Dimanche 25 Octobre, 2020

Atteinte d’une tumeur cérébrale, cette jeune haïtienne ne lâche rien 

Stéphanie Bethesda Romain lors de sa grossesse

Stéphanie Bethesda Romain lors de sa grossesse

Stéphanie Bethesda Romain lutte depuis deux ans avec un cancer cérébral. Face au risque imminent de contamination par le Covid-19 qui plane sur le pays, cette femme débordante de courage refuse de se laisser atteindre et envoie un message de solidarité sous fond de confession à ses abonnés de la plateforme Facebook.

« Non se pa yon rimè ! » (Non, ce n’est pas une rumeur !), écrivait la jeune femme de 21 ans sur sa page Facebook le 1er avril dernier afin d’extraire la moindre doute d’un poisson d’avril à l’esprit des internautes.

« Beaucoup de gens n’auraient pas cru que c’était moi qui racontais cette histoire. Car tout simplement c’était pour la première fois je l’exposais sur les réseaux sociaux », raconte-elle.

À quelque mois de ses 18 ans, l’âge que tout adolescent vénère, Stéphanie Romain dit Steph Madison, apprend la plus bouleversante des nouvelles. Elle est diagnostiquée d’une tumeur cérébrale.

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La nouvelle fut terrible pour Steph, qui refusait obstinément à se confier à ses proches et amis. 

« Je ne pouvais et ne voulais pas expliquer aux gens ce qui m’arrivait. Je commençais à perdre mes cheveux et j’en avais honte. J’étais devenue stressée », écrit la jeune femme sur compte Facebook.

 

L’annonce du Covid-19 en Haïti a poussé le milieu sanitaire à prendre des décisions drastiques à savoir la réduction de quelques services pour accorder la priorité aux imminents cas liés au Coronavirus et pour répondre à la distanciation sociale, apprend-t-on dans une entrevue de l’hôpital universitaire de Mirebalais à LoopHaiti.

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Si cette décision rassure certains, pour d’autres, c’est un double châtiment. Pour Stéphanie qui habite à l’île de la Gonâve, les trois semaines qui ont suivi le confinement lui ont été extrêmement difficiles.

« Les deux et trois semaines après l’annonce du confinement furent terribles pour moi. J’avais des crises, pertes de connaissance puis je me suis retrouvée hospitaliser. Les médecins de cet hôpital ne pouvaient pas faire grand-chose pour mon cas », songe-t-elle.

Une dure à cuire…

Je veux toujours garder ce sourire sur mes lèvres et même jusqu’à la fin de ma vie », nous confie Steph. Ce bout de femme se définit comme une dure à cuire. Une « bèk fè » selon ses propres mots.

Une image qu’elle s’est donnée afin de ne jamais faiblir et qui l’a faite devenir cette personne positive pour sa communauté où elle s’affiche déjà en personne influente avec son magazine Makaya et son association Kay Timoun.  

Celle qui se fait appeler Steph, est une mère comblée. Elle trouve sa joie partout principalement dans les yeux de sa fille qui, d’après elle, lui a fait redécouvrir la vie sur une autre facette.

Après la venue de ma fille, je m’étais dite: "si j’ai survécu à cette césarienne et les 24 heures de douleurs atroces, alors je peux tout faire. Je suis une reine", maugréât-elle, fièrement.

 

Steph attend la fin du confinement pour débuter un traitement médical en République Dominicaine. C’est sur cette lancée qu’elle appelle à tous ceux et celles qui souffrent d’un quelconque maux à ne pas rester dans leur silence.

« Ne jamais cacher votre maladie à vos proches. C’est un mal que vous faites à eux et à vous. N’ayez pas peur d’en parler, ça apaise l’âme », appuie-t-elle.

« Maladi pa tonbe sou pye bwa » (une épidémie ne s’attaque pas aux arbres).   

« Continuez de lutter pour la vie car elle est belle ! » un litanie de conseils prodigués par Steph.

Eberline Nicolas

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