Mercredi 26 Février, 2020

Haïti-Littérature | Une deuxième édition pour "Le chant de la relève"

Deux des invités de la 2e édition du panel des jeunes, organisé par La Direction Nationale du livre (DNL)
De la gauche vers la droite: Fédia Stanislas, prix Deshamps 2019, auteur de "Konfidans", et Inéma Jeudi, auteur de l'ouvrage à paraître "Made in kay vwazen".
Crédit Photo: Stanley Borga

Deux des invités de la 2e édition du panel des jeunes, organisé par La Direction Nationale du livre (DNL) De la gauche vers la droite: Fédia Stanislas, prix Deshamps 2019, auteur de "Konfidans", et Inéma Jeudi, auteur de l'ouvrage à paraître "Made in kay vwazen". Crédit Photo: Stanley Borga

La deuxième édition de "Le chant de la relève" a eu lieu mardi 18 décembre 2019, dans les locaux de la Direction national du livre (DNL). L'événement a mis deux auteurs au devant de la scène: Fédia Stanislas et Inéma Jeudi.

Déjà deux ans depuis que la foire internationale du livre (FILHA) ne se tient plus. La situation socio-politique et économique du pays est en grande partie responsable de ce manque que les férus de la littérature n'arrivent pas encore digérer. La direction nationale du livre (DL), cheville ouvrière de cette initiative n'y est pas allée de main morte. Pour garder vivant l'esprit de la littérature et le goût de la lecture chez lus d'un, notamment les jeunes, elle a mis sur pied depuis l'année 2018 un événement du même acabit baptisé "La chant de la relève". Pas du tout la même ampleur que la FILHA, mais la littérature y est quand même au rendez-vous.

Contrairement à la 1ère édition qui avait réuni 7 auteurs, la deuxième édition qui a eu lieu au local de l'institution mardi 18 décembre 2019 a mis seulement deux auteurs au devant de la scène. Fédia Stanislas et Inéma Jeudi. A noter que l'illustre Gary Victor, empêché à la dernière minute, n'a pas pu joindre les deux autres. Le public, quoique maigre en densité a pu profiter des mots des deux auteurs présents, qui ont entretenu l'auditoire sur leurs ouvrages respectifs.

En effet, Fédia Stanislas, récent récipiendaire du Prix Deschamps 2019 avec son titre "Konfidans" a sciemment répondu aux questions posées autour de l'oeuvre, tout à son aise aux côtés de son compagnon de table Inéma Jeudi. "Konfidans", Cet ouvrage de 105 pages, rédigé en créole raconte les péripéties d’une femme obligée de s’adonner à la prostitution, à l’homosexualité, qui a dû subir un mariage forcé, tout cela sous la pression de sa famille qu’elle devait à tout prix nourrir. Une histoire de vie que la protagoniste (Wozi) raconte de la prison où elle a été enfermée après avoir accidentellement tué son mari qui ne cessait de la violenter.

Violence conjugale, migration, déportation, prostitution... voilà entre autres les thèmes que Fédia Stanislas a su pointer du doigt entre les pages de son roman. « Konfidans » est le cri des femmes victimes de leur partenaire et condamnée par la société quand elles se révoltent face à la situation. En fin de compte, « Wozi » a été déclarée coupable par la justice alors que les violences de son compagnon étaient ignorées par tous. Une réalité vivante que l’auteur décrit avec brio.

Inéma Jeudi pour sa part, auteur des titres comme "Gouyad legede", "Archelle ou le poème de ton sein gauche", a penché son intervention sur son livre à paraître "Made in kay vwazen". Ce dernier qu'il décrit comme le premier ouvrage épique écrit en Haïti, a pris naissance à Jacmel, après que l'auteur a bénéficié d'une résidence au Centre culturel Charles Moravia. A travers cette nouvelle publication, l'auteur se livre dans une véritable plaidoirie pour la langue créole.

Par ailleurs, "La chant de la relève" qui semble vouloir être pérennisée par la Direction Nationale du Livre n'entend pas remplacer la FILHA. "Les préparatifs sont déjà en branle pour sauver FILHA 2020" explique Wilson Paulemond, directeur du livre à la DNL. L'Etat a aussi sa contribution et son rôle à jouer dans la réussite de ces activités, selon ce que raconte M. Paulémond. Les institutions travaillent de concert avec la chose publique pour parvenir aux fins souhaitées. Cette année, les auteurs n'ont pas pu bénéficier de l'achat des livres de la part de la DNL comme cela a été le cas l'an dernier. L'institution n'a pas eu le budget qu'il faut.

Entretemps, FILHA 2020, sauf inconvénient majeur, aura bel et bien lieu. Une bonne nouvelle pour les amants du livre.

 

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