Jeudi 21 Novembre, 2019

Violences sur fond de guerre du rap: le rappeur Rohff part en prison

Le rappeur Rohff avec son avocate Malika Ibazatene au tribunal à Paris le 29 septembre 2019. AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE

Le rappeur Rohff avec son avocate Malika Ibazatene au tribunal à Paris le 29 septembre 2019. AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE

La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi la condamnation à cinq ans de prison du rappeur Rohff pour des violences aggravées commises en 2014 dans la boutique parisienne de son rival Booba, et a ordonné son incarcération immédiate.

L'interprète de "Qui est l'exemple?" avait été condamné à cette même peine en première instance, en octobre 2017, mais n'avait alors pas été écroué. Il avait fait appel.

"Vous devez gagner la maison d'arrêt", lui a cette fois annoncé la présidente de la cour.

Arrivé casquette sur la tête et veste bleue sur les épaules, le rappeur de 41 ans, de son vrai nom Housni Mkouboi, est reparti menotté, encadré par des gendarmes.

Son avocate, Malika Ibazatene, s'est refusée à tout commentaire à l'issue de l'audience.

Dans sa décision, consultée par l'AFP, la cour a justifié cette peine par la "gravité" de cette "action collective de commando consistant à se déchaîner sur deux vendeurs piégés dans le magasin, en laissant à terre l'un d'eux entre la vie et la mort, avant de prendre la fuite après avoir brisé du mobilier".

Le 27 octobre 2017, le tribunal correctionnel de Paris avait déjà dénoncé dans son jugement une "action collective préméditée d'une grande violence, sans autre mobile établi qu'une démonstration de force" dans le cadre d'une "rivalité" entre rappeurs.

Ce 21 avril 2014, Rohff était entré accompagné de plusieurs hommes dans le magasin Ünkut, boutique "officielle" de la marque de vêtements fondée par le rappeur Booba, située dans le quartier parisien de Châtelet.

Dans un bref déchaînement de violence dont les images avaient été captées par des caméras de vidéosurveillance, le groupe avait roué de coups un jeune vendeur en l'abandonnant dans un état critique, assommé un autre employé avec une caisse enregistreuse et détérioré la boutique.

L'artiste s'était présenté lui-même à la police quelques heures plus tard. Il avait passé deux mois en détention provisoire puis plusieurs mois sous bracelet électronique.

Cet épisode avait marqué l'apogée des "clashes" répétés entre Rohff et son rival Booba, engagés dans une compétition à base de provocations par clips ou réseaux sociaux interposés, d'albums ou de moqueries pour faire le "buzz", une rivalité attisée par leurs publics respectifs.

Booba s'est lui illustré depuis dans un autre "clash": une rixe en plein aéoport d'Orly, en août 2018, avec son rival Kaaris. Tous deux ont été condamnés à 18 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende.

Lors de son procès en 2017, Rohff avait fait profil bas. Il avait soutenu qu'il avait pénétré sans préméditation dans la boutique de son ennemi juré, suivi par de jeunes fans qui l'avaient reconnu dans la rue. Les premiers juges n'avaient pas cru à ses explications en 2017 et, de même, la cour d'appel a estimé jeudi "qu'il y a trop de variations dans les déclarations faites par le prévenu pour accorder crédit à ses dires".

Le casier judiciaire de l'artiste comporte déjà plusieurs condamnations, dont une pour violences avec arme.

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