Jeudi 23 May, 2019

Un policier aurait tué sa compagne "après une scène de jalousie"

Nahomie Alcius

Nahomie Alcius

La victime, tuée d’une balle dans la tête, s’appelle Nahomie Alcius. Son cadavre a été retrouvé à la rue Du Quai non loin de la Banque de République d’Haïti (BRH), le vendredi 19 avril 2019. Le présumé assassin, Éphésien Louis-Jean, est un policier affecté au commissariat de Port-au-Prince.

La victime a laissé sa maison dans l’après-midi du jeudi 18 avril pour rejoindre son partenaire Éphésien Louis-Jean. Ses parents, n'ayant pas eu de ses nouvelles, plusieurs heures plus tard, l'ont appelée sans succès. Ils allaient savoir qu'elle ne rentrerait jamais quand ils ont appris que son corps a été retrouvée gésir dans son sang non loin de la BRH, a confié à LoopHaiti le directeur exécutif du cabinet de litige stratégique des droits humains, Me Patrice Florvilus, lors d'une entrevue ce lundi 22 avril.

Juste avant que le cadavre de cette trentenaire soit découvert, ses parents avaient aussi tenté vainement d’entrer en contact avec Éphésien Louis-Jean avec qui elle était. La mère la victime de Nahomie Alcius a passé la nuit du vendredi dans la panique totale, nous a fait savoir Me Florvilus.

Ce n’est que le lendemain qu’Éphésien a contacté par téléphone la famille de Nahomie pour l’informer avoir appris sur les réseaux sociaux que sa partenaire a été tuée. Il a également annoncé aux parents de la dame qu’il ne comptait pas se rendre chez eux puisqu’il est au courant qu'on le soupçonne d'être l'auteur de l’assassinat. Il a du même coup fait savoir qu’il entendait partir en province afin de se recueillir avec son épouse et ses deux enfants, a rapporté Me Florvilus indiquant que la famille de la victime compte porter l’affaire devant la justice.

« Ce matin (lundi 22 avril 2019), les parents de Nahomie se sont rendus à la direction centrale de la police judiciaire de la police et l’inspection générale de la police nationale d’Haïti. Demain, j’accompagne les parents au cabinet d’instruction pour déposer une plainte contre Éphésien Louis-Jean », a-t-il ajouté.

Selon les parents de Nahomie Alcius, son partenaire l’aurait tuée "après une scène de jalousie", un acte condamné avec véhémence par le cabinet litige stratégique des droits humains. Cet acte ne doit pas rester impuni, clame le directeur exécutif de cette structure qui appelle l’Etat haïtien à établir une politique publique pour assurer le respect de la vie notamment des femmes.

« Une personne est libre de son corps », a soutenu l'avocat, faisant références aux rumeurs faisant croire que le partenaire de mademoiselle Alcius l'aurait soupçonnait de voir quelqu'un d'autre. « Elle peut en faire ce qui lui semble bon. Aucun acte ne justifie des violences contre une femme. Il faut que l’Etat haïtien prenne conscience de l’augmentation des crimes perpétrés contre les femmes dans la société, ces derniers jours », exige le numéro 1 du CALSDH.

Dans le même sillage, Me Florvilus qui fustige la passivité des autorités judiciaires et des ministères concernés qui devaient faire de la lutte pour le respect des droits des femmes leur cheval de bataille, a évoqué les cas de Ginoue Mondésir, Marlène Colin, Jucelène Jean-Charles, Natacha Castelli, Nice Simon, toutes des femmes battues ou tuées par leurs partenaires.

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