Dimanche 5 Avril, 2020

Cette fillette haïtienne de 6 ans parle déjà cinq langues vivantes

Sereé Abellard, auteure de l'album pour enfant titré: Dream / Crédit Photo : Chokarella

Sereé Abellard, auteure de l'album pour enfant titré: Dream / Crédit Photo : Chokarella

Polyglotte, écrivaine et passionnée de dessins, Sereé Abellard, 6 ans, incarne un modèle d’intelligence peu commun pour les enfants de son âge.

5 mars, Carel Pedre, comme à lui-seul, a porté sur les fonts baptismaux une fillette de 6 ans, née de parents haïtiens et vivant dans l’État de la Géorgie aux États-Unis, précisément à Atlanta. Un accueil chaleureux l’a poursuivi sur les plateformes des réseaux sociaux pour son immense capacité linguistique, à savoir parler cinq langues vivantes à six ans et compter un album pour enfant à son actif. 

En effet, dans une magnifique interview sur le plateau de Chokarella dans le cadre d’une série baptisée "Atlanta Take Over" diffusée en live sur la page Facebook de l'émission du 2 au 15 mars dernier avec des haïtiens à la santé prospère habitant et évoluant en Amérique du Nord, Sereé Abellard qui était l’invitée du show du 5 mars, a pris tout le monde de court de par ses prouesses linguistiques. 

Being a dentist  

Elle était venue présenter son album de dessins « Dream » (littéralement Rêve), une collection d’histoires qui parlent de ce qu’elle rêve à devenir dans le futur, ce qu’elle a déjà compris de la vie et de son entourage, de sa famille, pour ne citer que ceux-là. Les scripts ont été rassemblés par sa mère, aidée par Bijoux illustration d’Ishika Sharma, qui l’a toujours encouragée à griffonner ses plus simples expressions, d’après Seree. Dream est en vente sur la plateforme en ligne, Amazone.

 

« Quand je serai grande, je veux être une dentiste », répond-elle joyeusement. Pour mieux se préparer à cette carrière, la petite s’adonne sempiternellement à des habitudes hygiéniques, à savoir « brosser ses dents » instamment.

Polyglotte

Autre constat : la petite Abellard parle couramment cinq langues (anglais, créole, français, espagnol, mandarin) dont elle a fait l’illustration durant le show sous l’invite du meneur de jeu, Carel Pedre. Il est trop prétentieux de dire qu’elle les parle couramment, mais force est de constater qu’elle peut les mobiliser jusqu’à former des phrases sensées.

À ce qu’il paraît, l’anglais semble-t-elle la langue qu’elle maîtrise mieux surtout qu’elle a déjà mis son savoir-faire au service du lectorat enfantin anglophone avec Dream.   

Durant l’interview, celle qui s’est faite connaitre sous le nom de plume "Sereé", insinue qu’elle a commencé à lire à l'âge de trois ans et à écrire à quatre ans. Elle est scolarisée à la maison et aime participer à des activités parascolaires telles que la danse, le piano, la natation, le karaté, le tennis et l'équitation.

La douance, un potentiel pas sans inconvénient

À en croire le site clinique psychologique Québec, la douance, c’est un « mot » que l’on utilise pour parler de quelqu’un qui a certaines capacités intellectuelles très développées. On peut aussi évoquer les termes suivant : personne à « haut potentiel (HP) », « précoce » ou « surdouée ». On utilise le QI pour détecter la douance. On parle de haut potentiel quand le QI dépasse 125 ou 130 selon les normes en vigueur, cependant il n’est pas suffisant, voire pas pertinent pour évaluer certains cas de douance.

Un membre de l’Association Haïtienne de Psychologie (AHPSY) contactée par la rédaction de Loop Haïti sur le cas de Sereé Abellard, voit en elle une potentielle surdouée. D’après la spécialiste, il existe des enfants avec des capacités intellectuelles exceptionnelles. Ce qui n’est pas si courant. Cependant, précise-t-elle, des cas cliniques prouvent qu’environ 1 à 2 % de la population [mondiale] ont cette capacité exceptionnelle qu’est la douance.

Dans le cas de la petite Abellard, la psychologue se réserve de toute certitude de douance parce qu’elle ne l’a jamais rencontrée. Elle ajoute que le qualificatif est accordé à des enfants pour lesquels des tests de quotient Intellectuel sont réalisés, où les résultats ont totalisé des scores largement au-dessus de la moyenne normale.

Au niveau linguistique, le membre de l’AHPSY qui veut rester dans l’anonymat, rappelle qu’à l’âge de 3 ans et demi les enfants sont comme des éponges et peuvent absorber n’importe quelle langue. Elle souligne un cas clinique rencontré où un enfant avait appris à parler couramment sa langue maternelle à l’âge de 9 mois.

Ne voulant pas s’aventurer uniquement sur les bienfaits de la douance, la psychologue rappelle que cette dernière peut bien poser des inconvénients aux enfants en question et leurs parents. L’isolement d’un enfant surdoué peut le rendre associable et ennuyeux quand il se trouve en compagnie d’autres enfants.

En ce sens, elle conseille aux parents de la jeune Abellard de l’exposer à des interactions de groupe d’enfants du même âge et même catégorie au moins deux jours par semaine, afin de faciliter le développement des habitudes sociaux chez l’enfant.

D’après la psychologue, son intelligence motrice ne lui posera pas de problème. Mais, ces parents ne doivent pas non plus la forcer à apprendre ou à étudier.  Puisque, toute contrainte à ce niveau peut conduire à des dommages cérébraux.

Pour sa part, l’écrivaine avant l’heure raconte régulièrement des histoires et reprend des contes haïtiens en plusieurs langues dans une rubrique baptisée "Lire avec Sereé" présentée sur sa chaîne YouTube.

Parmi les derniers épisodes en date, Seree conte une histoire très connue dans le milieu scolaire haïtien : Satela. Une contribution inédite pour des consommateurs enfantins dont les regards tournaient, naguère, que sur des dessins animés anglophones.

Marc-Evens Lebrun

Twitter: @LebrunEvens

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