Mardi 2 Juin, 2020

Fabrice Pierre, un "professionnel aguerri", un "passionné du 7e art"

Fabrice Pierre, jeune réalisateur haïtien, lynché le 4 mai 2020 à Cyvadier (Jacmel). Photo: Fabrice Pierre/Facebook

Fabrice Pierre, jeune réalisateur haïtien, lynché le 4 mai 2020 à Cyvadier (Jacmel). Photo: Fabrice Pierre/Facebook

Le jeune cinéaste haïtien, Fabrice Pierre, trentenaire, fût lynché dans la localité de Cyvadier, située à une dizaine de minutes de la ville de Jacmel, le 4 mai vers 3h de l’après-midi par des hommes armés.

S'il est vrai que les collaborateurs de Monsieur Pierre baissent leurs yeux devant l'atrocité de cet acte barbare commis contre un des siens, ils ne sont pas, pour autant, prêts à mettre une croix sur la mémoire de ce dernier tellement qu’ils sont indexés par de doux souvenirs qu’ils ont vécus aux côtés du jeune homme et professionnel aguerri. 

« C’était l’ami de tout le monde », rappelle Abdonel Dorvil, jeune cinéaste haïtien résidant à Montréal, qui a accepté de prêté sa voix à la rédaction de Loop Haïti qui a voulu rendre hommage à ce jeune-modèle, pour ses proches.

 

« Je n’ai jamais oublié ce que Fabrice a fait pour moi », entonne Berline Charles, actrice principale du long métrage à succès, Machann Fig La.

Comme quoi, l'alchimie serait le principal trait caractériel du natif de Cayes-Jacmel. 

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« C’était un jeune bourré d’expériences, talentueux », soutient Christien Sylvaince, cinéaste de son état, qui a côtoyé la victime sur divers projets. Il a ainsi informé que ce dernier tient les rênes d'un club dans la commune de Cayes-Jacmel, son pays natal. 

Mort tragique et souvenirs douloureux

La mort de Fabrice Pierre a défrayé la chronique en Haïti. Ses anciens collègues et amis de Ciné Institute à Jacmel, institution qu’il a fréquentée pour un cursus en cinématographie entre 2011 et 2013- avant de se spécialiser en réalisation, larmes aux yeux, parlent d’un « homme polyvalent », qui s'est essayé à plusieurs registres de son vivant. 

Luckenson Jean, ancien pensionnaire de Ciné Institute et gestionnaire de la section audiovisuelle de Loop Haïti, se souvient de sa dernière rencontre avec Monsieur Pierre à la dernière édition du festival cinématographique, Nouvelles Vues Haïti.

« Il rêvait de faire briller le cinéma haïtien à l’échelle internationale », évoque Monsieur Jean.

Une route pour laquelle Monsieur Pierre a posé la première pierre en 2015 avec la réalisation du court-métrage « Bèlmè mwen m renmen / Ma belle-mère bien aimée / My Beautiful Beloved Mother » (lien disponible d’accès sur YouTube).

Les versions du drame se divergent, certains parlent de corps déchiqueté à coups de bâton et machette, des jets de pierres envoyés sur ce dernier comme on en fait pour les martyrs etc.

Toutefois, des questions demeures : À quelles exactions Fabrice Pierre s’était-il impliqué pour avoir subi un tel supplice ? Son visage était-il étranger aux riverains et à ses tortureurs ? Pourquoi les malfrats se sont accaparés de ses matériels l’instant d’après ?   

Ses dépouilles seront exposées le 14 mai. Une première tentative a été avortée par la force des choses et les autorités publiques qui voulaient, selon les versons rapportées, diligenter une enquête sur les circonstances du drame avant son enterrement. 

Il laisse derrière un enfant de dix mois. 

Luckenson Jean, vidéographe, a contribué à cet article.

L'article a été mis à jour le 12 mai 2020 à 2:45 pm (heure haïtienne). 

Websder Corneille

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