă  suivre les bons exemples. Il ne manque pas d’hommes et de femmes HaĂŻtiens modĂšles dans la sociĂ©tĂ©, mentionne-t-elle. «A cause d’une mauvaise influence, beaucoup de jeunes HaĂŻtiens se sont livrĂ©s Ă  des actes de malversation. Ils font la sourde oreille Ă  leurs parents, et certains s’en sont allĂ©s plus loin en utilisant la langue anglaise- souvent certains parents ne peuvent pas s’exprimer convenablement dans la langue de Shakespeare- comme outil de manipulation,» regrette-t-elle. Cette fois, la voix a perdu de son Ă©clat, et pour la premiĂšre fois elle est devenue nasillarde. Parfois, dit-elle, de jeunesinnocents sont victimes de la brutalitĂ© policiĂšre; ce flĂ©au qui affecte Ă  grande Ă©chelle la communautĂ© noire aux Etats-Unis. Face Ă  cela, Villard n’y est pas restĂ©e bouche bĂ©e. Elle a mis sur pied l’initiative «Haitian Heritage Month» dans l’objectif d’aider la police amĂ©ricaine Ă  prendre connaissance de la culture haĂŻtienne et, entre autre, Ă  encourager les jeunes HaĂŻtiens Ă  prendre la meilleure voie possible. Maintenant, dotĂ©e d’une plus grande responsabilitĂ©, elle entend mener un plaidoyer plus efficace avec, probablement, des outils plus appropriĂ©s puisqu’elle fait partie de ceux qui dĂ©cident actuellement de l’avenir de la zone. «Une maire-adjointe ne peut plus rester les bras croisĂ©s, a-t-elle dit. «Elle doit se dĂ©mener pour trouver des solutions durables capables de s’attaquer aux problĂšmes les plus rĂ©currents comme l’abus de la drogue, par exemple.» Ce 20 novembre 2018, elle n’avait pas pensĂ© Ă  partir en croisiĂšre qui est l’une de ses activitĂ©s prĂ©fĂ©rĂ©es, ni Ă  aller voir les Ă©toiles au dehors parce que la nuit a dĂ©jĂ  baissĂ© sa voile, elle se souvenait de prĂ©fĂ©rence de la jeune demoiselle qui a fait ses valises un jour d’automne 1981- cinq ans avant la chute de la dictature sanglante des Duvalier en HaĂŻti- avec le rĂȘve d’une vie meilleure dans un pays qui ne lui appartenait pas, et dans lequel elle est devenue la premiĂšre femme d’origine haĂŻtienne Ă  occuper un poste Ă©lectif qui n’est autre que maire adjointe de North Miami Beach. Comme si l’avenir appartenait Ă  ceux qui se dĂ©placentvers territoires inconnus.

Des individus armĂ©s ont fait le feu tĂŽt, ce mardi 18 juin 2019, sur le bĂątiment logeant la Radio tĂ©lĂ© ZĂ©nith en plaine. L’attaque a eu lieu vers 3 heures du matin. Plusieurs impacts des projectiles d'armes sont visibles sur la façade principale du bĂątiment. Le sĂ©nateur Antonio ChĂ©ramy a condamnĂ© cet acte, lors d’un point de presse donnĂ© ce mardi. En moins de deux semaines, c’est la deuxiĂšme station de radio devenue la cible des attaques. Le 10 juin denier, des individus ont incendiĂ© des vĂ©hicules qui Ă©taient garĂ©s devant les locaux de la Radio TĂ©lĂ© Ginen.


Ben Horowitz (investisseur de Facebook et Twitter) Ă  l'Ă©dition 2017 de Haiti Tech Summit./Photo: Loop Haiti-archives.

Une palette d’investisseurs et d’entrepreneurs issus du monde entier seront, du 20 au 22 juin, en HaĂŻti oĂč ils participeront Ă  la troisiĂšme Ă©dition d’HaĂŻti Tech Summit, important sommet de la technologique crĂ©Ă© en 2017 dans le souci de relever les grands dĂ©fis d'HaĂŻti par la technologie et l’entreprenariat. HaĂŻti Tech Summit rĂ©cidive et sera encore une fois cette annĂ©e au rendez-vous : le plus grand sommet annuel de technologie de toute la CaraĂŻbe se dĂ©roulera du 20 au 22 juin au Royal Decameron, Ă  la CĂŽte-des-Arcadins, oĂč un gratin d’investisseurs internationaux interviendront sur les grands dĂ©fis de l’humanitĂ© Ă  relever par la technologie. Pour l’édition 2019, d'importantes personnalitĂ©s dans le domaine de la technologie et de l'entreprenariatrĂ©pondront prĂ©sents Ă  cet Ă©vĂ©nement. L'on peut citer entre autres, Tom Davis de Forbes Magazine,Kim Hangoc (Mastercard), Darlene Jean,Cassandre Charles (Essence Magazine), Michele Sison, ambassadeur des Etats-Unis en HaĂŻti, Jon Piechowski(Bureau des affaires de l'hĂ©misphĂšre occidental), Carlos Sanvee (YMCA). En vue de faciliter les voyages des Ă©trangers vers HaĂŻti, le comitĂ© organisateur a pensĂ© Ă  Ă©largir son rĂ©seau et s’est ainsi associĂ© Ă  deux partenaires officiels : l’Ambassade des États-Unis et le magazine Ă©conomique Forbes. Ce dernier qui diffusera l’évĂšnement en direct et prĂ©sentera l'histoirede certains confĂ©renciers et participants sur leur site Web et leur application communautaire. Plusieurs points majeurs feront l’objet de dĂ©bats et de plusieurs tables-rondes autour d’un certain nombre de secteurs industriels Ă  identifier comme Ă©tant des secteurs potentiels Ă  mettre en avant Ă  l’ùre numĂ©rique:Éducation, tourisme, agriculture, finance, mĂ©dias, Ă©nergie, santĂ©, mode, immobilier et musique. Un rapport des contributions apportĂ©es durant le sommet sera rendu public. « L'objectif est de positionner HaĂŻti pour tirer parti de la 4e rĂ©volution industrielle et accĂ©lĂ©rer le passage du pays Ă  l'Ăšre numĂ©rique. Ainsi, des partenariats avec les Objectifs de dĂ©veloppement durable 2030 seront en vigueur », lit-on dans un communiquĂ© transmis Ă  la rĂ©daction. Les participants profiteront aussi d’une sĂ©rie d’ateliers de formation sur l’image de marque personnelle, le financement des entreprises et le marketing numĂ©rique de l’histoire d’HaĂŻti. Ces sessions d’ateliers couvriront trois pistes : piste individuelle, volet affaires et suivi de l’écosystĂšme. Haiti Tech Summit, grĂące Ă  l’ambassade amĂ©ricaine et de plusieurs autres partenaires qui font venir plus d’une vingtaine d’entrepreneurs issus de la CaraĂŻbe notamment, vise Ă  battre son prĂ©cĂ©dent record de 123 millions de vues sur les mĂ©dias sociaux, ce qui vise Ă  revitaliser le secteur touristique, toujours dans l’impasse et toucher par la crise politique qui secoue HaĂŻti depuis au moins trois mois.

DerniĂšre ligne droite avant la troisiĂšmeĂ©dition d'HaĂŻti Tech Summit qui aura lieu du 20 au 23 juin de cette annĂ©e. L’ambassade amĂ©ricaine en HaĂŻti, partenaire du sommet, annonce que le Sous-secrĂ©taireadjoint chargĂ© de la diplomatie publique au Bureau des affaires de l’hĂ©misphĂšre occidental au DĂ©partement d’État, Jon Piechowski prendra part Ă  l’évĂšnement annuel qui regroupera des entrepreneurs locaux et internationaux. Aussi, l’ambassade annonce qu'elle soutienĂ  titre de sponsor la participation de 30 entrepreneurs caribĂ©ens,dont 15 HaĂŻtiens Ă  cet Ă©vĂ©nement. Ces participantsauront l’opportunitĂ© de rencontrer des personnalitĂ©s du monde de la crĂ©ation, de l'innovation venues de la rĂ©gion des CaraĂŻbes et du monde, annonce l’ambassade dans une note de presse. «Nous espĂ©rons que ce sommet des technologies suscitera de nouvelles idĂ©es et aidera Ă  bĂątir des relations», Ă©crit-elle. Des orateurs,spĂ©cialistes en technologies et ayant fait leur nom Ă  travers le monde dans le domaine entreprenariat, membres et dirigeants de grandes entreprises telles queGoogle, Airbnb, LinkedIn, Uber entre autres seront Ă  cettetroisiĂšme Ă©dition d'HaĂŻti Tech Summit. Par ailleurs, les organisateurs annoncent la participation du prĂ©sident de la RĂ©publique, Jovenel MoĂŻse comptĂ© parmi les intervenants ainsi que d’autres membre su gouvernement et du secteur privĂ© haĂŻtiens. Un reprĂ©sentant du cĂ©lĂšbre magazine Forbes assistera au sommet, transmettra en direct et partagera l'histoire de certains participants et intervenants. Wilner Bossou