Lundi 24 Septembre, 2018

L'épisode vexant catalyseur du succès de Ti Joe Zenny

« Tous les ans, je dois figurer parmi les gagnants »./ Ti Joe Zenny

« Tous les ans, je dois figurer parmi les gagnants »./ Ti Joe Zenny

Parfois, le déclic vient d’un simple mot, d’une situation inattendue qui aura transformé à jamais une vie. Le chanteur haïtien Ti Joe Zenny l’a ainsi expérimenté dans les années antérieures pour en faire un récit de vie, aujourd’hui.

Au début de cette semaine, le crooner a révélé un chapitre de son journal intime au micro du journaliste Guy Wewe. « Je vais vous raconter une histoire qui s’est déroulée dans les coulisses », se détend-il, pour faciliter un flux de paroles derrière lequel se cache une histoire inspirante.

En 2014, j’ai émis une critique à l’encontre du groupe Djakout #1 à la sortie de la meringue baptisée "Avili yo" (avec pour slogan yo manyen Bèto), raconte la star, qui estimait une forme d’irresponsabilité chez les musiciens du groupe qui avilissaient la femme d’un confrère musicien. 

Comme une frange importante de la population, Ti Joe jugeait « dépassée » une pareille polémique. Au sein du groupe, la critique n'a pas été vue d’un très bon œil. Plus tard, l’artiste sera victime de mépris du clan Djakout.

« Invité à une interview à Radio Scoop FM pour parler du déroulement du carnaval à côté des musiciens de Djakout et du chanteur OkyJems [devenu chrétien aujourd’hui, NDLR], Ti Pouch (claviériste du groupe) m’a questionné sur les raisons de ma présence dans une tribune qui ne retient que des champions de carnaval », explique-t-il.

 

Ti Joe a compris toute de suite combien les musiciens de Djakout étaient offusqués à cause de son commentaire. Ce rejet m’a propulsé vers le succès, confie-t-il sans une once de sourire, ajoutant que les gens originaires de province vivent avec une pointe d’orgueil plus poussée que ceux issus de la capitale, dans bon nombre de cas.

« J’avais le choix entre subir le poids du commentaire écœurant de Ti Pouch ou travailler afin de remonter la pente », dit-il, avant d’affirmer qu’il a préféré la seconde option qui l’a aidée à escalader la montagne pour devenir aujourd’hui un champion du carnaval haïtien parmi tant d’autres.

Zenny se réjouit que personne ne puisse proférer de telles injures à son égard. « Tous les ans, je dois figurer parmi les gagnants », clame l’interprète de la musique « Mwen pou kò m », fraichement sortie et qui cartonne déjà.

 

Regain de confiance sans pareil puisqu’il est reparti avec le titre de champion du carnaval national 2017 aux Cayes, vice-champion cette année à Port-au-Prince. L’expérience positive  s’en est poursuivie à l’extérieur quand il a gagné la prime de 10,000 dollars du Haitian Labor day festival qui s’est déroulé le samedi 2 septembre 2017 à New York.

Avec une pointe d’ironie, Ti Joe remercie Ti Pouch pour cette dose d’adrénaline, cette énergie positive qui l’aide à se tenir debout à présent. À quelque chose malheur est bon, dit l’adage.