Mardi 4 Août, 2020

Un film sur Toussaint Louverture primé en Allemagne

Le casting du long-métrage Ouvertures, détenteur d'une mention honorifique à la Berlinale 2020 en Allemagne. Crédit photo/Kay Strasser

Le casting du long-métrage Ouvertures, détenteur d'une mention honorifique à la Berlinale 2020 en Allemagne. Crédit photo/Kay Strasser

Le groupe versatile The living and the Dead Ensemble a reçu, samedi 28 février, une mention honorifique pour le long métrage Ouvertures. Elle est décernée par la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique (Fipresci), une association de renommée mondiale de critique de films.  

Couramment appelé La Berlinale, le festival international du film de Berlin a pris fin ce dimanche 1er mars. Haïti y était de la partie, et n’est pas repartie bredouille. Du haut de ses soixante-dix ans, cette fête du septième art a déjà couronné des centaines de films, documentaires et lancé la carrière des milliers de réalisateur.

Cette année, le long métrage Ouvertures, réalisé par un groupe d’artistes et de poètes performeurs haïtiens et étrangers qui se fait appeler hasardeusement : The living and the Dead Ensemble, s’est vu décerner le trophée « mention honorifique » par Fipresci.  

 

« Un prix qui leur a été décerné pour les divers aspects du film en passant par l’écriture a la traduction, du rapport aux héros de l’histoire haïtienne aux lieux mémoire, de la possession des personnages à l’improvisation et au rôle de la musique », peut-on lire sur le site de Fipresci.

Par téléphone, Mackenson Bijou, un des acteurs, explique que ce travail découle de la pièce Monsieur Toussaint / Misyé Tousen, publié par Mémoire d’Encrier en 2014, d’Édouard Glissant.

« Nous avons jugé bon de le traduire en créole haïtien, puis de l’inscrire dans le spiralisme prôné par Frankétienne, raconte-t-il. C’est un mélange protéiforme du cinéma expérimental, de la fiction en toile de fond le spiral ». Besoin de souligner que ce texte a déjà été l’objet de traduction en créole martiniquais dès sa publication.

« Le fil fait une plongée dans la période qui a précédée à la révolution haïtienne, une façon d’apporter un éclairage sur la situation actuelle », avance-t-il. Ce n’est que plus tard que l’idée d’en faire un film s’est émergée, nous a appris Bijou.

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Coup d’œil sur le film

« Ouvertures » est un œuvre cinématographique qui dure en moyenne 1 heure et 32 minutes, tourné à la fois en Haïti (Port-au-Prince) et en France (Jura). Il met en scène un chercheur qui tente de lire le passé au cœur des couches stratigraphiques du calcaire jurassien aux derniers jours du précurseur de l’indépendance haïtienne, Toussaint Louverture, mort en exil en 1803 au Fort de Joux en France. 

Sur son lit de mort, les spectres du panthéon de l’histoire haïtienne viennent lui rendre visite et instruisent son procès. En parallèle, une compagnie de jeunes répète en Haïti le texte théâtral d’Edouard Glissant titré Monsieur Toussaint. À mesure que les jours s’égrènent, les membres de la compagnie commencent à être possédés par leurs personnages. Bientôt, le fantôme de Louverture viendra les rejoindre pour les guider vers un nouvel exil. 

Créé en 2017 à Port-au-Prince, le The living and the Dead Ensemble a de beaux jours devant lui. Le film Ouvertures, premier bébé du groupe, réunit neuf Haïtiens et deux étrangers. Parmi lesquels : Bijou Mackenson, Léonard Jean-Baptiste dit Leo, James Peter Etienne, James Desiris, Jephthé Carmil, Cynthia Maignan, Sophonie Maignan, Rossi Jacques Jr Casimir, Cherestal Dieuvela, James Fleurissaint dit Rikiki, Olivier Marboeuf (Guadeloupéen) et Louis Henderson (Ecossais).

Après Allemagne, le groupe continuera à parcourir le monde pour s'assurer de la promotion du film. Du 1er au 30 avril, ils participeront au festival VOST (Version Originale Sous-titrée) en France.

Avant, ils feront une pause au théâtre de l’usine (TU) 23 au 30 mars en Suisses pour repartir à l’aventure à partir du 1er et jusqu’au 12 mai au KUNSTEN Festival des arts

Cette année, l’Ours d’or de La Berlinale a été remis au réalisateur iranien Mohammad Rasoulof pour son film There Is No Evil, sacré meilleur.

Eberline Nicolas et Websder Corneille  

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