Mardi 25 Septembre, 2018

Trump cible l'Allemagne au sommet de l'Otan

Angela Merkel et Donald Trump parlent à la presse à l'issue d'un entretien en tête-à-tête au premier jour du sommet de l'Otan à Bruxelles, le 11 juillet 2018

Angela Merkel et Donald Trump parlent à la presse à l'issue d'un entretien en tête-à-tête au premier jour du sommet de l'Otan à Bruxelles, le 11 juillet 2018

Donald Trump a lancé mercredi, au premier jour du sommet de l'Otan, une attaque frontale contre l'Allemagne, accusée d'"enrichir" la Russie en lui achetant du gaz et de ne pas contribuer suffisament aux efforts militaires de l'Alliance.

"L'Allemagne est complètement contrôlée par la Russie (...), elle est prisonnière de la Russie", a-t-il martelé dans une diatribe contre la première puissance économique de l'UE.

L'Allemagne prend ses décisions de manière "indépendante", a rétorqué mercredi la chancelière allemande Angela Merkel.

Il a précisé avoir discuté du projet de doublement du gazoduc Nord Stream entre la Russie et l'Allemagne, auquel il est fortement opposé, mais il s'est refusé à entrer dans les détails de l'entretien.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a exhorté les membres de l'Otan à "ne pas fragiliser" l'Alliance atlantique, avant de s'entretenir à son tour avec Donald Trump.

L'attaque lui permet d'enfoncer un coin dans l'unité des Européens, car ce dossier les divise.

Les pays de l'UE importent les deux tiers du gaz qu'ils consomment, ce qui a représenté en 2017 une facture totale de 75 milliards d'euros, selon les statistiques européennes. A ce jour, un gros tiers du gaz acheté est russe, mais les Européens cherchent à briser cette dépendance.

- "Langage très direct" -

Le secrétaire général de l'Otan a reconnu que le président américain avait utilisé un "langage très direct" mais a assuré que les Alliés étaient d'accord sur les dossiers cruciaux : la nécessité de renforcer la résilience de l'Organisation, la lutte antiterroriste et le partage plus équitable du fardeau financier.

Le président des Etats-Unis avait quitté Washington d'humeur belliqueuse, déclarant, avec le goût de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec le président Russe Vladimir Poutine prévue pour lundi à Helsinki pourrait être "plus facile" que le sommet de l'Otan.

Rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l'a interpellé mardi pour lui dire combien ses critiques presque quotidiennes étaient déplaisantes et l'a invité à "mieux considérer" ses alliés "car l'Amérique n'en a pas tant que ça".

Les Alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB à leur défense en 2024, mais une quinzaine d'Etats membres, dont l'Allemagne, le Canada, l'Italie, la Belgique et l'Espagne, sont sous la barre de 1,4% en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcère Donald Trump.

"L'Allemagne est un pays riche. Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème", a-t-il affirmé.

"Nous serons en mesure de discuter avec lui pendant le sommet de la relation entre l'Otan et la Russie. Il est important que l'Otan reste unie", a plaidé M. Stoltenberg.

"Les Alliés ne doivent pas augmenter leurs dépenses pour plaire aux Etats-Unis, mais parce que c'est dans leur intérêt", a-t-il estimé.