Lundi 22 Juillet, 2019

Un jeune écrivain haïtien lauréat d'un concours international

Phew Laroc (micro en main) / Kariculture

Phew Laroc (micro en main) / Kariculture

Chaque année, le jury du « Prix du Jeune Écrivain de Langue Française » distingue douze lauréats pour ce concours d’écriture international rassemblant plusieurs jeunes auteurs venant de divers endroits dans le monde. Sur un total de 893 manuscrits reçus, la nouvelle d’un jeune écrivain haïtien a été classée à la 5e place du meilleur classement de cette 33e édition à laquelle de jeunes auteurs en provenance du Canada, de la Suisse, de l’Italie, entre autres ont également participé.

Young Phew Laroc est le nom de ce jeune auteur haïtien qui, avec sa nouvelle intitulée « Ce que nous avons fait l’automne dernier », a inscrit son nom dans la prestigieuse liste des douze lauréats de ce prix littéraire. Loop Haïti l'a rencontré cette semaine.

Qui est Young Phew Laroc ?

J'ai 26 ans. Je suis né à Port-au-Prince et j'ai suivi un cursus en sociologie à la FASCH.  J'ai aussi un goût marqué pour la littérature.

Depuis quand avez-vous ce goût ?

C'est assez difficile à déterminer. En primaire, j'aimais beaucoup les rédactions. Je pourrais dire que j'ai commencé par là mais j'ai commencé à écrire sérieusement sans doute vers 15 ans. Avec quelques condisciples, nous formions un groupe littéraire. Ce qui me motivait beaucoup.

Roman, nouvelles...?

J'écris des nouvelles mais tôt ou tard il me faudra passer au roman.

Avez-vous une affinité pour un thème en particulier ?

J'aime l'idée d'explorer la conscience torturée d'un personnage.  Mais je ne me limite pas dans mes thèmes. En général, l'histoire et le thème viennent tout seuls.

Qu'est ce qui a motivé votre participation à ce concours?

J'ai participé au Prix du jeune écrivain parce que j'ai été séduit par le parcours des anciens lauréats devenus écrivains. Je me disais que professionnellement ce concours était un  tremplin.  Et si on ne  gagne pas, on reçoit  quand même une petite critique de son texte. Ce qui peut aussi vous aider à progresser.

C'est votre premier prix?

Le prix du jeune écrivain est mon troisième prix littéraire. En 2015, j'avais reçu le prix Croquons la Francophonie organisé par l'Université de Clermont- Ferrand, et en mai 2017, un prix spécial pour le concours Stéphane Hessel organisé par la RFI et l'Alliance française.

Comment avez-vous reçu ce prix?

Avec beaucoup d'émotion. C'est un pas de plus vers mes ambitions d'écrivain.

"Ce que nous avons fait l'automne dernier" aborde quoi?

Dans ma nouvelle, le thème principal est la culpabilité. Il y aussi les thèmes du harcèlement et du refoulement de soi. C'est une histoire que j'ai construite comme une série d'hypothèses autour d'une vidéo scabreuse filmée dans une salle de classe. Je l'ai écrite pour essayer de comprendre le comportement de ces adolescents. J'avais la tête pleine de questions, alors j'ai avancé ces hypothèses.

Quel message voulez-vous faire passer dans ce récit?

Dans mes écrits, j'essaie de faire appel à la tolérance et à l'empathie.

Jeune écrivain de la francophonie. Avez-vous déjà écrit dans d'autres langues que le français, bien évidemment?

Jusqu'à présent je n'ai écrit qu'en français. Je le fais spontanément sans doute parce que les livres que je lis sont toujours en français. J'aimerais essayer d'autres langues, à commencer par le créole, parce que j'aime bien les défis.

Avez-vous un modèle parmi les écrivains haïtiens et/ou étrangers?

Comme modèles, j'aime Nabokov à cause de l'audace de son roman Lolita et la qualité de sa prose. J'ai aussi une prédilection pour Toni Morrison, Edwidge Danticat, Guy de Maupassant...En Haïti, j'aime la plume sensuelle et poétique de Kettly Mars et son goût pour les tabous sexuels de notre société.

Un message pour les autres jeunes écrivains haïtiens

Continuer de lire, d'écrire et ne pas avoir peur d'oser.

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