Lundi 23 Juillet, 2018

Une nouvelle station de radio émet depuis Port-de-Paix

Daniel Loriston, PDG de Radio Génération 80 (RG80)

Daniel Loriston, PDG de Radio Génération 80 (RG80)

Le département du Nord-ouest compte environ une trentaine de stations de radio et moins d’une dizaine de chaines de télévision. Chaque arrondissement, chaque commune contient au moins une station pour desservir la population locale. Certaines sections communales utilisent des stations de proximité, communément appelées Radio communautaire, pour faciliter l’accès à la communication à tous.

Toutefois, une question surgit de manière récurrente : comment couvrir intégralement les trois (trois) arrondissements, les dix (10) communes et les trente-neuf (39) sections communales qui occupent la superficie (2103 km2) de ce département ? Pour pallier à ce manque, Daniel Loriston, ancien finaliste régional du concours Digicel entrepreneur de l’année en 2013, homme politique respecté du département, implante une nouvelle station de radio dénommée : Radio Génération 80 (RG80). Le PDG partage avec Loop sa vision des médias dans la société haïtienne, son énergie à contrecarrer les difficultés, et les perspectives d’avenir de la station qui commence déjà à émettre sur la fréquence 88.9 Fm.

 

D'abord, à quoi correspond la nécessité d'ouvrir une nouvelle station de radio dans un département ou d'autres fonctionnent en dents de scie?

Daniel Loriston : Effectivement, il existe au moins une trentaine de stations de Radio dans le Nord-ouest, mais malheureusement elles sont pour la majorité des boites à musiques modernes ayant un émetteur et une antenne. Conscient de cet état de fait et capable d'offrir une alternative et une échappatoire à cette délinquance de la radio diffusion, j'ai pris l'initiative- qui a été soutenue par mes amis- d'offrir une station de radio au département dont la principale vision est d'informer et former.

Les stations de radio à Port-de-Paix confrontent à des difficultés énormes : rationnement électrique, salaires impayés, etc. Comment pallier ce problème?

Daniel Loriston : La pluralité de stations de radio baisse la qualité des programmes puisqu'il existe plus de stations que de ressources humaines qualifiées et adaptées. Faire la radio devient une folie. Puisqu'en générales les gens qui y travaillent ne sont pas des professionnels, ils n'exigent pas de salaire. Hormis cette réalité, les grandes maisons de commerce qui bombardent les villes de province ne distribuent pas leur spot commercial dans les radios de province. Donc, la radio à Port-de-Paix n'est pas une activité rentable. Heureusement dans notre cas nous ne voyons dans cette initiative qu’un moyen d'éduquer et de transformer.

Croyez-vous réellement que la non exigence de salaire renvoie au manque de professionnalisme accru ?

Daniel Loriston : Je ne connais un seul professionnel qui désire offrir sa science gratuitement s'il n'est exigé de lui une expérience professionnelle que seul le bénévolat puisse procurer. Le bénévolat a une durée et n'est que stratégique. Un professionnel doit exiger un salaire pour le travail fourni. Cependant, j'admets que certains travailleurs de presse dans le Nord-ouest sont formés et décident délibérément de mettre leur savoir au profit de la communauté bénévolement. Mais ils seraient contents de percevoir un salaire tout de même. J'aimerais que RG80 devienne la 1ere station de radio Nord-ouésienne à être une source d'emploi.

La radio se nomme Génération 80. Comment éviter tout quiproquo pour ne pas déceler une guerre générationnelle?

Daniel Loriston : Le nom d'une station de radio doit être quelque chose de symbolique et non un vain mot. Le nom Radio Génération 80 est historique et non polémique. Je suis né en 1983, j'avais seulement 3 ans quand le dictateur Jean Claude Duvalier quitta le pays. Mon enfance comme celle des autres gens ayant vu le jour dans les années 80, a vécu cette période de bouleversement dans l'innocence alors que c'était un pays ravagé, traumatisé qui nous a accueillis. La Génération 80 est celle qui a vu le départ de la dictature et l'arrivé de la démocratie précoce. L'un de nos slogans dit : La radio d'une génération pour toutes les générations. Ils sont nombreux les gens qui ont compris une démarche d'exclusion dans le choix du nom, et pourtant ce n'est pas vrai. Si le fait d'être appelée Radio Génération 80 serait exclusivement dédiée aux gens de la génération 80, Radio Vision 2000 serait pour ceux qui sont nés en l'an 2000 ; Radio Métropole pour la zone métropolitaine de Port-au-Prince ; Radio Ginen pour les vodouisants. Donc, le non n'a rien à voir avec une quelconque bataille ou distinction générationnelle.

Détenez-vous la capacité maximale pour couvrir tout le département?

Daniel Loriston : Le projet se déroule en deux (2) étapes d'une durée d'un an chacune. Durant la première année, nous comptons couvrir la commune de Port-de-Paix dans sa totalité ; et d'ici décembre 2018, nous devons couvrir tout le département grâce à l'établissement d'une antenne et un émetteur de 1 kw au pic du Haut-Piton (Nord-ouest).

La planification d'une antenne consiste en l'édition de grilles, la préparation et le remplissage des conducteurs, la construction de jingles, de clips musicaux ou publicitaires … préparez-vous à toutes ces exigences ?

Daniel Loriston : Nous commençons déjà à émettre sur la fréquence 88.9 Fm. Nous émettons actuellement toutes les éditions de nouvelles de Radio Vision 2000, surtout les rubriques : « Invité du jour » et « Vision 2000 à l'écoute ». Nous avons pris cette initiative puisque Radio Vision 2000 constitue une source d’attraction pour les nord-ouésiens. Nos travaux sont à deux pas de la finition. Nous avons déjà des jingles, des spots, nous diffusons également des musiques triées sur le volet puisque notre radio sera très sélective. Somme toute nous aurons rempli toutes les conditions et exigences d'une grande station à standard international. Nous sommes Radio Génération 80, la génération de la radio !

 

Websder Corneille