Jeudi 26 Avril, 2018

Trump félicite Poutine pour sa réélection, une rencontre évoquée

"Je l'ai félicité pour sa victoire électorale", a raconté M. Trump depuis le Bureau ovale. "Nous allons probablement nous rencontrer dans pas trop longtemps".

"Je l'ai félicité pour sa victoire électorale", a raconté M. Trump depuis le Bureau ovale. "Nous allons probablement nous rencontrer dans pas trop longtemps".

Vladimir Poutine, renforcé face aux Occidentaux par sa réélection, a reçu mardi les félicitations de Donald Trump, avec qui il a évoqué la possibilité d'une rencontre prochaine pour tenter de désamorcer des tensions sans précédent depuis la Guerre froide.

En pleine affaire de l'empoisonnement de Sergueï Skripal qui a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest de ces dernières années, les Occidentaux ont semblé traîner les pieds à congratuler le président russe, réélu avec 76,7% pour un quatrième mandat, au prix selon l'opposition et des ONG de milliers d'irrégularités.

Après des appels ou messages d'Emmanuel Macron et Angela Merkel nuancés de critiques, l'homme fort de Russie depuis plus de 18 ans, désormais assuré de rester au Kremlin jusqu'en 2024, a reçu un coup de téléphone de la Maison Blanche.

"Je l'ai félicité pour sa victoire électorale", a raconté M. Trump depuis le Bureau ovale. "Nous allons probablement nous rencontrer dans pas trop longtemps", a-t-il ajouté, évoquant, parmi les sujets de discussions possibles, la course aux armements, l'Ukraine, la Syrie ou encore la Corée du Nord.

Les sujets ne manquent pas entre les deux pays, dont les relations déjà exécrables sont empoisonnées ces derniers mois par les accusations d'ingérence russe dans l'élection de Donald Trump, aboutissant à l'inculpation de Russes par la justice américaine suivie, la semaine dernière, de sanctions contre Moscou.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants a eu lieu en novembre, dans la ville côtière de Danang du centre du Vietnam. Donald Trump avait longuement mis en avant les dénégations de son homologue russe sur ce sujet, laissant entendre qu'il le pensait sincère.

Lors de leur entretien mardi, les deux présidents semblent avoir voulu éviter les sujets qui fâchent: l'interférence présumée de Moscou dans le processus électoral américain et, a précisé le Kremlin à l'agence Interfax, l'empoisonnement le 4 mars sur le sol britannique de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, que Londres estime perpétré par "la Russie de Poutine".

Cette crise, dans laquelle Washington a apporté son soutien à son allié britannique, a encore aggravé les tensions Est-Ouest qui se sont accumulées ces dernières années sur fond de soutien russe à Bachar al-Assad ou d'annexion de la Crimée par la Russie.

Mais désormais plébiscité dans les urnes, Vladimir Poutine s'impose plus que jamais comme étant l'homme fort d'une Russie dont il incarne, pour une grande partie de la population, le retour sur la scène internationale.

Signe du climat tendu actuel avec l'Ouest, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est retrouvé mardi sous le feu de critiques britanniques pour son message de félicitations dans lequel il n'a pas fait mention à l'affaire Skripal.

Vladimir Poutine a en revanche été félicité sans réserve par ses alliés comme la Chine, l'Inde, le Venezuela ou la Syrie. Mardi, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s'est joint à ces messages, lui souhaitant de réussir dans son "travail en vue de bâtir une Russie puissante".

Selon le Kremlin, la discussion avec Donald Trump a été "constructive" et s'est concentrée sur "la résolution des problèmes qui se sont accumulés". Parmi les points évoqués par les hommes, "l'importance d'une coordination des efforts en faveur d'une limitation de la course aux armements a été soulignée", selon le communiqué russe.

Lors de son principal discours de campagne début mars, Vladimir Poutine avait longuement vanté les nouvelles capacités de l'armée russe, présentant notamment ses nouveaux missiles nucléaires "invincibles" développés face aux projets de boucliers antimissiles américains en Europe de l'Est et Asie.

Recevant ses adversaires lors de la présidentielle lundi, M. Poutine avait déjà assuré ne vouloir permettre "aucune course aux armements", précisant que la Russie baisserait ses dépenses militaires en 2018 et 2019, sans que cela n'affecte ses "capacités défensives".

Il s'était dit prêt au "dialogue" avec tous les pays, ajoutant. "Bien sûr, tout ne dépend pas de nous. C'est comme dans l'amour, il faut que les deux parties y aient un intérêt, sinon il n'y aura pas d'amour".