Dimanche 31 May, 2020

UEH : Des policiers à la Faculté des Sciences Humaines

Des agents de force de l’ordre ont été remarqué à l’intérieur de l’espace de la Faculté des Sciences Humaine très tôt dans la matinée du 25 janvier. Un convoi transportant des agents de CIMO et plusieurs policiers universitaires gardent l’enceinte de la faculté afin d’assurer la tenue des inscriptions pour la nouvelle session académique. Après avoir essuyé plusieurs échecs dans le processus de réouverture de la faculté, les dirigeants sollicitent les bras de la PNH pour passer en force contre les étudiants protestataires.

Dans un entretien téléphonique accordé à Loop Haïti, la Responsable administrative, Nora Brutus, dit que « cela ne devrait étonner personne puisque le Conseil de l’université avait déjà averti qu’il avait sollicité l’aide de la police ». Ces interventions se feront également à la faculté d’Ethnologie où les activités sont paralysées depuis que le doyen Jean Yves Blot a percuté un étudiant avec sa voiture à en croire Mme Brutus.

Cette intervention des policiers divise la communauté estudiantine. Pour cet étudiant rencontré sur la cour de la faculté qui veut garder l’anonymat, il était temps que les responsables passent à l’action.  « Seules les forces de l’ordre peuvent apporter une solution à la crise » lance le jeune homme. Selon lui, ces mesures ont été prises avec l’accord du délégué des étudiants Jean-Pierre Ederson.  

Il estime que c’est un bon début puisque « ce ne sont que 19 étudiants qui paralysent le fonctionnement des activités ». Ces mesures ont ravivé ses espoirs quant à l’avenir de la faculté lui qui ne manque que 4 cours pour terminer son cursus. « Les étudiants choisissent paisiblement leurs cours, les noms des 19 protestataires sont affichés à l’entrée. Ils sont donc interdits de fouler l’espace » termine-t-il.

Féguenson Hermogène fustige cette mesure prise par les responsables de l’université qui le rappelle les manœuvres dictatoriales des Duvalier contre l’Université d’Etat d’Haïti. « Ce n’est pas nouveau. Roger Lafontant plaçait continuellement des milices au sein de l’espace universitaire dans le but de contrôler ses composants » souligne-t-il.

Pour lui, il n’existe pas de trop grande différence sinon que « les actuels dirigeants ont préféré faire venir les forces armées de l’extérieur alors que les espions des Duvalier se cachaient sous un statut d’étudiant ». Feguenson Hermogène affirme que ces formes d’intervention se font non seulement dans le but « de borner l’espace, mais aussi les idées qui s'y dégagent ». C’est la raison pour laquelle l’Ecole Normale, les Faculté des Sciences Humaines et d’Ethnologie sont les entités ciblées selon lui.

Les activités à la Faculté des Sciences Humaines sont paralysées suite à l’expulsion de 19 étudiants. Mécontents, ces derniers réclament leur réintégration et ont usé de plusieurs formules pour empêcher la reprise des cours. Cette intervention policière est une énième tentative de réouverture des salles de la part  des responsables qui sont dépassés. Une note a été publiée pour alerter l’opinion publique de cette décision. En réaction, certains étudiants protestataires ont manifesté leur colère… sur les réseaux sociaux.  

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