Lundi 14 Octobre, 2019

Venezuela: Washington s'attaque au pétrole pour fragiliser Maduro

Le président Nicolas Maduro

Le président Nicolas Maduro

Les Etats-Unis ont encore fait monter la pression sur le régime de Nicolas Maduro en annonçant lundi des sanctions contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne et en appelant l'armée à accepter le transfert pacifique du pouvoir à l'opposant Juan Guaido.

Cinq jours après avoir reconnu le chef du Parlement comme président par intérim de ce pays d'Amérique du Sud, désormais plongé dans une grave crise faisant redouter une spirale de violence, la Maison Blanche s'est attaquée à la compagnie pétrolière PDVSA, accusée d'être "un véhicule de corruption".

Les raffineries de Citgo, filiale de PDVSA aux Etats-Unis, pourront continuer à fonctionner, les transactions financières passant par un compte bloqué, a précisé le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

- "5.000 soldats en Colombie"? -

Interrogé sur une possible intervention militaire américaine, il a réaffirmé, comme l'avait fait Donald Trump, que "toutes les options" étaient sur la table.

Sollicité par l'AFP sur la signification de cette inscription, un responsable américain a simplement indiqué ne pas disposer d'informations accréditant ce chiffre.

Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de l'UE se pencheront sur cette crise lors d'une réunion informelle jeudi et vendredi à Bucarest.

Le conseiller de la Maison Blanche John Bolton a une nouvelle fois appelé lundi "tous les pays responsables" à reconnaître immédiatement M. Guaido comme président par intérim.

L'opposant appelle à défiler à nouveau mercredi, "pour exiger des forces armées qu'elles se mettent du côté du peuple", puis samedi, "pour accompagner le soutien de l'Union européenne et l'ultimatum".

- Maduro inflexible -

Les racines de la crise remontent à fin 2015, quand l'opposition avait remporté les élections législatives, gagnant la majorité au Parlement.

Découragée, l'opposition a boycotté l'élection présidentielle de mai 2018 et considère le second mandat remporté par M. Maduro comme frauduleux.

Son objectif? Organiser des élections et sortir le pays de son marasme économique, entre hyperinflation (10.000.000% en 2019 selon le FMI) et pénuries, avec un bolivar qui a encore une fois été dévalué lundi par les autorités, cette fois de 35%.

Comme l'a souligné la Maison Blanche, des dissensions commencent à apparaître au sein de l'armée. Attaché militaire du Venezuela à Washington, le colonel José Luis Silva a fait défection samedi.

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