Samedi 26 May, 2018

Un recteur d’université publique victime d’une tentative d’assassinat?

Des étudiants de l'Upag dans le pré de l'Université.

Des étudiants de l'Upag dans le pré de l'Université.

Le recteur de l’Université publique de l'Artibonite aux Gonaïves (UPAG), le prêtre Roldano Auguste, est dans la tourmente. Ce lundi soir, à sa sortie de l’émission Lanbi verite sur les ondes de radio Tradition (Gonaïves), une vingtaine de personnes se sont massées à l’entrée de la station dans un seul objectif : mettre fin aux jours du recteur Roldano Auguste. « Ils voulaient m’assassiner ! », sermonne le prêtre Auguste à la rédaction de Loop Haïti.

Dans la foule, j’ai reconnu les visages de l’étudiant Peterson Etienne, du professeur Schneider Augustin et de Lousemie Duvernat, ancien membre du personnel administratif que j’ai révoqué pour corruption, martèle le prélat.

Ils sont venus armés de bâton, machette, pic à glace, couteau, à en croire les propos du recteur qui entend déposer ce mercredi plainte au Parquet des Gonaïves contre ces « agresseurs-criminels ».

« J’ai sauvé ma peau grâce au concours de la Police qui est arrivée sur les lieux 30 minutes après un appel d’urgence lancé par des journalistes de radio Tradition », raconte l’homme de Dieu.

Peu après, le groupe armé s’est dispersé à Carrefour Turenne et dans d’autres lieux dans l’idée de m’accaparer n’importe comment, affirme le prêtre Roldano Auguste, visiblement paniqué.

« C’est un mouvement de réseautage qui a pris corps au Cap-Haïtien souhaitant infecter d’autres régions comme l’Artibonite, le Sud, etc. »,  prévient le recteur Auguste en poste à l’administration universitaire depuis 5 ans.

Aujourd’hui, les portes sous verrouillées mais l’homme fort de l’UPAG n’entend pas lâcher prise. « Je ne démissionnerai pas. Le ministère de l’Éducation nationale approuve régulièrement mes actions », dit-il en toute quiétude.

À ses yeux, la réouverture de l’université n’est pas pour demain parce que le bras de fer résulte de sa volonté à « combattre avec fermeté les mauvaises pratiques qui gangrènent l’administration universitaire ».  

Roldano Auguste est aussi défavorable à l’idée d’une présence policière dans les locaux. Il regrette l’attitude des étudiants qui, dit-il, n’ont rien compris à propos de la manipulation dont ils font objet dans cette « lutte inutile ».

Décembre dernier, une pétition dénonçait la mauvaise gestion administrative de Roldano Auguste. Récemment, un groupe de professeur a pointé du doigt la mauvaise gouvernance au sein de ladite université à travers une lettre acheminée la coordonnatrice des Universités publiques en région (UPR), Narcisse Fièvre.

Ces démarches n’affaiblissent pas pourtant Roldano Auguste qui continue à marcher droit dans ses bottes. « Ce n’est qu’un règlement de comptes », regrette le principal concerné.