Jeudi 9 Juillet, 2020

Il y a 50 ans, le Brésil inventait le football moderne, en couleur

Le roi Pelé efface le défenseur italien Tarcisio Burgnich en finale de la Coupe du monde le 21 juin 1970 à Mexico. STF AFP/Archives

Le roi Pelé efface le défenseur italien Tarcisio Burgnich en finale de la Coupe du monde le 21 juin 1970 à Mexico. STF AFP/Archives

Il y a cinquante ans, le football moderne est né au Mexique, lors d'une Coupe du Monde de légende remportée le 21 juin 1970 par Pelé et le Brésil, diffusée en direct et enregistrée en couleurs.

Dimanche marque le 50e anniversaire de la finale Brésil-Italie de cette édition 1970 mémorable à tous points de vue. Quatre ans plus tôt, 400 millions de téléspectateurs avaient vu, en direct, l'Angleterre battre l'Allemagne de l'Ouest, en noir et blanc. Le Brésil avait été éliminé, dans des tons allant du gris clair au gris foncé.

Quatre ans plus tard, sous le soleil du Mexique, les maillots jaune, bleu et vert de la Seleçao ont été enregistrés en couleur, pour la postérité, même si les retransmissions en direct ont continué, pour la plupart des fans de foot, sur de vieux postes de télévision noir et blanc.

Depuis 50 ans, les images passent et repassent. Même Pelé a du mal à se retenir: "Il y a beaucoup de vidéos disponibles, de programmes qui les diffusent. Si je ne fais pas attention, je me mets à pleurer", a confié l'ancien attaquant star au site internet de la FIFA.

- Pelé au sommet -

Pelé symbolise ce Mondial 1970 parce qu'il y a remporté sa troisième étoile. "J'étais au sommet", résume-t-il. "Nous avions une équipe fantastique et tout le monde s'attendait à ce qu'on gagne, j'en avais la chair de poule."

Selon son partenaire d'attaque Tostao, Pelé "voulait arrêter sa carrière internationale sur un triomphe individuel et collectif, pour que personne ne puisse douter qu'il était bien le meilleur joueur de tous les temps".

Tous les quarts de finale ont débuté à la même heure, le 14 juin à midi. L'Italie a battu le Mexique 4-1, grâce à un doublé de Riva. Pendant ce temps, Rivelino, Tostao et Jaïrzinho -mais pas Pelé- ont marqué pour le Brésil contre le Pérou (4-2). "Il y avait quatre numéro 10 dans cette équipe", se souvient Cubillas, l'un des buteurs péruviens. "Si on avait marqué quatre buts, ils en auraient marqué huit."

Les champions en titre anglais, privés de Banks, ont eu deux buts d'avance puis ont perdu 3-2 en prolongations, face à la RFA de Beckenbauer et Muller. En demi-finale, l'Uruguay a ouvert le score à Guadalajara, puis la Seleçao a frappé trois fois, par Clodoaldo, Jaïrzinho et Rivelino (3-1).

A Mexico City, l'Italie allait s'imposer 1-0 quand Schnellinger a égalisé à la 90e minute, provoquant 30 minutes de prolongations insensées: 2-1 pour l'Allemagne, grâce à Müller, puis 3-2 pour l'Italie (buts de Burgnich et Riva), puis Müller encore (3-3) et Riva enfin (4-3).

"Tout le monde en parle encore..." -

Ce n'était pas fini. L'Italie pouvait compter en finale sur Mazzola, très doué, et sur la défense de l'Inter Milan, grande pionnière du 'catenaccio' (cadenas), dirigée par Facchetti.

Le Brésil n'en a fait qu'une bouchée.

A 2.200 mètres d'altitude, au soleil du Stade Aztèque, le Brésil a produit ce jour-là une démonstration inédite de football offensif (4-1), comme une sorte de référence absolue pour les finales à venir, pendant cinquante ans.

Pelé a marqué, bien sûr, puis Boninsegna a égalisé, avant que Gerson et Jaïrzinho creusent l'écart. "Avant le match, je m'étais dit qu'il (Pelé) était fait d'os et de peau, comme tout le monde. Je m'étais trompé", a avoué Burgnich.

C'était comme si le Brésil réinventait le football, avec un dernier but en apothéose, à quatre minutes de la fin, marqué par l'arrière central Carlos Alberto, sur une passe décisive de Pelé, au terme d'un mouvement collectif impliquant huit joueurs de la Seleçao.

Roberto Rivelino, l'un des joueurs-clé de cette Seleçao de 1970, se souvient: "Nous méritions de finir comme ça, par ce but merveilleux construit par la quasi-totalité de notre équipe. Dieu a été généreux avec notre sélection", juge le vieil homme (74 ans) dans une courte vidéo envoyée à l'AFP.

Pour Rivelino, ce Mondial-70 a été "spécial, à cause de notre concentration totale, de la qualité des matches, du titre mondial". Et aussi parce que cette Seleçao est "encore considérée aujourd'hui comme la meilleure de tous les temps". Capable d'offrir au monde une finale de rêve.

"Je réalise aujourd'hui à quel point ce but était beau et important, parce que tout le monde en parle encore", a confié Carlos Alberto à la BBC, ajoutant même: "C'est peut-être le plus beau but jamais marqué dans un Mondial". C'était peut-être le plus beau Mondial de l'histoire du foot...

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