Vendredi 16 Novembre, 2018

Twitter admet des failles pour lutter contre les manipulations

Le fondateur de Twitter Jack Dorsey et la numéro deux de Facebook Sheryl Sandberg arrivent au Congrès américain pour témoigner devant une commission sénatoriale sur l'ingérence présumée de la Russie lors de la présidentielle de 2016, le 5 septembre 2018 à Washington

Le fondateur de Twitter Jack Dorsey et la numéro deux de Facebook Sheryl Sandberg arrivent au Congrès américain pour témoigner devant une commission sénatoriale sur l'ingérence présumée de la Russie lors de la présidentielle de 2016, le 5 septembre 2018 à Washington

Le patron de Twitter, Jack Dorsey, a admis mercredi que son service de micro-messages n'était pas "préparé" pour faire face aux manipulations qui ont affecté les réseaux sociaux ces dernières années, notamment lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

Mme Sandberg a également reconnu que le premier réseau social au monde avait tardé à lutter contre les campagnes de désinformation.

Twitter a été créé pour fonctionner comme une "place publique" et n'a pas su lutter contre "les abus, le harcèlement, les armées de trolls et la propagande des bots (comptes automatiques)", a reconnu M. Dorsey devant les membres de la commission.

"Nous nous sommes retrouvés pas préparés et mal équipés face à l'immensité des problèmes que nous avons découverts", a ajouté le fondateur de Twitter.

"Twitter n'utilise pas l’idéologie politique pour prendre ses décisions, qu'elles soient liées au classement du contenu de notre service ou à la façon dont nous appliquons notre règlement", a affirmé M. Dorsey dans une déclaration diffusée avant l'audition au Sénat.

- "Trop lents" -

"Nous avons appris de 2016 et récemment d'élections dans d'autres pays comment protéger l'intégrité de nos élections", a-t-il assuré.

"Nous avons été trop lents à la repérer et trop lents à agir", a dit Sheryl Sandberg.

En avril, le patron de Facebook Mark Zuckerberg était déjà venu s'expliquer au Congrès. Il avait présenté ses excuses aux parlementaires pour les failles de sécurité du réseau social. Lors de la campagne 2016, des milliers de faux comptes avaient semé la discorde chez les électeurs en évoquant des sujets sensibles comme le racisme ou l'immigration.

La question est d'autant plus importante que les autorités américaines ont mis en garde contre de nouvelles tentatives de manipulation lors des élections de mi-mandat, en novembre. L'opposition démocrate va tenter de surfer sur la vague de mécontentement à l'égard de M. Trump pour reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès, actuellement contrôlées par les républicains.

La méfiance a aussi gagné le grand public. Selon une enquête de l'institut Pew Research datant de juin, 43% des sondés estiment que les principales sociétés technologiques soutiennent les opinions progressistes plutôt que conservatrices, et 72% pensent que les plateformes de réseaux sociaux censurent les opinions politiques qu'elles désapprouvent.