Lundi 25 May, 2020

Volontariat : Une occasion de réseautage, mais aussi d'apprentissage

Journée de volontariat organisée par la Fondation Digicel en Mai 2013, à l'asile communale de Port-au-Prince.
Crédit photo: Fondation Digicel

Journée de volontariat organisée par la Fondation Digicel en Mai 2013, à l'asile communale de Port-au-Prince. Crédit photo: Fondation Digicel

Pourquoi s’engager dans des associations ? Une question vieille et complexe dans sa formulation même. Chacun peut y trouver une raison particulière suivant l’objectif qu’il s’est fixé.

En Haïti ou ailleurs, nombreuses sont les institutions qui utilisent la force productive des autres pour la réalisation de leurs activités ou encore la mise en œuvre de leur projet. Que ce soit à titre de bénévole ou de volontaire, ceux qui prêtent leur service à ces institutions ou organisations avouent le plus souvent en sortir gagnants.

Le volontariat, dans ses différents processus qui toutefois varient d'une institution à une autre, est en effet bénéfique pour les volontaires, mais aussi pour ceux avec lesquels ils collaborent.

Similitudes et différences entre bénévolat et volontariat

S'il y a un point sur lequel les deux se rejoignent, c'est que ceux qui choisissent de s'y adhérer sont conscients qu'ils prêtent leur service et ne seront pas rémunérés comme un professionnel le serait.

Cependant, « un volontaire est celui qui a un contrat dûment signé avec une entreprise pour une période donnée. Il peut avoir une petite rémunération (frais de transport), explique Luc Dufresne, volontaire à Activeh (Action à travers des initiatives et volontariat pour l'éducation en Haïti). Le bénévolat, c'est de son plein gré. On adhère à une cause, on apporte son soutien à la réalisation d'une activité, sans rien attendre en retour ».  

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Fondée en novembre 2011, Activeh voulait répondre à une urgence : apporter une alternative à des problèmes récurrents du système éducatif haïtien. L’espace est doté d’un accès à Internet gratuitement avec la seule condition d’être muni d’une carte d’étudiants. Les membres sont ainsi requis une petite cotisation pour faciliter les services d’entretien, entre autres.

Le processus n'est pourtant pas le même partout. À la fondation Digicel par exemple, ceux qui se portent volontaires ne sont pas rémunérés. « Les volontaires sont encore des employés de Digicel », épilogue Su-Yen Simon Bertrand, responsable de relations publiques et de projet à la Fondation entretien à Loop Haïti.

« Autant qu'on ne prélèvera pas de leur salaire habituel pour une journée de travail, autant qu’ils ne leur seront pas non plus accordé une somme de plus pour la journée du volontariat », explique-t-elle. Travailler avec les gens qui sont de la place, pense-t-elle, aide la compagnie de gérer moins de soucis qu'il aurait à le faire avec des gens de l'extérieur ».

Les bienfaits du volontariat

Plus d'un dirait d'entrée de jeu que le bienfait premier est pécuniaire, si l'on tient compte de la définition donnée par Luc Dufresne plus haut. Cependant, il n'y a pas que l'argent à motiver ceux qui voudraient s'adonner à la pratique.

« Il y a ce contact direct avec la communauté que permet le volontariat de la fondation Digicel », explique Su-Yen. Un bénéfice qui profite surtout aux employés du service à la clientèle, ses dires.

« Quand l'employé passe son temps à parler aux clients, cela ajoute un plus à son travail que de pouvoir rencontrer, les clients, même s'il est incertain qu'il sera face au même client du bout de la ligne », a-t-elle rapporté. À noter que ces employés sont ceux qui prennent le plus souvent part aux journées de volontariat.

En outre, « le bénévolat est une opportunité pour tisser des liens en dehors de son domaine /cercle d'amis », confie Dufresne. « Grâce au bénévolat, j'ai des relations dans presque tous les secteurs d'activités », ajoute-t-il. Le volontariat participe aussi à l'amélioration de ses aptitudes.

Même son de cloche du côté de Jhonson Désir, membre de la Jeune Chambre Internationale (JCI/Delmas) et de Phernanda Ledix, volontaire à Activeh. « Les formations continueS qu'on a droit à suivre durant sa période de volontariat permettent de forger sa capacité à intervenir dans son domaine d'étude », explique Désir.

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« On acquiert de nouvelles connaissances dans le volontariat », enchaîne Stechlie Samedi, ancienne volontaire du festival Quatre Chemins, organisme promoteur de l’un des plus vieux festivals des arts en Haïti.

L'institution aussi connait des avantages à favoriser le volontariat. Jhonson Désir explique: « kidonk yon enstitisyon ki favorize benevola se yon gwo atou li vin ye pou li, otomatikman li tou vin gen resouzimèn kalifye pou l devlope pi byen e bay pi bon rezilta nan chan aktivite l ».

Il est donc à comprendre que de même que le bénévole ou le volontaire s'améliore ou encore tire des bénéfices du volontariat, l'institution aussi en sort gagnant, comme il avait été démontré dès le début.

C’est quoi le hic?

Il est vrai que le volontariat est d’une aide capitale pour ceux qui s’y adonnent. Cependant, il n’est pas qu’avantage. Il existe aussi des inconvénients à faire du bénévolat. Et les volontaires ne sont pas les seuls à se plaindre.

« Pour moi, le seul inconvénient avec les bénévoles c’est le retard », confie Su-Yen de la Digicel. Luc Dufresne de son côté plaide en faveur des volontaires: « L’employeur abuse parfois de la naïveté des volontaires. Soit cela arrive surtout dans le cas d’un manque de structure administrative. Le volontaire doit tout régler lui-même et même intervenir dans des domaines qui ne le concernent pas. Il devient, sans le vouloir, un employé à plein temps ».

Perception

Il n’est pas toujours évident pour ceux qui observent les volontaires de croire qu’ils le font de manière désintéressée. S’ajoute à cela l’idée qu’ils ont de l’entreprise ou encore institution d’où émane cette journée ou cette période de volontariat. Le positionnement et l’importance d’une entreprise notamment sur le marché économique dans un pays compte beaucoup dans le traitement dû à ses collaborateurs, quelle que soit la qualité de la collaboration.

Vu de l’extérieur, il est fort difficile de ne pas la qualifier de pécuniaire. Un souci dont la Fondation Digicel s’est rendu compte et à vite réglé en ayant comme volontaire que les employés de l’institution.

Le volontariat devient monnaie courante en Haïti et prend de plus en plus d’ampleur. Partout jeunes et vieux s’activent se font montre d’intérêt à se mettre disposition de ce service. Faute de devenir casanier, pourquoi ne pas se lancer dans le volontariat ? Après tout, vous n’avez rien à perdre, mais de l’expérience à acquérir.

Darline Honoré GEROME

Twitter : @Daho93

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