Dimanche 21 Octobre, 2018

Haïti: «Un nouveau Premier Ministre ne changera pas la situation.»

Photo: HPN

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«Un nouveau Premier Ministre ne changera pas la situation... », dixit Camille Chalmers. Le modèle économique du pays droit être changé, d’après le professeur. Ajouté à cela, la corruption est une gangrène qui ruine cette société selon l’économiste.

«La corruption est lucrative. C'est pourquoi les dirigeants ne trouvent aucun intérêt à résoudre la crise», estime le coordonateur général de la Plateforme haitienne de plaidoyer pour un Développement Alternatif,  PAPDA, qui croit qu'il ne suffit pas de changer de Premier Ministre pour que la situation change.

Le professeur fait partie de ceux qui croient qu'Haiti doit faire d'autres choix économiques et stratégiques pour agir sur la structure de l'Etat. Le modèle de gouvernance pratiqué depuis le début des années 80 est génératrice de crise selon lui.

Cela fait déjà une semaine depuis que le chef du gouvernement, Jack Guy Lafontant a remis sa démission au chef de l'Etat, suite aux événements du 6 et 7 juillet. La pression populaire a poussé le premier Ministre et son cabinet à tirer leur révérence, le 14 juillet dernier, lors d'une séance d'interpellation où il a été invité pour défendre les actions de son gouvernement.

Depuis, alors que le gouvernement est démissionnaire, le président Jovenel Moise mène une série de consultations avec divers secteurs de la vie nationale, afin, dit-il, d’écouter les opinions de chacun. En effet, des représentants de plusieurs secteurs du pays défilent tour à tour au Palais national pour discuter avec le numéro un du pays. Ces rencontres, selon le chef de l'Etat, lui permettront de désigner le prochain Premier Ministre sur une base consensuelle. 

Entre-temps, la situation reste incertaine, même si un calme apparent est remarqué. Les séquelles des dégâts enregistrés pendant les deux jours d’émeutes sont encore la. Certaines entreprises endommagées n'ouvrent pas encore leurs portes. Le budget pour le prochain exercice fiscal déposé le 28 juin dernier doit être revu. La réouverture des classes, c'est pour bientôt. Le salaire minimum, les scandales en cascade. Beaucoup de défis conjoncturels attendent du prochain gouvernement des réponses immédiates et structurelles. 

Source: Listindiario