Mercredi 26 Février, 2020

"Vive la masturbation" : des Haïtiennes témoignent

Plus de photos d'illustration de ce type disponibles sur vine.ng

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Le sujet est encore tabou en Haïti. Et davantage pour les femmes. Si les hommes se sentent plus ou moins libres de parler masturbation, moins de femmes voudront s'exprimer ouvertement sur la question. Mais certaines arrivent à sortir du lot et exprimer le fond de leur pensée sur cette pratique, voire même en faire l'apologie, et publiquement.

Il n'y a pas de chiffres pour Haïti. Mais une étude conduite par le médecin psychiatre et sexologue français Philippe Brenot en 2013, démontrait que 7 femmes sur 10 se masturbent. Plus de 3 000 femmes avaient participé à l'enquête reprise par Top santé et d'autres site. En Haïti le sujet reste jusqu'ici tabou, et il l'est encore plus pour les femmes. Néanmoins, depuis un certain temps, des jeunes internautes haïtiennes s'attaquent à cet état de fait en s'exprimant, malgré les critiques de certains, sur le sujet et en invitant d'autres jeunes femmes à faire de même.

Sherley Clermont, journaliste-présentatrice, est parmi ces jeunes femmes pour qui la masturbation n'est point un sacrilège. "Vive la masturbation", a-t-elle d'ailleurs posté sur Facebook fin janvier, provoquant ainsi une vague de réactions (critiques d'un côté et soutiens de l'autre). De l'avis de Clermont, qui s'est par la suite confiée à la rédaction, "si on [les femmes, ndlr] est consciente des sensations provoquées par le titillement des organes sexuels, il nous sera plus facile de guider un partenaire et d'aider ce dernier à mieux satisfaire nos désirs". Sans oublier, dit-elle, que la masturbation est aussi une bonne occasion d'être en parfaite intimité avec soi-même, d'apprécier son corps et d'apprendre à l'accepter.

Katiana Milfort, actrice et comédienne en pleine ascension, est du même avis: "Toute femme sensée devrait savoir se masturber", lâche-t-elle sans détour. D'ailleurs, lors d'une visite à Loop Haiti pour une entrevue exclusive sur sa carrière, elle ne s'est pas fait prier pour avouer que la masturbation est l'une de ses activités préférées. Même son de cloche du côté de Johanne Elima, graphiste et co-fondatrice de la plateforme Demwazèl. "Il n'y a pas de mal à ce qu'une femme parle de masturbation ou de sexe en général avec son conjoint, ses amis. Mais l'on ne peut ignorer le poids de l'éducation dans une telle initiative" souligne la jeune militante. 

Martha Aristilde, pour sa part estime qu'il ne devrait pas y avoir de barrières de genre quand il s'agit d'exprimer sa sexualité. Pour la jeune femme, ainsi que pour Elima, se caresser ou encore "se branler", est l'une des meilleures façons de passer du temps avec son corps et de le connaître. "La masturbation est libératrice et jouissive", témoigne même Johanne Elima estimant qu'il faudrait même parfois un vibro-masseur "pour avoir plein contrôle sur ce qu'on fait, l'intensité qu'on veut atteindre".

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Mariée, la masturbation est toujours possible

Peut-on continuer à se masturber en étant mariée ? Des femmes répondent tout de go par l'affirmatif. Il pourrait même s'agir d'un moyen d'exciter son conjoint ou pimenter une partie sexuelle, selon cette jeune femme qui a souhaité garder l'anonymat. De son point-de-vue, se masturber n'est pas une pratique pour remplacer le conjoint au lit. En plus. "Si les hommes, quoique mariés peuvent se masturber, pourquoi il serait défendu aux femmes de le faire?" questionne Martha Aristilde.

En outre, les doigts de la main seraient même capable de repousser certaines limites que connait l'organe sexuel de l'homme. "Dwèt la gen on travay li fè, li gen on kote l rive, zouti nèg la p ap fouti rive la" tranche Aristilde. "Vibwo a g on jan l fè w rele anmwey, se sa nèt, men on fi gendwa prefere mari l" reconnait néanmoins Sherley Clermont. "Tout dépend de ce qu'on recherche, de l'objectif" ajoute Elima.

Les doigts, des vibro-masseur, nombreux sont les outils utilisés lors des actes de masturbation. Cependant, même si elles en font l'éloge, plusieurs de nos intervenantes sont d'accord sur le fait que se caresser soi-même ne remplace pas la présence d'un partenaire. Car "un rapport sexuel, ce n'est pas seulement un pénis, mais c'est aussi un souffle, une odeur, les cris, une peau, les mots qu'on se partage durant l'acte" concède Elima.

Meilleur moment et/ou endroit pour se masturber ?

Il n'existe pas de meilleur moment ou endroit pour se masturber, s'accordent à dire plusieurs interviewées pour cet article. Avant ou après les règles, pour quelques-unes. Uniquement dans leur chambre nous confient d'autres, avouant être plus ou moins bruyantes au moment de l'orgasme. Tout-le-temps et même au travail, pour les plus actives.  

De l'autre côté de la table, des jeunes femmes questionnées sur la pratique en ont exprimé une tout autre perception. Certaines vont jusqu'à la présenter comme "quelque chose de sale, de répugnant". La plupart avouent avoir essayé et abandonné tout-de-suite après car elles n'y ont pris aucun plaisir. D'autres confirment la pratiquer mais n'y voient pas un sujet de conversation convenable. 

Et vous, que pensez-vous de la masturbation? Laissez-nous un commentaire. 

Vous pouvez aussi regarder  > Interview sur la sexualité.

 

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