Dimanche 25 Octobre, 2020

VAR ou Video Assistance Referee, un jour ange un jour démon?

Photo crédit: AFP

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Le 14 juin a marqué le coup d’envoi de la coupe du monde 2018 en Russie. Une 21e édition marquée par une innovation majeure, l’introduction de la VAR (Video Assistant Referee). Ce dispositif a pour mission d’améliorer la performance des arbitres, de garantir l’équité et la justice dans le jeu. Mais est-elle toujours bien vue?

Nul doute que cette technologie de pointe soit d’une aide précieuse pour les arbitres puisque ces derniers ont sollicité son appui plus d’une fois. D’après la FIFA, rien que pendant la phase de poule, 335 incidents ont fait l’objet d’une vérification et certaines décisions arbitrales ont été rectifiées.

Cependant, certaines interventions de l’assistance vidéo à l’arbitrale sont très controversées, ce qui met cette révolution au centre des débats après chaque match puisque, souvent, elles influencent les résultats.

Parmi ces applications ayant fait objets de débats on peut citer : la rectification de la décision de l’arbitre d‘accorder un pénalty sur une faute jugée inexistante sur Neymar lors du match Brésil – Suisse ; la validation du premier but litigieux de l’équipe coréenne face aux champions du monde en titre, la Mannschaft - qui par ailleurs connaît sa première élimination en phase de groupe dans l’histoire de la coupe du monde -, et citons aussi le jeu de main du défenseur argentin Marcos Rojo dans sa surface qui a été justifié grâce à la vidéo.

 

Les interventions de la VAR peuvent vous achever et peut aussi vous sauver. Mais toujours est-il que les contestations demeurent et que - mis à part le fait que tout dépend de quel côté vous vous trouvez -, les opinions restent partagées sur la fiabilité de ce nouvel outil de la FIFA.

Certains  jugent le système trop sélectif, laissant une trop grande marge d’appréciation à l’arbitre. D’autres redoutent que cet appareil enlève toute humanité dans le jeu surtout quand le joueur doit attendre le signal de la chambre d’opération de vidéo (Video operation room) avant de célébrer son but.

Il faut aussi s’attendre à des cas où des arbitres se déresponsabiliseront et laisseront parler la vidéo pour qu’ils puissent être exempts de tous reproches. Comme John Obi Mikel l’avait presque laissé entendre au terme du match de son équipe (Nigeria) face à la sélection d’Argentine, « l’arbitre a dit qu’il ne sait pas pourquoi il n’a pas sifflé. »

L’ailier marocain Amrabat va plus loin pour exprimer son opposition à la var à l’issu du match face aux espagnols en déclarant: « Var is Bullshit ».  Mais il reste moins dur que son compatriote Younès Belhanda qui a indexé l’utilisation partisane de la vidéo en soutenant que la VAR est pour les grandes équipes. Ne parlons même pas des jugements et revendications des supporters et des fans.

 

D’un autre côté, on peut noter l’approbation tacite de la majorité des joueurs qui développent la mauvaise ou la bonne habitude de réclamer l’assistance vidéo pour élucider toutes démêlées lors d’un match. Il ne manque pas d’exemple en ce sens. Parfois c’est presque toute l’équipe qui fait la réclamation.

De son côté, le patron des arbitres, Pierluigi Colina, se dit très satisfait du système qui connaît un taux de satisfaction de bonne décision de 99,3 / 100 pendant les 48 premiers matchs de cette coupe du monde.  Mais il reconnait tout de même que certains points comme la chronophagie du système méritent d’être amélioré.

Peut-on déjà dire que nous sommes loin du temps où Maradona se servait de sa main pour qualifier l’Argentine ou serons nous épargnés de voir annuler un autre but comme celui de Frank Lampard face à l’Allemagne en 2010?

 

Il est bien trop tôt pour se prononcer mais l’aventure commence très bien avec la vidéo assistant referee (VAR) comme boussole !

Keslandy Francois

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