Dimanche 21 Octobre, 2018

Vers une éventuelle discrimination des Haïtiens au Chili

Dans le souci de réglementer la question migratoire dans son pays, Sébastián Piñera, président du Chili, a annoncé de nombreux changements en ce sens lundi dernier. Le chef de l’Etat chilien a avancé que la possibilité de demander un visa temporaire au Chili dans le but d’obtenir un travail sera écartée à partir du 16 avril prochain.

Dès lors, un visa de touriste sera désormais attribué à un étranger qui est en mesure de prouver qu’il vient exclusivement en tant que touriste et non en quête d’emploi. À l’exception des vénézuéliens qui bénéficient d’un visa spécial au regard de la crise politique qui sévit dans leur pays actuellement.

Controverse. Le temps de validité pour un visa de touriste n’est pas le même pour tous les pays. Certains voient un effet discriminatoire à l’égard des migrants haïtiens pour qui la durée est de seulement 30 jours pendant que d’autres pays jouissent de 90 jours et même plus. Les vénézuéliens -de par leur statut spécial- peuvent demeurer pendant un an renouvelable jusqu’à l’obtention d’une résidence permanente s’ils le souhaitent.

« Tout le monde peut le voir, c’est de la discrimination pure », a écrit El Heraldo, journal chilien qui cite les propos de Wadner Maignan, membre de la Fondation haïtienne Chile Abraza qui s’adonne depuis des années dans la réception des migrants haïtiens au Chili.

Pour sa part, Lyné Francois, directeur des affaires sociales de l'Organisation socioculturelle des Haïtiens au Chili se dit « inquiet » et pense que « c'est une mesure discriminatoire car elle ne concerne que les Haïtiens », informe La cooperativa.

Un avis que ne partage pas du tout Rodrigo Ubilla, sous-secrétaire du ministre de l’Intérieur chilien. Ce dernier rejette d’un revers de main cette question de migration discriminatoire et sélective. De préférence, il pointe du doigt le fait que « l'année dernière sur 100 mille citoyens haïtiens qui arrivent en tant que touristes, 98 pour cent d'entre eux ont été restés et ont opté pour un visa de résident ».

Selon La cooperativa, le sous-secrétaire veut que la demande de visa soit faite dans la transparence.