Mercredi 5 Août, 2020

Éloge de l’amitié au temps du coronavirus

Jean Marc Herve Abelard (à g.), Chery Dieu-Nalio (milieu), Jeanty Junior Augustin (à d.)/Photo: Valérie Baeriswyl

Jean Marc Herve Abelard (à g.), Chery Dieu-Nalio (milieu), Jeanty Junior Augustin (à d.)/Photo: Valérie Baeriswyl

Le 30 juillet est la journée mondiale de l’amitié, elle a été célébrée pour la première fois en 2011.

Le dictionnaire du français, Littré, définit l’amitié de plusieurs manières, retenons quelques-unes: « Sentiment qui affectionne, attache une personne à une autre » ; « Affection de certains animaux pour les hommes » ; « Bienveillance », etc. Toutes ces définitions reflètent le lien qui étreint deux personnes, qu’elles soient de même famille ou d’origine différente.

Si les définitions peuvent faire unanimité, les façons de se lier d’amitié, les raisons qui poussent quelqu’un à ne pas s’éloigner de l’autre, les liens amicaux se diffèrent d’une personne à l’autre, d’un clan à l’autre.

Éloge de l’altruisme

Delanot Philippe, influenceur de son état et promoteur de l’Initiative Philippe, se fond dans l’altruisme. « Je suis toujours bénévole pour mes amis », dit-il, fièrement. Le principe de l’altérité est une constante chez Monsieur Philippe.

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Les plateformes des réseaux sociaux sont devenues de véritables lieux de rencontre, Monsieur n’en dément pas. « J’ai rencontré Ralph [Ralph Tedy Erol, Éditeur de la plateforme Ted’Actu, ndlr] sur les réseaux sociaux, et nous sommes devenus des frères, dans la vraie vie », souligne-t-il.

Même son de cloche pour Youseline Vital, jeune entrepreneure et peintre à talent, fondatrice de Payèt Design. « L’amitié c’est se soutenir l’un et l’autre, pense-t-elle. On appelle ça symbiose dans ma communauté ». Ici, soutenir signifie « venir à la rescousse de quelqu’un », au sens plein de la locution adverbiale.

« Je ne rencontre pas trop souvent mes amis, mais dès qu’on se voit, on s’oublie. C’est notre force depuis des ans », murmure-t-elle.

L’amitié au temps du coronavirus

La pandémie a, certes, fait ralentir les élans de se rencontrer, mais la convivialité reste toujours de mise. Avec le nouveau coronavirus, la définition classique de l’amitié a pris un sérieux coup de massue, Littré ne l’avait pas prévu. Le vrai ami est devenu celui qui se tient à l’écart, pour se protéger les uns des autres, aussi par peur de représailles du groupe.

L’exemple de la « petite fièvre » qui s’abattait sur Port-au-Prince est un cas d’école. D’aucuns ne se gênent pas de demander, au grand jour, à leurs frères siamois de rester chez eux. Ce qui restait inimaginable avant l’irruption de cette « maladie du temps », pour reprendre l’expression de Dany Laferrière.

« Garder intacte notre amitié pendant le coronavirus, c’est un peu difficile », regrette Madame Vital. Le point positif tout de même, « nous avons grandi en spiritualité », reconnaît-elle.

« Moi, j’ai fait de nouveaux amis, émet Monsieur Philippe. Nous avons prévu de nous rencontrer dans deux semaines ».

Dans la lettre posthume du poète-éditeur, Rodney Saint-Eloi, au feu Jacques Roche, l’auteur écrit ceci : « Chacun d’entre nous devrait écrire une lettre à un ami. Écrire ces mots qui rappellent notre présence ».

Si Rodney le dit, ça doit être vrai, on doit renouer avec le genre épistolaire pour déjouer les épidémies.  

Websder Corneille

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