Lundi 24 Septembre, 2018

Un ministre juge "inacceptable" la violence lors du carnaval de Rio

Le ministre de la Défense du Brésil Raul Jungmann a jugé "inadmissibles et inacceptables" les scènes de violence qui ont émaillé le célèbre carnaval de Rio de Janeiro, avec de nombreux vols et agressions malgré un renforcement du dispositif de sécurité.

"Il est très clair pour nous que la situation à Rio pendant le carnaval a été lamentable. De nouvelles mesures devront être annoncées", a affirmé le ministre à l'issue d'une réunion mercredi soir avec le président Michel Temer.

Avant le carnaval, qui a eu lieu de vendredi à mercredi derniers, la police militaire de Rio avait annoncé que les effectifs mobilisés pour la fête populaire avaient été portés à 17.000, soit 43% de plus que l'an dernier.

Mais les patrouilles se faisaient rares lors des premiers jours du carnaval, qui a attiré cette année 1,5 million de touristes, brésiliens et étrangers. Les vols se sont multipliés, notamment dans les quartiers touristiques, près des célèbres plages d'Ipanema et Copacabana.

Les télévisions brésiliennes ont montré de nombreuses images choquantes de groupes de jeunes pratiquant l'"arrastao", vols en bande qui consiste en une sorte de ratissage au pas de course de toutes les personnes que le groupe trouve sur son chemin.

Mardi, plus de 100 individus déguisés en clowns accusés de vols collectifs ont été interpellés.

Juliana Paes, célèbre actrice de télénovelas, a été victime d'un vol à main armée lundi soir, alors qu'elle se rendait à bord d'un minibus au sambodrome, enceinte où a lieu le défilé des écoles de samba, show grandiose qui donne au carnaval ses lettres de noblesse.

Le gouverneur de l'État de Rio, Luiz Fernando Pezao, avait fait son mea culpa mercredi. "Nous n'étions pas prêts. Il y a eu des erreurs les deux premiers jours et ensuite nous avons renforcé les patrouilles. Mais je pense que nous avons commis une erreur", a-t-il reconnu lors d'un entretien à la chaîne TV Globo.

"Malgré (ces renforts), nous avons vu des scènes inadmissibles et inacceptables. Maintenant, nous pensons que, sur décision du président Temer, nous devons évaluer les moyens d'augmenter notre aide" à l'État de Rio, a souligné le ministre de la Défense.

Selon M. Jungmann, Rio n'avait pas réclamé d'aide fédérale pour la sécurité du "plus grand spectacle de la Terre".

Un an et demi après les jeux Olympiques, la métropole est en proie à une flambée de violence : recrudescence des vols et fusillades terrorisant la population au quotidien dans les favelas, ces quartiers pauvres où la police tente de s'interposer au coeur d'une guerre des gangs de narcotrafiquants.

Face à l'incapacité de la police à contrôler la situation, qui a dégénéré ces derniers mois, le gouvernement fédéral avait envoyé en juillet 8.500 militaires en renfort, sans effet notable à ce jour.