Lundi 6 Avril, 2020

Haïti: Un regain d’intérêt s’est manifesté chez les jeunes pour 8 mars

Photo de souvenir du groupe après la causerie du 7 mars. Crédit photo: Chapitre Haïti-New Jersey

Photo de souvenir du groupe après la causerie du 7 mars. Crédit photo: Chapitre Haïti-New Jersey

8 mars ramène à la Journée internationale des droits des femmes. Malgré l’intérêt grandissant pour perdurer le symbolisme de cette date à travers le monde, une frange importante de la population haïtienne accuse un retard dans l'appréhension de la portée historique de celle-là. Ce n'est pas des moindres, la jeunesse, cellule constituée de plus de 52% prédestinée à prendre les rênes du pays.

Le constat est alarmant et appelle à une action immédiate, si l’on tient compte du danger imminent qu’il représente dans un pays ou la justice sociale est souvent mise au ban. « Avant, je n’avais pas saisi la question de l’égalité homme-femme dans son vrai contexte, donc je pense que d’autres jeunes se trouvaient dans la même situation », a déclaré Ferlande W Toussaint, dans la vingtaine, participant à une conférence-débat organisée par le Chapitre Haïti-New Jersey de l’Association de Partners of the Americas samedi 7 mars, à Delmas 31.

À mesure qu’elle avance, son langage devient plus rassurant, et une couche d’air frais se laisse transparaître parce que Mlle Toussaint commence à voir plus clair. « Après la formation, je suis devenue plus consciente de cette problématique, son vrai contexte et cela m’a conféré d’autres conceptions par rapport à d’autres personnes », témoigne-t-elle plus loin en entretien avec la rédaction.

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« La nouvelle connaissance que j’ai acquise m’a permis de comprendre que l’inégalité qui sévit dans la société a pris racine dans la famille. Il y a des familles qui accordent davantage de privilèges aux enfants de sexe masculin ». Après la rencontre, sa conception a tellement évolué qu’elle promet de faire le plaidoyer pour l’égalité homme-femme dans la société haïtienne gangrenée par un machisme ahurissant.

Un autre participant, plus mature et ancien pensionnaire de la Faculté d’Ethnologie pour avoir suivi le cursus en psychologie, Vicento Diedo Vixamar pense que « pareille initiative doit être renouvelée constamment ». « Nous avons interrogé la problématique du genre dans la société haïtienne, essayé de comprendre pourquoi les femmes sont vues de cette manière, et d’aboutir à l’idée qu’elle est la résultante d’un ensemble des us et coutumes qui remontent à très loin », explique ce dernier.

S’il a n’a pas appris le b.a.-ba sur le genre à cette conférence, il en est ressorti toutefois renforcé. « Une pareille activité permet à plus de personnes de toucher par la sensibilisation sur l’égalité dans la société haïtienne », poursuit-il, avant de conclure par une note encore plus positive : « C’était une activité très enrichissante ! »

L’assistance, menée de main de maître par Nadège Beauvil, spécialiste sur les questions d’égalité de genre et cadre à Onu-Femmes, a été composée d’environ une cinquantaine de jeunes des deux sexes opposés, et, probablement, d’autres personnes ne s’identifiant aucunement à ces deux catégories-là. 

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« La chasse à la discrimination à l’égard des femmes et des filles, l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont des piliers pour le développement durable d’Haïti, reconnaît le groupe, à l’unanimité. Il est temps que les hommes et les femmes puissent travailler l’un auprès de l’autre autour d’une même table pour faire avancer les choses ». Ce qui commence à être fait même si des figures importantes de la lutte féministe dans le monde ont abouti à l’idée que le progrès a encore du plomb dans ses ailes.

Mario Henry, président du Chapitre Haïti New- Jersey de Partners of Americas depuis septembre 2019, et économiste de son état, a été aussi stupéfait de la réaction des participants au cours cette séance causerie. « Ce qui avait retenu mon attention, c’est l’interaction des jeunes avec la conférencière », dit-il, joint par téléphone. Il a profité pour faire l’historicité du club, comment l’espace l’aidé à grandir le plus vite que possible et à toujours se pencher vers plus de justice sociale.

Il n’y a pas de cela trois ans depuis que Monsieur Henry a intégré la structure, et qu’il s’est vu confier la tâche de la présider au côté de six autres membres, dont Nathaelle Buteau, Vice-Présidente ; Altema Rose Andrée, Secrétaire Générale ; Kettly Alisee, Tresoriere ; Ketsia Marcelin, Trésorière Adjointe; Séphora Pierre-Louis, Conseillère ; Wooldhy Jean, Conseiller.

Propulsée en 1963 sous l’obédience du feu président américain assassiné en 1965, John F. Kennedy, et instituée en Haïti en 1976, la structure qui s’est reliée à l’État du New Jersey, dénombre une bonne soixantaine de membre actifs. Une rencontre bihebdomadaire, chaque deux samedis, a lieu, et les participants sont invités à discuter sur des projets, des thématiques liées aux objectifs du chapitre, à savoir les ressources naturelles, l’éducation, la santé, le kombitisme, etc.

De 2015 à 2019, l’association a réalisé plusieurs projets dans diverses zones du pays tels que : la construction d’une serre à Laboule 12 ; distribution d’équipements sportifs dans un orphelinat à la Plaine du Cul de Sac, Cité-Soleil et à Diquini ; distribution de plantules de Morenga ou Benzolive à Croix-des-Bouquets à l’occasion de la journée de reboisement ; des formations et des tests de dépistage sur la drépanocytose ou anémie falciforme ; participation des membres à une formation sur la Santé Sexuelle Reproductive, participation à la journée de réflexion sur le volontariat en Haïti réalisée par le UN Volunteers (UNV), distribution de plus de 400 jouets durant les fêtes de fin d’année.

Websder Corneille (avec le Chapitre Haïti)

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