Mardi 15 Octobre, 2019

Un nouveau printemps pour l’Association Professionnelle des Magistrats

Le président de l’APM, Me Wando Saint-Villier

Le président de l’APM, Me Wando Saint-Villier

L’APM se fait entendre de plus en plus notamment à travers ses propositions lorsque des valeurs juridiques sont menacées. Une cérémonie de célébration du nouveau printemps de l’Association professionnelle des magistrats qui travaille depuis ans a été organisée dans les locaux de l’Ecole de la magistrature sur la route de Frères à laquelle ont pris part notamment le président de la Cour de Cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Jules Cantave, le ministre de la justice et de la sécurité publique Jean Roudy Aly et le président de la commission justice et sécurité du Sénat de la République Jean Renel Sénatus.

Lors de sa prise de parole, le président de l’APM, Me Wando Saint-Villier a passé en revue le contexte dans lequel cette structure a pris naissance. « L’APM a été instituée après deux années de réflexions intenses entre des collègues magistrats sur les problèmes structurels et de superstructure auxquels fait face le système judiciaire haïtien en vue de contribuer à affermir la garantie des valeurs et des droits sur lesquels fondent la justice », indique Me Saint-Villier.

Quatre ans après, le juge et juge d’instruction du tribunal de première instance de la Croix-des-bouquets s’est félicité du fait, dit-il, que l’Association professionnelle des magistrats a grandement marqué la société et particulièrement le milieu judiciaire par ses actions et ses prises de positions courageuses notamment dans les mouvements revendicatifs des magistrats en octobre, septembre 2017.

Sans sourciller, le magistrat instructeur indique que la situation actuelle du système judiciaire haïtien est piteuse. Le système est confronté à des problèmes d’ordre structurel et d’infrastructures. Des problèmes qui empêchent la justice d’accomplir sa mission, s’est indigné le juge Saint-Villier qui continue de se plaindre de la maigre part du  budget accordée au CSPJ dans le projet de loi de finances 2018-2019 déposé au parlement le 11 décembre dernier. 

« Avec 0,81% de la loi de finance, la justice ne peut pas se moderniser ni faire face à la délinquance tant au niveau de l’Etat que celui du privé, se révolte le magistrat Saint-Villier qui recommande aux pouvoirs judiciaire et législatif de prendre en compte les besoins de la justice et reconsidérer le budget qui y est alloué.

Pour sa part, le président de la Cour de Cassation et du CSPJ, Me Jules Cantave, a salué la contribution de l’APM dans la lutte pour l’avancement de la justice en Haïti. Me Jules Cantave interpelle tout un chacun à la détermination et à des efforts incommensurables en vue de sortir le pays du fond du gouffre.

« La justice ne doit pas rester indifférente face à la situation actuelle. Il est temps de prendre des décisions fermes en conformité avec la loi », a lancé le président de la plus haute instance judiciaire du pays. Me Cantave plaide en faveur d’une réorganisation du système judiciaire haïtien.

De leur côté, le ministre de la justice Jean Roody Aly et le président de la commission justice et sécurité du sénat, Jean Renel Sénatus disent tous deux prendre acte de l’engagement des magistrats dans la lutte pour une meilleure organisation et l’avancement de la justice haïtienne.

Le titulaire du MJSP insiste sur la nécessité d’œuvrer pour un système judiciaire juste et équitable.

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