Samedi 24 Octobre, 2020

Haïti: il apprend le russe via son téléphone avant de partir étudier

Des jeunes Haïtiens voulant poursuivre leurs études en Russie, utilisent la technologie pour apprendre la langue de leur futur pays d'accueil/ Photo: Loop Haiti

Des jeunes Haïtiens voulant poursuivre leurs études en Russie, utilisent la technologie pour apprendre la langue de leur futur pays d'accueil/ Photo: Loop Haiti

Des jeunes Haïtiens voulant poursuivre leurs études en Russie, utilisent la technologie pour apprendre la langue de leur futur pays d'accueil.

"Da*", "niet*" ainsi de suite! Sur la table, ce jeune homme, dans la vingtaine, est assis en face de son téléphone, une paire d'écouteurs installée au fond de ses oreilles, et répète depuis ce matin des sons étranges.

C'est le troisième jour d'affilée qu'il vient dans les locaux de Banj pour des séances en ligne dans lesquelles il ne semble pas être le seul participant. On l'entend s'arrêter de temps en temps et s'adresser en créole à d'autres camarades à l'autre bout du fil, ou de l'écran.

Max, comme on va l'appeler ici, suit un cours d'introduction à la langue russe depuis plusieurs jours. Ils sont au total sept haïtiens à prendre le cours depuis Haïti. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils s'envolent vers le pays de Poutine, où Max connait quelques personnes.

"Nous avons été admis à l'université en Russie, a-t-il confié à Loop Haiti. En fait, nous devrions tous déjà être là-bas pour commencer les cours, mais à cause de la pandémie et les difficultés à voyager en ce moment, notre départ a été retardé."

- Une langue difficile - 

Mais Covid-19 ou pas, les cours de langue, qui doivent durer de trois à six mois, n'attendront pas. Ils doivent donc utiliser les moyens à leurs dispositions pour progresser vers l'obtention du certificat attestant de leur capacités linguistiques à poursuivre des études en Russie. 

"C'est une langue difficile, mais les professeurs sont extraordinaires", dit-il.

L'un des problèmes majeurs aurait été la qualité de l'internet. Mais c'est pour contrer cela qu'il est venu à Banj, un très jeune espace de travail partagé, fréquenté par de nombreux adeptes de l'entreprenariat et des technologies dans la capitale.

Pour Max, l'expérience se passe jusqu'ici plutôt bien, si l'on exclut bien sûr les fois où on l'entend demander à ses autres camarades apprenants d'éteindre leur radio, leur caméra ou d'arrêter de parler ou de le faire plus fort.

"On utilise Skype, Zoom pour les séances", dit-il. L'apprentissage se fait en russe mais les enseignants utilisent des supports visuels pour faciliter la tâche aux apprenants. Et si quelque chose n'est pas clair, ils ont recours à l'anglais pour débloquer la situation.

"Les professeurs sont bons et patients", témoigne le jeune homme, qui doit payer plusieurs courses de voiture pour les aller-retour de chez lui à l'espace qu'il fréquente pour se préparer.

- Vers un nouveau départ -

C'est grâce à Happy Travel, une agence permettant aux intéressés d'autres pays d'enter en Russie pour des études, que Max et ses camarades qu'il ne connait pas, ont pu trouver cette "opportunité". La plupart d'entre eux ont déjà entamé des études en Haïti, mais ils sont prêts à recommencer.

"Je pense que j'aurai plus de chance de terminer mes études et d'avancer vers la réalisation de mes rêves en Haïti si je vais étudier à l'étranger", dit celui qui, devant les problèmes que rencontrent les étudiants de son pays, notamment en ces temps de pandémie, était prêt à entrer en Chine.

Max, qui dit être en deuxième année en médecine en Haïti, souhaiterait poursuivre des études en médecine ou en ingénierie de réseaux. "Je suis dans l'informatique depuis mon tout jeune âge", dit-il, fier d'ailleurs de pouvoir faire usage de cet outil pour avancer dans sa vie.

Après ses études, le jeune homme espère bien pouvoir revenir en Haïti pour professer et travailler sur certains projets au bénéfice de la communauté. "Si cela ne marche pas, je laisserai tomber, mais j'essaierai".

- Départ avant la fin de l'année - 

La pandémie de Covid-19 continue de faire des dégâts à travers le monde, mais de nombreux pays commencent à rouvrir leurs frontières. Pour un Haïtien voulant atteindre la Russie pour le moment, les options sont peu. Il y a les vols par correspondance en passant par Panama, Turquie ou Cuba, le moins cher pour l'instant.

Les démarches sont en cours pour que les sept puissent rejoindre leur terre d'accueil sous peu. Mais aucune date n'est encore définie pour leur départ, prévu avant la fin de cette année.

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