Dimanche 18 Novembre, 2018

Trump accusé d'abus de pouvoir après le limogeage de son ministre de la Justice

Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions a démissioné mercredi à la demande du président Donald Trump.

Le ministre de la Justice américain Jeff Sessions a démissioné mercredi à la demande du président Donald Trump.

"Menace pour la démocratie", "abus de pouvoir": le président américain Donald Trump était accusé jeudi d'avoir porté atteinte à l'indépendance du judiciaire et à la liberté de la presse, en limogeant son ministre de la Justice et en retirant l'accréditation d'un journaliste critique.

Fort de leur nouvelle majorité à la Chambre des représentants, certains démocrates ont brandi la menace d'une enquête parlementaire dès qu'ils prendront leur fonction, en janvier.

Donald Trump lui reprochait d'être un ministre "très faible", incapable de le protéger dans cette enquête tentaculaire sur l'ingérence de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016, dont un volet porte sur les soupçons de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne du milliardaire républicain.

Jeff Sessions est remplacé, de manière temporaire, par son propre chef de cabinet Matthew Whitaker qui, avant d'entrer à son service, avait publié une tribune dans la presse critiquant l'ampleur de l'enquête russe.

Les démocrates ont dénoncé un "abus de pouvoir", et certaines voix dans le camp républicain, ont craint que son arrivée ne signifie la fin de l'indépendance pour le procureur Mueller. La sénatrice républicaine Susan Collins a ainsi jugé "impératif que le gouvernement n'entrave pas son enquête".

L'ancien chef de l'agence centrale du renseignements CIA, John Brennan, critique régulier de Donald Trump, a lui aussi estimé que les Etats-Unis pourraient être confrontés à une "crise constitutionnelle très prochainement".

Le ministre et son numéro deux avaient préféré démissionner plutôt que s'y plier, mais Nixon était parvenu à ses fins lors du "massacre du samedi soir".

- "Inacceptable" -

Mercredi soir, la Maison Blanche a suspendu l'accréditation d'un de ses journalistes après une altercation avec Donald Trump en conférence de presse.

"Nous ne tolèrerons jamais qu'un reporter pose sa main sur une jeune femme", a commenté dans la foulée Sarah Sanders, pour justifier son exclusion.

Une association représentant la presse présidentielle a appelé la Maison Blanche à annuler une sanction "disproportionnée" et "inacceptable".