Mardi 4 Août, 2020

15 écoliers haïtiens honorés pour leur "persévérance" à Montréal

Soledad Casimir, récipiendaire du Prix Denise, lors de la cérémonie du 27 juin 2020/ Courtoisie Priscilla Authier

Soledad Casimir, récipiendaire du Prix Denise, lors de la cérémonie du 27 juin 2020/ Courtoisie Priscilla Authier

Dimanche 27 juin, le comité de pilotage du projet SuDen a honoré quinze (15) écoliers haïtiens, issus de six (6) établissements sur l’île de Montréal. 

L’excellence est souvent célébrée à l’école; la résilience un peu plus rarement. Tandis que, souvent pour ne pas dire toujours, il aura fallu la deuxième pour atteindre la première. Le projet SuDen l’a bien compris en cette première édition.

En distinguant cette année quinze (15) apprenants haïtiens ayant terminé le secondaire 5 (équivalent de seconde en Haïti), Priscilla Authier aka Priscilla Li La, technicienne en éducation spécialisée et fer de lance du projet, voulait saluer la « persévérance » de ces écoliers en se basant sur des critères qualitatifs.

 

« Dans le souci d’aider les jeunes ayant terminé leur secondaire 5 en dépit d’un parcours scolaire difficile et de souligner la persévérance scolaire, j'ai décidé de monter le projet SuDen», explique Authier.

« SuDen est basé sur la persévérance scolaire, confie-t-elle. Quand tu fais face à une difficulté et que tu cherches la bonne solution pour passer au travers, ça mérite d’être félicité ».

 

Toutefois, ces écoliers ne se sont pas récompensés de la même manière. Ils n’ont pas reçu non plus les mêmes cadeaux. Soledad Casimir, jeune écolière arrivée à Montréal après le séisme de 2010 en Haïti, et Jhoan Holly ont respectivement reçu les prix Denise et Suzanne.

« Les deux [...] sont honorés des prix Suzanne et Denise, [...] parce que leurs histoires sont sorties du lot », affirme Authier.

"Quand tu tombes, tu te relèves"

« SuDen est un acronyme des prénoms de ma grand-mère Suzanne et de ma mère Denise qui ont su me guider pendant tout mon parcours scolaire durant ma jeunesse », explique l'initiatrice.

Dans sa jeunesse, Authier n’avait pas échappé à une crise d’identité multiple. Née de père québécois et de mère haïtienne, elle aura au besoin de l’épaule de sa mère comme celui de sa grand-mère pour passer le cap.

"Tu es capable de surmonter les obstacles et les difficultés auxquels tu fais face ; à toi de trouver la solution", une phrase de sa mère que Authier se rappelle encore.

"Quand tu tombes, tu te relèves ; c'est un ordre !", disait sa grand-mère.

"Féliciter est bénéfique pour l’estime de soi"

Treize des quinze récipiendaires ont reçu en échange des bouquets de ballon, un masque lavable, un disque de la chanteuse Mireille Philoska et un certificat de félicitations.

Les deux autres qui se sont distingués de par leur histoire, se sont vu décerner, entre autres, un certificat de félicitations, une TV à écran plat.

C’est peu, oseraient dire certains. Mais c’est le geste qui compte, diraient d’autres. En effet, c’est ce qui avait animé Authier en avril dernier en concoctant le projet durant la Covid-19.

« Féliciter est un renforcement positif indispensable qui s’exerce de manière bénéfique sur l’estime de soi et le comportement », souligne-t-elle.

En assistant à la cérémonie de remise du prix, le député de Viau, Frantz benjamin, a pastiché une phrase de feu Nelson Mandela: « L’éducation c’est l’arme la plus puissante. Avec elle on peut faire tomber toutes les barrières ».

« C’est un projet à honorer », reconnaît-il.

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