Mardi 20 Août, 2019

Venezuela: Maduro investi pour un deuxième mandat dans un pays toujours plus isolé

Le président du Venezuela Nicolas Maduro lors de son investiture pour un deuxième mandat, le 10 janvier 2019 à Caracas

Le président du Venezuela Nicolas Maduro lors de son investiture pour un deuxième mandat, le 10 janvier 2019 à Caracas

Le président Nicolas Maduro a été investi jeudi à la tête du Venezuela pour un deuxième mandat, considéré comme illégitime par les Etats-Unis et de nombreux autres pays qui ont menacé d'accroître la pression sur le régime.

"Je jure, au nom du peuple vénézuélien", a déclaré M. Maduro, 56 ans, de respecter la Constitution et d'amener le Venezuela à "la prospérité économique et sociale", avant de se tourner vers l'assistance en faisant le V de la victoire.

Peu avant la cérémonie, Washington a indiqué qu'il ne reconnaîtrait pas "l'investiture illégitime de la dictature Maduro". "Nous continuerons d'augmenter la pression sur ce régime corrompu, de soutenir l'Assemblée nationale démocratique et d'appeler à la liberté et la démocratie au Venezuela", a tweeté le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton.

Pour Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères, M. Maduro a perdu "ses dernières allures de légitimité" et "a maintenant totalement établi sa dictature".

A Lima, une vingtaine de manifestants vénézuéliens antichavistes ont fait irruption dans l'ambassade de leur pays pour protester contre l'investiture de M. Maduro.

Et l'Organisation des États américains (OEA), réunie en session extraordinaire à Washington, a déclaré "illégitime" le pouvoir vénézuélien.

"Le Venezuela est au centre d'une guerre mondiale de l'impérialisme nord-américain et de ses gouvernements satellites", a déclaré le dirigeant socialiste, qualifiant son mandat de "légitime".

La semaine dernière, à l'exception du Mexique, les pays du Groupe de Lima --14 pays d'Amérique latine et le Canada-- avaient appelé Nicolas Maduro à renoncer à son mandat. Dès jeudi, le Paraguay, membre du Groupe, a annoncé rompre ses relations diplomatiques avec Caracas.

Héritier politique du président Hugo Chávez (1999-2013), l'ancien chauffeur de bus gouverne d'une main de fer, appuyé par une Assemblée constituante composée de fidèles du régime, et soutenu par les militaires.

La résignation est pourtant palpable dans le pays, alors que de nombreux Vénézuéliens sont asphyxiés par la plus grave crise économique de l'histoire moderne du pays, pourtant doté des plus grandes réserves de pétrole au monde.

Selon plusieurs experts, la crise économique devrait encore s'aggraver. Sous le mandat de Nicolas Maduro, l'économie s'est réduite de moitié et le pays devrait encore connaître un repli de 5% en 2019 selon le FMI.

Et l'exode le plus massif de l'histoire récente en Amérique latine devrait se poursuivre: l'ONU estime que 5,3 millions de Vénézuéliens auront fui leur pays en 2019.

Nicolas Maduro entame son deuxième mandat alors que des gouvernements conservateurs reprennent la main en Amérique latine.

Le parlement a appelé de son côté l'armée à ne pas reconnaître le nouveau mandat de M. Maduro. "Nous demandons clairement à l'armée (...) qu'elle fasse un pas en avant et ne reconnaisse pas ce qui n'est pas le résultat d'un vote populaire", a déclaré son président, Juan Guaido.

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