Mercredi 8 Juillet, 2020

Maxo Noël: « la sorcellerie peut être utilisée en médecine moderne »

Illustration de cimetière Crédit Photo : Georges Harry Rouzier

Illustration de cimetière Crédit Photo : Georges Harry Rouzier

Depuis des décennies, le phénomène de la zombification en Haïti ne cesse d’attirer la curiosité de tous, particulièrement des étrangers. Selon le phytothérapeute et chercheur en médecine traditionnelle, Maxo Noël, le « zombi » est un être vivant comme tout le monde. Pour lui, « la sorcellerie peut être utilisée dans la médecine moderne ».

D’entrée de jeu, Maxo Noël, chercheur en médecine traditionnelle, rappelle que le vodou occupe une place importante dans ce domaine. Cette dernière, selon lui, s’est impliquée dans les trois (3) grandes divisions du vodou, qui comprend entre autres les Guinéens (Ginen en kreyòl). Dans cette pratique, les adeptes appelés tradipraticiens utilisent la prière et les plantes médicinales comme outils de travail. Les substances chimiques figurées dans ces plantes sont abordées dans plusieurs ouvrages traitant de la médecine traditionnelle, selon le chercheur haïtien.

Dans son livre intitulé « La magie noire, une science cachée… », qui est actuellement en cours d’édition, Maxo Noël indique que la sorcellerie en tant que pratique magique peut être utilisée dans la médecine moderne. « Malheureusement, il y a une absence de cadre légal », regrette le professeur à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), qui participait lundi à l’émission « Haiti Sa Kap Kwit » sur Télé 20.

A en croire celui qui est aussi théologien, la sorcellerie peut aussi jouer un rôle dans le domaine de l’anesthésiologie. « Dans cette pratique, on utilise une substance appelée tétrodotoxine, à travers la poudre de zombification. Cette poudre met la personne dans un état de catalepsie pendant une période de trois jours. Et la personne est ressuscitée par la suite », explique-t-il.

Avec la tétrodotoxine, souligne le chercheur, on pourrait même administrer des anesthésies générales.

C'est ce qui explique le phénomène de zombification tel qu'il est connu en Haïti, d'après le Dr Noël qui précise, plus loin, que « le zombi est un être vivant à part entière. », une personne vivante. 

La zombification, attribuée en Haïti à des gens appelés « malfektè », est également pratiquée en chine et en Egypte, d'après Dr Noël qui en parle comme d'une pratique scientifique. Selon lui, elle pourrait même être utilisée dans les services secrets des Forces Armées d’Haïti, dans une dynamique de protection de la nation. Il rappelle que vers les années 1980, en Bulgarie, l’armée de ce pays avait utilisé des produits toxiques pour protéger leur territoire.

« Au lieu d’utiliser la zombification pour tuer ses frères et sœurs, on pouvait l’utiliser à d’autres fins utiles. Vodou pa djab », insiste Maxo Noël.

Rappelons que la zombification a déjà fait l’objet de plusieurs études scientifiques. D'abord en 1915 durant l’occupation américaine. Ensuite avec les travaux de l’ethnobotaniste Wade Davis qui a travaillé sur le cas de Clairvius Narcisse en 1982. Puis avec Roland Littelwood du département d’Anthropologie et de Psychiatrie de l’University College de Londres en 1997 pour aboutir aux travaux de Philipe Charlier avec son fameux ouvrage « Enquêtes sur les morts-vivants » publiés en mai 2015.

Le dernier travail en date sur la question est signé d'un professionnel du droit et se focalise sur l’angle juridique du phénomène et sur les frontières qu’il instaure vis-à-vis du commissaire du gouvernement. Jean Renel Sénatus, ancien chef de parquet et parlementaire, remet cette notion sur le tapis de la science, sous la direction du professeur Jean Robert Constant, en proposant son master intitulé : « Le commissaire du gouvernement et ses attributions de poursuites au regard du phénomène de la zombification ».

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