Dimanche 18 Août, 2019

Un défenseur des droits humains molesté par des hommes de Martelly ?

Le directeur exécutif du centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH), Gédéon Jean

Le directeur exécutif du centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH), Gédéon Jean

Le directeur exécutif du centre d’analyse et de recherche en droits humains (CARDH), Gédéon Jean dénonce les agressions physiques dont il est victime de la part des hommes armés qui accompagnaient l’ancien président Joseph Michel Martelly dans les locaux de Radio Télévision Caraïbes dans la soirée du jeudi 14 mars 2019.

Cet incident s’est produit alors que la victime qui venait de participer à l’émission Forum présentée Romel Pierre s’apprêtait à vider les lieux. Me Jean affirme avoir entendu, alors qu’il se trouvait dans les escaliers, que Michel Martelly était dans les parages de la station. A ce moment là, le défenseur des droits humains qui était accompagné d’une autre personne s’empressaient de partir notamment pour éviter, dit-il, d’être photographié.

Dans la salle d’accueil de l’institution, ils ont croisé des membres de l’unité de sécurité générale du palais national (USGPN) et l’ami de Michel Martelly, Roro Nelson. Et, cela annonçait de mauvais augures! Et, tout a commencé lorsqu’un agent de l’USGPN lançait à son encontre des propos grivois, rapporte-t-il. Selon la victime, le policier qui l’a injurié l’a accusé de mener une campagne de dénigrement contre Michel Martelly pour l’empêcher d’accéder une nouvelle fois à la présidence du pays en 2022.

S’en est suivi le déversement de la colère de cinq (5) des hommes armés toujours dans le camp de l’ancien-président qui l’ont frappé à coup de poings au visage, à l’estomac et au coup. Les harceleurs l’ont ensuite poursuivi jusqu’à sa voiture, a-t-il confié.

Gédéon Jean s’insurge contre les actes d’agressions perpétrés par des acolytes de l’ancien chef de l’Etat contre sa personne. Il juge également anormal qu’un ancien président soit accompagné non seulement par des agents de l’USGPN mais également de plusieurs dizaines de civils armés.

Le responsable du CARDH se dit indigné par ce qui s’est passé, annonce des consultations avec notamment d’autres acteurs du secteur des droits humains avant de décider de la voie à emprunter pour faire valoir ses droits. Il affirme qu’un certificat médical constatant les coups et blessures a été rédigé.

Toutefois, il semble ne pas miser sur la justice du pays. « Michel Joseph Martelly et sa bande, n’ont-ils pas le monopole de la justice ? Que peut faire la justice pour la réparation du tort causé par Michel Martelly à un citoyen ? Deux principales interrogations du défenseur des droits humains. Qui, des autorités judiciaires et policières, pointera le petit doigt pour répondre à ces questions ?  

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