Jeudi 29 Octobre, 2020

La chorale « Kolibri » rend hommage à la féministe Claudine Saintal

Une femme ; maints engagements. Des mots simples pour décrire Claudine Saintal. La féministe s’est éteinte le 2 mars 2020 dans sa résidence aux Etats-Unis. Ayant pris part à plusieurs initiatives, notamment celles mettant en avant la défense et la promotion des droits de la femme, Claudine Saintal manque déjà à ceux qui l’ont côtoyée.

Pour avoir fait partie de l’Association Culturelle B-Ka (Bote Kreyòl), les membres de la chorale de ladite association ont décidé de rendre un hommage bien mérité à la défunte à travers une chanson. « Nou se moun » est le titre du chant de la chorale « Kolibri », sorti 15 avril. 

« C’est un message pour inviter les gens à se rappeler des femmes et leurs réalisations » explique Murielle Morné, présidente de l’association. Elle dénonce le fait que le nom des femmes est souvent noyé, ces dernières étant trop souvent dans l’ombre de leur mari.

« Menm nan rechèch istorik yo, ou plis ap jwenn madan entèl. Ou pa toujou ka jwenn non jèn fi a » ajoute-t-elle.

Outre cette piqûre de rappel, « Nou se moun » est aussi une invitation à une éducation d’égalité. « Ce message a été celui de Claudine durant toute sa militance, et on a pensé, même après sa mort, porter ce message à travers cette musique » informe Murielle.  

 

« Fanm 
nou se moun, 
nou solid, nou kapab, 
chanje wout lavi a, 
nou bouske nou chèche 
pou fè lavi fleri, 
souvan yo vle bliye, 
nou se moun » 

Voilà les paroles qui servent de refrain à ce morceau de la chorale « Kolibri ». 

Ce morceau pour qui il a fallu aux choristes deux semaines, n’était pourtant pas au prime abord destiné à la défunte. « Se te on mizik nou te panse sòti nan okazyon jounen modyal refleksyon sou dwa fanm nan 8 mas » nous apprend Murielle. Le message étant partagé, quoi de mieux pour rendre hommage à cette femme longtemps devancé par son combat?

On se rappelle la Claudine Saintal qui a remporté haut la main l’édition 2004 de Miss Vidéomax alors qu’elle avait déjà un enfant. Une belle preuve que la femme-mère ne peut en aucun cas être réduite à ses fonctions de mère ou de femme au foyer.

Directrice de l’IDEH (initiative pour un développement équitable en Haïti), membre de Nègès mawon, membre fondateur de « B-ka », Claudine Saintal « était une boule d’énergie » pour reprendre les mots de Murielle. Cette dernière attendait deux jours avant la mort de la féministe un document pour finaliser un projet sur lequel elles travaillaient ensemble.

Puisse la douce mélodie de la chanson "Nou se moun" parvenir à Claudine là où elle est, et qu’elle soit rassurée que son combat continue. Comme l’a dit Pascale Solages dans un tweet après la mort de Mme Saintal, « travèse non nègès…Al brase bil yo yon lò kote… E w kapab »…

 

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :