Dimanche 18 Novembre, 2018

Un colonel autrichien soupçonné de décennies d'espionnage pour la Russie

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz et le ministre de la Défense Mario Kunasek dévoilent devant la presse le cas de cet ancien officier de l'armée soupçonné d'avoir espionné pour le compte de la Russie. Vienne le 9 novembre 2018.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz et le ministre de la Défense Mario Kunasek dévoilent devant la presse le cas de cet ancien officier de l'armée soupçonné d'avoir espionné pour le compte de la Russie. Vienne le 9 novembre 2018.

L'Autriche soupçonne un de ses colonels d'armée, aujourd'hui à la retraite, d'avoir mené durant des décennies des activités d'espionnage au profit de la Russie, une nouvelle affaire embarrassante pour les relations entre Moscou et les Occidentaux plombées par la défiance.

"L'espionnage russe en Europe est inacceptable et doit être condamné", a déclaré M. Kurz devant la presse.

Le chargé d'affaires russe à Vienne a été convoqué par la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl, qui a annulé un déplacement prévu en Russie.

- "Diplomatie du mégaphone" -

"Nos partenaires occidentaux ont pris pour règle ces derniers temps de recourir non pas à la diplomatie traditionnelle (…), mais à la soi-disant +diplomatie de mégaphone+, en nous accusant publiquement et en demandant de s'expliquer publiquement sur une question dont nous ne savons rien", a-t-il observé lors d'une conférence de presse.

Le climat est glacial depuis l'empoisonnement en mars au Royaume-Uni de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal. Plusieurs pays ont de plus récemment accusé Moscou d'avoir orchestré une série de cyberattaques d'ampleur mondiale.

"Bien sûr, si de tels cas sont confirmés, que ce soit aux Pays-Bas ou en Autriche, cela ne pourra pas améliorer les relations entre l'UE et la Russie", a déclaré le chancelier autrichien, chef du parti conservateur ÖVP qui gouverne avec le parti d'extrême droite FPÖ.

- Vienne doit rassurer -

Pays neutre situé au coeur de l'Europe centrale et abritant de nombreuses organisations internationales, dont l'Onu, l'Opep et l'OSCE, l'Autriche est traditionnellement un lieu de forte activité de renseignement et a joué un rôle primordial d'interface entre l'Est et l'Ouest durant la Guerre froide.

La présence, cet été, du président russe Vladimir Poutine à la fête de mariage de Mme Kneissl (apparentée FPÖ, extrême droite) avait suscité une vive controverse.

Selon des informations de presse, plusieurs services occidentaux ont depuis limité leurs échanges d'informations avec l'Autriche de peur que celles-ci ne soient partagées avec Moscou. Le FPÖ avait conclu en 2016, avant son entrée au gouvernement un accord de partenariat avec Russie unie, le parti de M. Poutine.