Jeudi 22 Février, 2018

Trump décline "L'Amérique d'abord", Chine et Russie en ligne de mire

Donald Trump décline lundi son célèbre slogan "L'Amérique d'abord" à l'aune des menaces qui pèsent sur les Etats-Unis, avec une virulente dénonciation du rôle joué par la Chine et la Russie.

Le président américain, qui, du climat au libre-échange, a marqué une nette rupture avec son prédécesseur Barack Obama et contribué à isoler les Etats-Unis sur la scène internationale, présente sa "Stratégie de sécurité nationale".

"La Chine et la Russie défient la puissance, l'influence et les intérêts de l'Amérique et essayent de saper la sécurité et la prospérité de l'Amérique", affirme le document au ton particulièrement incisif diffusé peu avant le discours présidentiel.

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"La Russie essaye d'affaiblir l'influence américaine dans le monde et de créer des divisions avec nos alliés et partenaires", souligne encore le texte.

Dans son discours, M. Trump devait affirmer sa conviction que la compétitivité économique est "un sujet de sécurité nationale", a indiqué un responsable américain, martelant la détermination de l'administration à lutter pour des échanges équilibrés, en particulier avec la Chine, désignée comme un pays "concurrent".

"La meilleure arme dont nous disposons est la force de notre PIB", a ajouté ce responsable, citant une phrase du secrétaire américain à la Défense Jim Mattis.

Avant même le discours présidentiel, Pékin a dit espérer qu'il "contribue à améliorer la confiance mutuelle entre entre la Chine et les Etats-Unis". Nombre d'éléments prouvent que les relations économiques entre les deux pays sont "mutuellement bénéfiques", a souligné Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

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Au-delà de l'accent mis sur le combat économique, l'approche de M. Trump se démarque de celles de ses prédécesseurs - démocrates comme républicains - sur la question de la sécurité intérieure et du contrôle aux frontières.

Le document rédigé par l'administration Trump, identifie quatre priorités: protéger le territoire américain, promouvoir la prospérité américaine, "préserver la paix grâce à la force" et faire progresser l'influence américaine.

Fin septembre à l'ONU, M. Trump avait, dans un discours d'une violence rare dans cette enceinte, martelé sur tous les tons son attachement à la "souveraineté" de l'Amérique dans une remise en cause au moins partielle du fonctionnement multilatéral tel qu'il existe.

Mais son discours enflammé n'avait pas permis de dégager une véritable "doctrine Trump" sur la place des Etats-Unis dans le monde.

Le changement climatique dans ce document-référence, n'est pas identifié dans le document comme "une menace à la sécurité nationale" des Etats-Unis.

Porté au pouvoir sur un message résolument climato-sceptique, Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le changement climatique signé par près de 200 pays.

A plusieurs reprises, M. Obama, un des principaux architectes de cet accord, avait souligné combien le défi climatique était devenu un enjeu de sécurité.

"A travers le monde, le changement climatique augmente les risques d'instabilité et de conflits", avait-il lancé un an avant de quitter le pouvoir. "Ne vous y trompez pas, il aura un impact sur la façon dont notre armée doit défendre notre pays", avait-il ajouté, évoquant de profonds ajustements dans l'organisation, l'entraînement et la protection des infrastructures.

Le dernier document sur la stratégie de sécurité nationale a été publié en février 2015. A cette occasion, Barack Obama avait longuement mis en garde contre la tentation de décisions hâtives dans la gestion des crises internationales.

"Dans un monde complexe, nombre de questions de sécurité auxquelles nous sommes confrontés ne se prêtent pas à des réponses faciles et rapides", écrivait-il, appelant à faire preuve de "patience stratégique et de persévérance".