Lundi 6 Avril, 2020

Sendia Morency : « Je vis de la danse et je suis fière »

Sendia  Morency en pleine séance d'entraînement. Photo : Eberline Nicolas / Loop Haiti

Sendia Morency en pleine séance d'entraînement. Photo : Eberline Nicolas / Loop Haiti

La danseuse et professeure de danse Sendia Morency représentera Haïti à la troisième édition du « Cuba International Ballroom Championship » à la Havane du 25 au 31 mars. Une compétition à laquelle elle avait remporté la troisième place en 2019 au côté de son partenaire de danse Valnaire St Juillet.

Au rythme du tam-tam des tambours. La jeune danseuse est vêtue de son collant noir, chaussée d’une paire de basket et d’un t-shirt orange sur lequel on peut lire « Syla Dance Academy (SDA)». Elle avance lentement et se montre prête à se laisser transporter par la magie du folklore. Ses élèves venus-es assister à cette énième leçon de danse prennent place derrière elle et suivent ses instructions à la lettre. Sendia Morency est nommée directrice de la SDA depuis 2015 par le fondateur de l’école, Sylla Ronaldson, et a reçu son premier prix pour la qualité de son travail comme danseuse professionnelle l'an dernier.

Lire aussi > Haïti gagne la 3e place à l’International Ballroom Championship à Cuba

La jeune femme se définit comme étant une personne "déterminée", "heureuse et fière" d’avoir poursuivi son rêve. Et ne regrette nullement d’avoir fait un trait sur sa première profession d’éducatrice jardinière d’enfant pour se vouer pleinement à ce rêve pas encore totalement réalisé, selon elle. « Je n’ai pas encore atteint le niveau que j’espérais. Je veux être une référence dans la danse, c’est pour cela que cette année, avec mon partenaire Valnaire St Juillet, on retourne à Cuba International Ballroom Championship et on rapportera le premier prix en Haïti », assure-t-elle.

 

Sendia est née et a grandi dans la commune des Croix-des-bouquets, dans une fratrie de 3 enfants dont sa jumelle Sendy. Elle fit connaissance avec la danse très jeune dès ses 8 ans au sein du groupe culturel de la paroisse sainte croix (CECUSA), lequel groupe va l’amener en 2003 à la compétition de danse Bosco Culturel Torlande organisée par les mères salésiennes. Une expérience qui lui laisse une petite anecdote à raconter. « La chorégraphie c’était le Bois Caïman. Quand c’était le moment où il fallait mettre le feu, j’avais pris peur. Prise de panique je me suis retrouvée à faire n’importe quoi. Après le jury nous a confiés que sans cet incident, on aurait gagné », raconte la jeune trentenaire.

Sa carrière de danse va être réellement lancée quand elle commença à prendre des leçons de danse à l’âge de 20 ans à l’école Stanley Select Club qui deviendra plus tard Syla Dance Academy.

« Je dansais à l’église avec le CECUSA. En 2007, le prête Dempsy Loarca allait remarquer mon talent pour la danse et a décidé de me payer mes premiers cours de danse à l’école Stanley Select Club ». Au cours, de l’année 2008, alors qu’elle a tout juste 21 ans, elle assure son premier grand spectacle titré « Le corps de la danse » avec son école de danse.

Depuis, les spectacles s’enchaînent pour la jeune femme qui voit en son mentor Sylla Ronaldson son plus grand modèle de danse folklorique- moderne- contemporaine et en Liana Chirulova, sa danseuse favorite. « Une danseuse est un modèle d’amour, de tendresse, de courage, quelqu’un qui transmet des vibrations et des ondes positives », croit-elle.

Sendia Morency : « Je vis de la danse et je suis fière »

 

Plaidoyer pour une meilleure représentation de la danse en Haïti

A travers les ans, Sendia Morency a gardé intacte son amour pour cette discipline pour laquelle elle a développé une véritable passion. Elle regrette pourtant le mauvais traitement que l’on voue à la danse en Haïti. Une activité qui pourtant, d'après elle, est aussi importante que n’importe quelle autre profession.

« On ne donne pas trop de valeur à la danse [en Haïti, ndlr], on ne la reconnait pas comme l’un des plus grands arts, on la pratique uniquement pour le plaisir. Pourtant elle pourrait être un métier. Moi, par exemple, je vis de la danse et je suis fière de ce qu’elle représente dans ma vie. Je pense que l’on pourrait instituer la danse dans toutes les universités en Haïti ».

Eberline Nicolas

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :