Dimanche 20 Septembre, 2020

Johanne Elima parle du "grand travail" des professionnels de la communication visuelle

Johanne Elima/ Photo et vidéographe: Luckenson Jean

Johanne Elima/ Photo et vidéographe: Luckenson Jean

Le travail des professionnels de la communication visuelle est d'une grande importance, selon Johanne Elima, communicatrice spécialisée en infographie. Elle nous parle de son métier, des qualités pour y réussir et ses efforts pour que les femmes prennent place dans ce champ.

Avec l'expansion des réseaux sociaux, les campagnes de branding et de l'e-identité, ces dernières années de plus en plus de jeunes haïtiens s'ouvrent à une carrière dans la communication visuelle. Graphistes, illustrateurs..., l'offre en ressources humaines s'accroit en grande vitesse à mesure que la demande, notamment du côté des entreprises, augmente.

Johanne Elima est l'une des rares femmes à s'intéresser à cette branche en Haïti. Après ses études en communication sociale à la faculté des sciences humaines de l'Université d'Etat d'Haïti, elle n'a pas tardé à se faire infographiste, un métier de la communication visuelle qui la passionne plus que tout, "après la lecture et l'écriture".

 

"Tous ceux qui ont une marque, un produit ou un service, sont obligés d'être sur Internet, sur les réseaux sociaux pour se faire connaître. [En ce sens] les professionnels de la communication visuelle font un grand travail, que ce soit dans la production de logos, flyer, vidéos pour attirer l'attention de votre public cible", indique-t-elle en entrevue avec Loop Haiti.

Mais ce n'est pas tout. Elima soutient aussi que dans un pays comme Haïti où le taux d'alphabétisme est élevé, "la communication visuelle peut aider", notamment, à atteindre même ceux qui ne savent pas lire, "par exemple, en période cyclonique". Elle ajoute également que les techniques inhérentes au domaine peuvent contribuer à apporter les messages de sensibilisation pour les gens dans le besoin, où qu'ils se trouvent.

Satisfaction

Même s'ils offrent une grande liberté de création et sont pratiqués d'abord par passion, quand on embrasse certains métiers comme la conception graphique, on est "rarement satisfait de ce qu'on fait", dévoile Elima. Car, dans la tête des créateurs, "il y a toujours moyen de faire mieux ou d'améliorer on oeuvre", raconte-t-elle.

Pour elle personnellement, plusieurs choses jouent en sa faveur. L'une d'entre elle, "c'est que je ne suis pas seulement graphic designer, j'ai étudié la communication sociale. Donc quand quelqu'un m'explique une idée, cela [sa formation initiale] me permet d'y ajouter un peu plus" au point d'épater le client.

"Ma plus grande fierté c'est quand j'ai fini un travail pour un client, qu'il est tellement satisfait qu'il ne sait pas où se mettre ou où me mettre", exprime-t-elle avec enjouement.

En outre, pour la jeune autodidacte, être "graphic designer" ne se résume pas au simple bricolage de couleur et de formes. Pour évoluer et briller ce domaine, selon elle, "il faut être créatif", "avoir un bon niveau de culture général", mais surtout "avoir l'envie d'apprendre", c'est-à-dire, avoir les yeux ouverts sur ce que font les autres, s'inspirer et apprendre d'eux.

Pour l'intégration des femmes dans le secteur

Si de plus de plus de jeunes s'intéressent à l'infogaphie en Haïti, les femmes semblent encore hésitantes. Ce constat touche Elima qui, déjà, s'engage à former une dizaine de jeunes.

"C'est ce que je fais en ce moment. Mais je le vois plutôt comme un partage. Elles peuvent tout aussi bien découvrir quelque chose que je savais pas et décident de le partager avec moi. Après Photoshop, on est actuellement en train de voir Illustrator", nous confie-t-elle.

A la fin de leur formation, chacune des bénéficiaires devront partager leurs connaissances avec cinq autres jeunes femmes de leur entourage, espère Johanne Elima.

Raoul Junior Lorfils et Luckenson Jean

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