Dimanche 8 Décembre, 2019

Une Haïtiano-québécoise victime de commentaires racistes sur Facebook

Anastasia Marcelin, Haïtiano-québécoise victime de commentaires racistes sur Facebook. Photo: capture d'écran

Anastasia Marcelin, Haïtiano-québécoise victime de commentaires racistes sur Facebook. Photo: capture d'écran

5 novembre dernier, dans une vidéo en direct sur Facebook, la militante Anastasia Marcelin a essuyé, à visière levée, des commentaires racistes pour avoir pris à partie la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) par le gouvernement Legault. La police montréalaise a diligenté une enquête pour s’enquérir de la situation. Ébouriffée, elle s’est confiée à la rédaction Loop Haïti. 

Le racisme semble n’épargner personne. Que vous soyez un simple quidam ou une personne de notoriété publique, vous êtes une cible potentielle. Il suffit de déranger un certain ordre établi par un petit groupe compulsif. La semaine dernière, Anastasia Marcelin, ex-candidate malheureuse au poste de conseillère de l’arrondissement de Montréal-Nord aux élections municipales de 2017, a payé au prix fort les frais d’un live d’environ quarante minutes qu’elle effectuait sur Facebook.

« Je sais que le racisme existe, mais c’est première fois que je l’ai vécu aussi [de manière aussi] sauvage », se désole Madame Marcelin qui n’entend pas lâcher prise. Elle a rapidement déposé une plainte à la préfecture voisine. « Ça doit demeurer une histoire qui perdure au Québec », ajoute-t-elle.

Vingt-quatre heures après la diffusion de la vidéo, son compte Facebook a été suspendu par la compagnie bleu et blanc, mais il sera rétabli sous peu, d’après un message délivré dans sa boite à emails. Ce n’est pas tout: le jour suivant l'incident, elle avait une épreuve à subir à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) où elle est étudiante en action culturelle et en langue.

« Je pense que j’ai raté l’examen », avoue-t-elle, abattue, à cause de cette torture psychologique qu’elle n’a pas su surmonter, et pour laquelle elle prévoit d’aller voir un psychologue bientôt.

Depuis son arrivée au Québec en 1999, à l’âge de 17 ans, c’est la première fois, dit-elle, qu’elle assiste à cette vague d’intolérance incongrue montée de pied ferme par des internautes en colère pour un oui ou pour un non. « Dès lors que tu écris un post sur Facebook, des Québécois de tout poil t’invectivent et te lancent des messages du genre ‘retourne chez toi !’, ‘Tabernacle’, ‘Kirikou’, ‘Je vais venir te violer comme on a violé tes descendants’, etc. »

Ces messages ne peuvent que laisser un gout amer dans la bouche d'une victime. Surtout lorsqu’elle a la force de réclamer sa part du gâteau québécois. « J’ai vingt ans au Québec, et j’ai fait du bénévolat pendant plus de 16 ans », déclare-t-elle avec une fierté acre, avant d’affirmer qu’elle fait partie, en tant qu’immigrante, de l’histoire de la terre de Gaston Miron.

Certes, elle s’est enflammée contre tous ceux qui lui ont proféré ces commentaires hargneux, mais elle n’a pas oublié de remercier les nombreux québécois qui se sont levés contre ces propos racistes et xénophobes, en particulier l’enseignant et militant Xavier Camus, qui a partagé des captures d’écran sur sa page en guise de protestation contre la discrimination. « C’est un chaleureux support », reconnait-elle.

Ce lundi, elle s’est informée auprès de la police de l’état d’avancement de l’enquête, une once de satisfaction se fait ressentir dans sa voix. « Une policière m’a dit ce matin [mardi 11 novembre, ndlr] qu’elle est à la recherche de la personne », dit-elle, soulagée. Petit accroc. Certaines personnes incriminées sont, à présent, départis de Facebook. L’on ignore comment la police va procéder.

Websder Corneille/ @webscorneille

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