Mercredi 8 Juillet, 2020

Une étudiante haïtienne lauréate d’un prix universitaire en Guyane

Winslow Nitza Carmela Cavalier, lauréate du prix Jeune Écrivain Guyanais 2020. Photo/Radio Synergy

Winslow Nitza Carmela Cavalier, lauréate du prix Jeune Écrivain Guyanais 2020. Photo/Radio Synergy

L’étudiante haïtienne Winslow Nitza Carmela Cavalier a reçu le prix Jeune Écrivain Guyanais 2020 pour sa nouvelle intitulée « Le corps d’une amérindienne ».

Lorsque la jeune Nitza Cavalier, étudiante en Lettres, arpente les artères de l’Université de Guyane, elle se fait vite remarquer par sa démarche et le dynamisme qui, surtout, l’a toujours caractérisé.

« Voici l’Haïtienne Nitza ! reprennent en chœur mes collègues étudiants », lâche-t-elle à Loop Haïti.  

« On me voit comme une ambassadrice de la culture haïtienne là-bas. Et c’est une très bonne note ! » accepte-t-elle.  

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Avec l’arrivée du prix Jeune Écrivain Guyanais 2020 qu’elle a gagné pour sa courte nouvelle au titre évocateur « Le corps d’une amérindienne », tout fait présager un bel futur à l’animatrice de "Mille Bulles", une émission littéraire hebdomadaire enregistrée dans les studios de Mayouri campus.

« Ce prix vient renforcer l’idée en moi que je peux continuer à avancer, que je ne suis pas sur une mauvaise pente », émet-elle.

Invasion espagnole

Le texte de Cavalier remet sous les feux de la rampe un passé peu glorieux pour les conquistadors qui ont décimé une grande partie du peuple amérindien dans les Antilles et l'Amérique latine.

Aujourd'hui encore, les populations autochtones ne sont pas de tout repos dans certains recoins du monde, leur culture est souvent traitée en parent pauvre.  

« Je voulais faire un rapport entre le corps et l’histoire », dit-elle.

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Le rapport au corps s’explique par les tatouages que portent les Amérindiens de la Guyane.

« Les amérindiens portent toujours des tatouages, et cela m’a inspiré, explique-t-elle. Ces dessins sont évocateurs de messages puissants, ils racontent des rituels ».

En fait, le récit, en quelque mot, c’est une jeune fille, appelée parfois Lune, tatouée jusqu’aux dents qui se laisse étreindre par un jeune homme, lui aussi appelé Soleil, au bord du fleuve Maroni (fleuve d'Amérique du Sud d'une longueur 611,7 km). 

Le garçon, par civilité, invite la fille à prendre la parole parce que cette dernière, semble-t-il, n’a pas pipé mot depuis des lustres.

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« Le jeune homme c’est comme une lumière qui vient pour inciter la jeune fille à prendre la parole », fait-elle savoir.

Pour le symbolisme de l’eau, elle ajoute : « Le fleuve du Maroni est lié à l’histoire de la Guyane, des Amérindiens, des Bushinengués ».

« Et quand je parle des céramiques, je voulais évoquer l’invasion espagnoles de l’Amérique [à partir de 1492, ndlr] », dit-elle.

Nitza Cavalier a laissé Haïti pour la Guyane en décembre 2018 pour poursuivre études supérieures. En mars 2019, un événement douloureux s'est produit, son père a été assassiné.

Dans le monologue J’écris avec du sang, représenté au début de cette année en Guyane, elle revient sur ce crime odieux qui a poussé sa famille vers la porte de sortie.

Le corps d’une amérindienne sera peut-être ma prochaine mise en scène. « Qui sait ? », lâche-t-elle avec le même sourire qui embellit son visage.

Cet article a été mis à jour le 22 juin 2020 à 12:36 pm (heure haïtienne). 

Websder Corneille

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