Mercredi 11 Décembre, 2019

Vers un Fonds de Solidarité pour les personnes handicapées en Haiti ?

Photo: AFP

Photo: AFP

Le Bureau du Secrétaire d’Etat à l’Intégration des Personnes Handicapées (BSEIPH) plaide pour une prise en compte transversale des droits des personnes handicapées à travers le projet de loi fixant le statut, l’organisation et le fonctionnement du Fonds de solidarité nationale pour l’intégration des personnes handicapées (FSNIPH).

Au constat des faiblesses du système judiciaire haïtien, le respect des droits des personnes handicapées subit d’énormes contraintes en Haïti. Souvent marqué par la mise à l’écart et la discrimination, le sort des personnes handicapées est souvent dramatique. Pourtant ils sont près d’1 million d’haïtiens, soit 10% de la population totale, souffrant d’un handicap (physique, mental ou sensoriel) suite au séisme du 12 janvier 2010.

Avec l’avant-projet de loi portant organisation et fonctionnement du Fonds de Solidarité Nationale pour l’Intégration des Personnes Handicapées (FSNIPH) créé par la loi du 13 mars 2012 sur l’intégration des personnes handicapées, le secrétaire d’Etat à l’intégration des personnes handicapées, Gerald Oriol Junior dit vouloir le respect intégral des droits de ces personnes. Selon lui, « les personnes handicapées ne vivent pas dans un monde séparé. Comme toutes les catégories de la société, elles font face à des difficultés sociales et économiques et les besoins en matière d’éducation, d’emploi, de santé, de logement, de protection sociale, entre autres sont encore plus pressants pour cette catégorie».

Toutefois, selon le secrétaire d’Etat, le BSEIPH double les efforts dans le but d’améliorer les conditions de vie de ces derniers, avec une enveloppe budgétaire d’environ quarante-cinq millions de gourde (45,000,000), dont dispose l’administration en place. Un montant qui, selon Gerald Oriol Jr., est insuffisant, compte tenu des défis à relever, mais qui représente une augmentation importante si l’on compare ce budget à celui de ses premiers jours.

Par ailleurs le numéro 1 du (BSEIPH) déclare « quel que soit le budget disponible, le BSEIPH n’a pas la prétention d’offrir tous les services publics à la population vivant avec un handicap ».

Le secrétaire d’Etat rappelle que l’État haïtien s’est engagé à protéger, garantir les droits des personnes handicapées de manière systématique. Et en ce qui concerne les droits civils et politiques, il dit collaborer avec le Conseil Electoral Provisoire (CEP) et les autres acteurs impliqués dans le processus électoral sur le droit de vote à l’approche des élections sénatoriales de 2019.

Quoique, la législation haïtienne permet qu’une personne vivant avec un handicap, visuel ou autre, soit accompagné d’une personne de son choix, précisément l’article 59 de la loi du 13 mars 2012 pour voter. Selon Monsieur Oriol : «Il serait intéressant et innovant que des bulletins soient imprimés en braille».

Pour mieux offrir ces services, le BSEIPH compte aussi déconcentrer ses services et ses efforts en vue d’accompagner la population vivant avec un handicap dans tous les coins du pays par la mise en place de bureaux départementaux précise monsieur Oriol.

Le projet de loi sur les normes d’accessibilité de l’environnement bâti et le projet de loi fixant le statut, l’organisation et le fonctionnement du Fonds de solidarité nationale pour l’intégration des personnes handicapées visant à l’application des dispositions déjà établies dans la loi du 13 mars 2012, peuvent être considérés comme preuves de détermination du BSEIPH.

Selon le patron du BSEIPH, les défis à relever sont énormes certes, mais, il nous faut l’engagement continu et la participation de tout un chacun pour arriver à résoudre les différents défis auxquels sont confrontés les personnes handicapées et construire cette société inclusive et prospère tant rêvée par tous, a-t-il conclu.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :