Samedi 7 Décembre, 2019

Un pasteur haïtien en cavale pour viol "présumé" sur 13 mineures

Un pasteur haïtien en cavale pour viol "présumé" sur 13 mineures. Enquête menée par l'Unité de Journalisme d'investigation sur la corruption et d'autres problèmes systémiques (UJICOPS), dirigé par le journalisme Guyler C. Delva

Un pasteur haïtien en cavale pour viol "présumé" sur 13 mineures. Enquête menée par l'Unité de Journalisme d'investigation sur la corruption et d'autres problèmes systémiques (UJICOPS), dirigé par le journalisme Guyler C. Delva

Dans une enquête récente conduite par l'Unité de Journalisme d'investigation sur la corruption et d'autres problèmes systémiques (UJICOPS), des journalistes haïtiens réunis en symbiose ont mis les pieds dans le plat.

Le travail révèle un ensemble d’informations sensibles recensées dans un orphelinat connu sous l’appellation de : "The Goodness of God" (La bonté de Dieu, trad. française), situé à Bon-Repos (comme de la Croix-des-Bouquets, à 12 kilomètres de Port-au-Prince).

Les résultats de l’investigation présentés cette semaine dans un document de cinq pages, pointent du doigt le révérend pasteur Mérilus Pierre qui aurait abusé sexuellement au moins 13 fillettes ces dernières années. Le journaliste instigateur de l’enquête, correspondant de l'agence Reuters, Guyler C. Delva a confirmé à la rédaction de Loop Haïti qu’il a rencontré physiquement plusieurs de ces victimes, dont la mère de trois d’entre elles.  

« Plusieurs fillettes, dont deux respectivement âgées de 9 et de 11 ans, ont témoigné de ces abus sexuels et d’autres actes de maltraitance répétés, perpétrés par le pasteur que les enfants généralement désignent par le pseudonyme "Gran Papa" », lit-on dans le rapport.

Le journaliste déplore le fait que l’orphelinat "The Goodness of God" continue de fonctionner au grand dam des victimes, tandis que son fondateur est activement recherché depuis juin 2016. Aujourd’hui, le fils du "prédateur sexuel" en cavale assure la bonne marche de l’institution.

« Grand Papa sait jouer dans mon vagin. Le soir, quand on dort, il éteint la lumière et introduit son pénis dans mon vagin. Et il ne veut pas que je pleure. Si je pleure, il me gifle. Mais, je ressens beaucoup de douleur au niveau de mon vagin », a témoigné Rose (pseudonyme), une fillette de 9 ans, admise dans l’enceinte en septembre 2014.

 

Autre élément surprenant de l’investigation. « Max (pseudonyme), un garçon de 8 ans, a déclaré avoir vu (de ses yeux) Mérilus Pierre en train d’avoir des rapports sexuels avec des fillettes dans l’espace de l’orphelinat ». Pire, il a révélé l’identité de cinq autres gosses de son âge informés de ces dérives.

Deux certificats médicaux délivrés, 28 mai 2016, ont constaté au niveau de l’orifice vaginal de Micheline (pseudonyme, 11 ans) de multiples encoches anciennes…et un hymen complètement déchiré. Dans le cas de Rose (pseudonyme), le médecin a observé, au niveau des organes génitaux externes, que la « vulve est souillée de sécrétions blanchâtres ».

Guyler C. Delva dézingue les autorités judiciaires pour leurs irresponsabilités dans la gestion d’un dossier si important. « L'institut du Bien-être social et de Recherches (IBESR) est au courant de l’affaire, mais les responsables n’ont jamais réagi », regrette-t-il. « Ils m’ont fourni des explications regrettables ! », tempête-t-il.

Comment se fait-il qu’une institution étatique ayant la charge de protéger les enfants puisse s’arroger le droit de ne pouvoir rien faire, à savoir fermer les portes de l’orphelinat, pour la simple bonne raison qu’elle n’a pas les moyens de reloger les victimes ? », se questionne de façon perplexe le journaliste habitué des grands dossiers.

S’il est vrai que le document comporte quelques faiblesses, par exemple la transparence dans la collecte des données, le motif de la poursuite judiciaire, l’incapacité à justifier si des garçons ont subi au pif le même sort, il s’avère bien méritoire en raison de l’importance et la complexité des faits évoqués.

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