Mercredi 12 Août, 2020

Supadeno, ce nom restera dans les annales pour mille et une raisons

Moïse Denot, a.k.a Supadeno, mort le vendredi 24 juillet 2020 à Port-au-Prince

Moïse Denot, a.k.a Supadeno, mort le vendredi 24 juillet 2020 à Port-au-Prince

Aux côtés du feu Master Dji (1961-1994), Supadeno a posé, à la fin des années 80, les jalons d’un mouvement qui deviendra, quelque 30 ans plus tard, le plus bel objet de curiosité chez les jeunes.

Est-il excessif de souligner que Supadeno n’a pas assez récolté ses fruits ? De son vivant comme dans sa mort survenue ce vendredi 24 juillet, il a traversé les années avec fragilité et fracas. Il est né Moïse Denot en République Dominicaine en 1978, d'une mère haïtienne et d'un père dominicain avant de rentrer en Haïti, à Port-au-Prince, pour entamer ses études classiques.

En ce qui a trait à l’enfance de l’artiste, la biographie est réellement chiche. Ce n’est pas sa vie de famille qui sera également connue. Bertony Raphaël, de Havana Guitar Night, a révélé à Ticket Magazine que ce dernier a eu un enfant avec une fille de la haute société, à Pétion-Ville. Rien de plus.

 

La nouvelle de la mort de l'ancien membre du groupe mythique Haïti Rap n ragga, est arrivée comme un couperet, ce vendredi. Radiotélévision Caraïbes a relayé l’information. Ce dernier, d’après la même source, a été victime la semaine écoulée par des individus non identifiés qui l'ont tabassé.

Il manque encore à l’opinion publique pour savoir exactement les conditions dans lesquelles l’ancienne gloire de la musique haïtienne a laissé sa peau.

En 2015, dans un long reportage réalisé par le journaliste Michel Joseph, l’artiste n’avait pas caché sa frustration d’avoir été méprisé par l’État haïtien. Sa sortie et l’état lamentable dans lequel il s’y trouvait, avaient touché les cœurs et les reins de certains artistes et supporteurs qui ont, tout de suite, volé à son secours pour le placer dans un centre de désintoxication en RD.

Malheureusement, quelques temps après, on l’avait remarqué sur la Place Saint Anne qu’il occupait à toute heure de la journée, dans un état de délabrement.  

Retour sur quelques réalisations de l'artiste

Supadeno a participé sur deux albums avec son groupe Haïti Rap N Ragga avec son bras droit Master Dji. Le premier titré "Match la red", sorti en 1994. Sur cet album, on retrouve des titres comme Vanité, Conscience noire, Tèt chaje, Religion et Manmzèl, cette chanson qui a connu un succès fulgurant dans le paysage musical haïtien.

Après la mort de Master Dji, l'un des Pionniers du rap kreyòl, Supadeno a participé avec le groupe Haïti Rap N Ragga dans plusieurs concours de musique à l'échelle internationale et nationale, selon ce qu'a raconté l'intéressé lui-même dans son interview à Michel Joseph.

On se rappelle du fameux concours de "Chant de Noël" sur la chaîne Telemax dont Supadeno a remporté l’édition de 1996 avec le titre "Nwèl nan wèl ou".

Après ces exploits, l'artiste a fait savoir qu'il a mis en circulation un deuxième album ayant pour titre "Maximum respect", paru chez Cross over Records de Lionel Dupervul. Sans oublier d'autres singles et plusieurs performances de cette figure de proue du Rap et ragga en Haïti dans les journées récréatives.

Richard Alexandre

richardalexandre512@gmail.com

 

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