Samedi 29 Février, 2020

Une commission de l’OEA en Haïti pour "faciliter une sortie de crise"

Des membres de la délégation de l'OEA ont déjà rencontré le président Jovenel Moise sur le processus du dialogue inter-haïtien

Des membres de la délégation de l'OEA ont déjà rencontré le président Jovenel Moise sur le processus du dialogue inter-haïtien

Une commission de l'Organisation des États américains (OEA) est en Haïti ce mercredi 19 juin, sous demande du ministre des Affaires étrangères, Edmond Bocchit. Cette équipe aura pour tâche de ''réunir les acteurs politiques du pouvoir en place et ceux de l’opposition'' et ''faire baisser la température politique'', selon ce qu’a fait savoir un cadre de l’OEA dans une déclaration rapportée par le Miami Herald.

Le président de la République Jovenel Moïse, dont l'opposition radicale et une partie de la population continue d'exiger la démission, a annoncé ce matin sur son compte Twitter avoir déjà rencontré la délégation en question. "L’entretien a porté également sur les problèmes de sécurité et de précarité dans le pays. Je demeure convaincu que le dialogue est le seul atout qui nous permettra de résoudre nos différends politiques", a fait savoir le premier citoyen de la nation.

Composée de l’Ambassadeur des États-Unis, Carlos Trujillo, qui préside le conseil permanent et le comité général du groupe, et Gonzalo Koncke, chef de cabinet du Secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, cette délégation de haut niveau jouera un rôle intermédiaire dans la crise haïtienne, à en croire les explications du ministre haïtien des Affaires étrangères Edmond Bocchit.

Edmond, dans une lettre envoyée le 14 juin à Carlos Trujillo, président le conseil permanent de l’OEA, a sollicité la présence d’une délégation de l’organisation. D’après le chancelier, la présence des blancs n’est rien d’autre ''qu’une mission d’enquête''. Le motif c’est qu’"Ils rencontreront toutes les parties prenantes concernées pour trouver le moyen de faciliter au mieux un dialogue entre Haïtiens", poursuit-il lors d'une interview avec le journal américain.

Un cadre de l’OEA, dans une prise de parole sur la venue de cette mission, a déclaré que l’objectif était de ''baisser la température politique […] et d’établir les paramètres du dialogue''. Ce dernier a aussi fait part de l’intention de l’organisation régionale de non seulement faciliter le dialogue interhaïtien, mais aussi de constituer une mission d’observation électorale de l’OEA pour les prochaines élections devant se tenir en Haïti.

Ce dialogue qui, pour l’OEA, est la meilleure solution pour sortir le pays de la crise, reste cependant un défi de taille dans sa matérialisation quoique l’organisation mise beaucoup sur le fait qu’elle a une longue histoire en Haïti en matière de facilitation d'atmosphère de dialogue.

Cependant, certains acteurs politiques rappellent qu’en 2004, cette même organisation jouait le rôle de médiateur dans la crise politique et avait échoué, puisque la crise avait finalement conduit à l’éviction du président Jean-Bertrand Aristide du pouvoir. Et hier encore, les sénateurs de l’opposition politique renforcés par des députés et d’autres acteurs ont annoncé, lors d’un point de presse, qu’un document de proposition de sortie de crise et un plan post-Jovenel Moïse seraient connus ce jeudi 20 juin.

Ce document est selon les opposants, une convergence des idées des opposants politiques qui indiquera la procédure à suivre en vue de la désignation d'un successeur après la chute de l'actuel chef d'Etat haïtien, Jovenel Moïse.

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