Mercredi 21 Octobre, 2020

Comment les arts de la rue peuvent faciliter une urbanité inclusive

De la gauche vers la droite: Jean Widler Pierressaint coordonateur du projet; Stuart Savage, ambassadeur du Canada en Haïti, Anne-René Louis, représentante de la mairie de Port-au-Prince; Maxilie Martel Racicot, street artiste et Aude Asencia Villefranche, artiste.

De la gauche vers la droite: Jean Widler Pierressaint coordonateur du projet; Stuart Savage, ambassadeur du Canada en Haïti, Anne-René Louis, représentante de la mairie de Port-au-Prince; Maxilie Martel Racicot, street artiste et Aude Asencia Villefranche, artiste.

Le collectif pour la promotion des arts urbains et de l'art contemporain (CFPAUAC) de concert avec l'ambassade du Canada en Haïti ont lancé, ce jeudi 5 mars, le projet "Street art au féminin" qui s'étend du 9 au 13 mars en cours.

Un "launching" orchestré à l'occasion de la journée internationale des droits de la femme célébrée le 8 mars, afin de mettre le projecteur sur les œuvres des femmes évoluant dans le milieu des arts de la rue tant en Haïti qu'ailleurs. Étaient présents pour cette présentation du projet les différents coordonnateurs et partenaires de l'initiative, devant un public composé majoritairement de journalistes.

Une urbanité inclusive, voilà l'objectif visé par ce projet naissant. Bénéficiant du support financier de l'ambassade du Canada en Haïti, Street art au féminin veut contribuer à la promotion de l'égalité des genres, à la non-violence à l'égard des femmes et des filles et à la revitalisation d'un milieu urbain inclusif, peut-on lire dans la brochure de présentation.  

« Street art au féminin : pour une urbanité inclusive vient répondre à l’interrogation Où sont passées les femmes ? dans les différentes éditions de Festi Graffiti », confie M. Jean Widler Pierressaint, coordonnateur du projet en cours et distributeur de parole à la conférence de presse.

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L’ambassadeur du Canada en Haïti, Stuart Savage, s'est montré enthousiaste quant à la collaboration de son institution au projet. « Ce projet est l'expression même de la mise en œuvre de la politique étrangère canadienne », exprime-t-il. Il voit dans l'initiative une occasion pour les femmes de placer leurs mots et exprimer leurs maux en utilisant des outils artistiques, ou mieux, leur force productive artistique. 

Il n'y a pas que les Haïtiennes qui auront à fouler le sol des différents espaces retenus pour le déroulement de l'activité: la street-artiste canadienne, Maxilie Martel Racicot alias Mono Sourcil, 30 ans, sera aussi de la partie. Arrivée au pays mercredi en après-midi, elle commence déjà à rêver du paysage enchanteur de ce bout d’île. « Je suis contente d’être ici », dit-elle, sourire enjoliveur.  

Durant son séjour, la spécialiste en portrait animera un atelier de quatre jours- aux côtés du gaffeur haïtien Assaf et l’artiste Aude- pour un public restreint de 20 femmes entre 18 à 30 ans. Les intéressés s’inscriront à travers un formulaire uniquement disponible en ligne. Mono Sourcil réalisera aussi bien des fresques que le public découvrira prochainement.

Dans cette conférence, elle n’a pas manqué faire sourire le public quand elle répondait à une question sur l’origine du nom Mono Sourcil. « Je croyais que j’aurais affaire à quelqu’un d’un seul sourcil, ce matin. Que nenni ! Mais d’où vient le nom Mono Sourcil », tel a été, grosso modo, la question qui lui a été adressée.

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« Je voulais un nom qui puisse refléter quelque chose de commun à toute mes œuvres; étant donné que je peins à chaque fois des visages différents », répond-elle avec une gentillesse inouïe.

Aude Asencia Villefranche, cette artiste haïtienne et future médecin, fait aussi partie de celles qui prêtent main forte au projet. Peintre et dessinatrice, elle prend plaisir à participer au Street art au féminin et de partager son savoir artistique avec d'autres. « M ta swete pou lòt ane yo, li pi grandyoz, li enplike plis jèn fi, epi plis moun tou… » (Je souhaite dans les années à venir que l’activité sera beaucoup plus grandiose, et plus ouverte à d’autres jeunes filles, et à d’autres personnes également », émet-elle. Au projet s'associent également Ms. Yellow et Lucy qui offriront leur expertise.

« C'est un projet qui nous tient à cœur à la Mairie, et c'est de gaieté de cœur que nous y prenons part ». Telle a été la déclaration d'Anne-René Louis, représentante du maire de Port-au-Prince, Ralph Youry Chevry, empêché pour l'occasion. Elle a tenu à rappeler les efforts effectués par la municipalité pour une plus large inclusion des femmes dans la société.

Une future participante à l'atelier s'est montré très enthousiasmée de prendre part à ce projet. « L ap pèmèt mwen echanje ak moun nan lari a e konnen tou kisa yo panse de travay sa yo nan milye a », explique Dashca Reina Charlemagne, étudiante en Histoire de l’art à l’Institut d’études et de recherches africaines (Ierah/Iserss), entité de l’Université d’État d’Haïti. Elle évoque l'idée selon laquelle les femmes du street art en Haïti ont besoin de modèles pour se lancer et Street art au féminin est déjà un grand pas.

Pierresaint n’a pas donné de garanti sur la pérennisation de ce projet, mais un fait est certain; 2020, il n'est plus qu'une question de jours pour que l'activité soit vraiment effective.

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