Jeudi 9 Juillet, 2020

Une grande librairie brûlée au Centre-Ville, un chef de gang accusé

Marché en fer de Port-de-Prince brûlé dans la nuit du 12 au 13 février 2018. Cette photo sert d'illustration à l'article. Crédit photo: Loop/Estaïlove St-Val

Marché en fer de Port-de-Prince brûlé dans la nuit du 12 au 13 février 2018. Cette photo sert d'illustration à l'article. Crédit photo: Loop/Estaïlove St-Val

Jeudi 5 décembre dernier, un feu s’est déclaré à une très grande librairie au Centre-Ville de la capitale d'Haïti. Il serait l’œuvre d’un présumé chef de gang dénommé Sonson. Le récit d'après le propriétaire de l'entreprise. 

L’insécurité a fait une nouvelle victime en Haïti la semaine dernière. Un chef de gang est accusé d’avoir mis feu à une librairie de quatre étages qui desservait le Centre-Ville de Port-au-Prince. Le propriétaire parle de « pertes considérables ».

« Il était environ cinq heures de l’après-midi, jeudi 5 décembre, lorsqu’un inconnu s’est dirigé vers moi en me demandant de lui verser 250 mille dollars », explique Me Michel Jacques, la voix dans la tourmente au micro de radio Vision 2000 ce lundi.

« Je ne devais de l’argent à personne, a rétorqué Me Jacques ». C’est alors que la personne lui a annoncé que l’argent demandé sera utilisé pour sécuriser sa librairie. « On a déjà braqué toutes les autres entreprises de la zone, il ne restait que la vôtre », menace le malfrat qui s’est fièrement présenté sous le sobriquet de Sonson. Allant jusqu’à dire qu’il est un chef de gang opérant dans le haut quartier de Bel-Air.

« C’est parce que vous êtes un avocat utile à la communauté que nous avions pris tout ce temps pour s’attaquer à votre entreprise », continue Sonson. « Cette fois, soit vous me versez au moins 40 mille dollars, où que votre librairie soit réduite en cendres », profère le bandit. Il lui a donné deux heures de temps comme marche de manœuvre.

Monsieur Jacques a pris très au sérieux la parole du malfrat, alors il s’est rendu tout de suite à la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj) pour faire une déposition contre ce dernier. Étant à l’enceinte de l’institution de police, il a reçu un coup de fil, et c’est le malfrat en sa personne qui l’a appelé pour le signaler qu’il a mis fin aux vieux jours de la librairie.

De retour sur les lieux, Me Jacques a déployé tous ses efforts pour bénéficier des services pompiers de Port-au-Prince, Delmas, Carrefour et Pétion-Ville, mais les flammes avaient tout emporté malgré le dévouement des soldats du feu. « Les pertes sont énormes », estime Me Jacques. « Je n’ai rien récupéré », ajoute-t-il d'une voix rauque.

Après le sinistre, le chef de gang a encore appelé le propriétaire pour le menacer. « Après ce qui s’est passé, si vous désirez continuer vos activités commerciales dans la zone, vous négocierez », prévient Sonson à Me Jacques.  

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