Mercredi 30 Septembre, 2020

Radio Canada rend hommage aux Beaubrun, icônes de la musique haïtienne

Les bustes de Manzè et Lòlò exposés au musée du Parc Historique de la Canne à Sucre, à Tabarre. Sculpteur:

Les bustes de Manzè et Lòlò exposés au musée du Parc Historique de la Canne à Sucre, à Tabarre. Sculpteur:

En 2020, les Beaubrun plaident pour un changement qui vient du « cœur », une position en déphasage avec celle qu’ils ont adoptée les dernières décennies.

Février 2019, le pays se préparait à accueillir le carnaval national prévu pour les 3, 4 et 5 mars. Sauf que le statu quo ne se prêtait pas à une telle fête foraine, le mode pays lock était déjà en alerte sur tout le territoire.

Dans la foulée, le gouvernement pouvait compter sur le secteur le plus important : les groupes artistiques (bandes à pied ; bands ; chorégraphes réunis). Certains ont fait profil bas, mais d’autres se sont illustrés à visière levée, et se montraient en faveur de la tenue des festivités. Les artistes-supporteurs ont tenu une conférence de presse le jeudi 28 février.

S’y trouvait le mythique Boukman Eksperyans, en la personne de Lòlò (Théodore Beaubrun) et Manzè (Mimerose Beaubrun), porte-étendard des principaux soulèvements qui ont lieu dans le pays les dernières décennies. Le courroux que cette participation a suscité dans l’opinion publique n’a d’égal que le silence dans lequel le couple s’est enfoncé depuis.

Les Beaubrun n’ont pas pour autant abandonné l’idéal de changement dont ils ont toujours rêvé et qu'ils ont prôné, ils ont plutôt inversé la tendance vas-y mollo avec le mantra que la « révolution doit se faire autrement ».

Lire aussi: Deux bustes pour immortaliser Manzè et Lòlò au Parc historique

« Il doit y avoir une révolution, mais c’est une révolution d’amour […] la révolution doit avoir une base spirituelle », préconise Lòlò, en entrevue avec Sophie Langlois de Radio Canada.

La cible n’est pas inatteignable, d’après ce dernier, « ce sont les politiciens qui y font obstacle ».

Âme et musique : bon ménage chez les Beaubrun

Famille musicale, les Beaubrun (quatre enfants et sept petits-enfants) croient encore au pouvoir de la musique pour toucher à l’infinité humaine et rabattre le chagrin.

« La musique peut toucher l’âme, l’esprit, le corps…la guérison est possible à travers la musique », croit Manzè, anthropologue. Elle avait publié, en 2013, le récit autobiographique Nan dòmi.

« Parfois on est en phase de dépression, et la musique nous permet de respirer », enchaîne son époux.

Sauf qu’il faut indiquer qu’une étude, menée par des universitaires barcelonais et publiée en 2014, et plusieurs autres ont révélé qu’il y avait des êtres sur lesquels la musique ne fait pratiquement aucun effet.

La naissance de Boukman Eksepryans remonte à 1978, quelques mois après le coup de foudre des deux artistes, raconte la voix douce et berceuse d’Anne-Sophie Langlois.

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