Dimanche 15 Septembre, 2019

Transports: des syndicats déplorent les attaques contre des chauffeurs

Un camion transportant des sacs de charbon de bois et des passagers./Photo: Loop-archives.

Un camion transportant des sacs de charbon de bois et des passagers./Photo: Loop-archives.

Les actes de banditisme et attaques armées dont sont victimes, ces derniers jours, les chauffeurs de transports soulèvent l’inquiétude des syndicats.

À l’entrée sud de Port-au-Prince, plusieurs attaques contre des automobilistes sont perpétrés depuis quelques semaines, par des groupes de gangs opérant dans l’aire du Portail de Léogâne, du Bicentenaire et de Martissant. Les conducteurs et leurs passagers sont aussi les cibles d’individus armés qui s’affrontent le jour comme la nuit dans ces espaces.

Les syndicalistes ont exprimé leur profonde inquiétude face à cette situation d’insécurité qui a tendance à dégénérer au lieu de s’améliorer. Ils lancent ainsi un cri d’alarme aux autorités concernées. Cette entrée sud, où des bandits règlent grand midi leur compte à coups de rafales, est devenue depuis quelques temps une zone dangereuse, affirme Changeux Méhu, président de l’Association des Propriétaires et Chauffeurs d’Haïti (APCH).

Même les détours vers les avenues de Bolosse (4e et 5e), ainsi que la route des Dalles (limite Maranatha) ne peuvent être suggérées aux chauffeurs qui tentent d’échapper aux embouteillages du Bicentenaire. Plusieurs braquages ont déjà eu lieu là-bas et dans d’autres zones avoisinantes, selon le syndicaliste.

Duclos Bénissoit, coordonnateur général du Mouvement unifié des transporteurs d’Haïtiens (MUTH), a rapporté que plusieurs conducteurs ont été blessés par balles. Un véhicule avec les passagers à bord a même été enlevé par des individus au niveau du portail de Léogâne. L’automobile a été retrouvée, après plusieurs semaines, au bord de mer (zone Bicentenaire), a-t-il poursuivi.

Les chauffeurs, craignant pour leur vie, ne commencent plus leur trafic dès 3 ou 4h du matin comme ils en avaient l’habitude, et sont donc obligés de démarrer leur journée d’activités un peu plus tard et de modifier leur parcours.

Certains ont évoqué, sur les ondes de radio Métropole mercredi matin, leur impossibilité d’honorer leurs dettes envers les banques et de rembourser les prêts contractés sur les mini bus. Quand les armes lourdes chantent, le trafic ralentit, l’affluence des usagers s’amenuise et les revenus baissent, regrettent-ils. 

Boue, attaques armées, rues jonchées de fatras et routes crottées: voilà le lot quotidien des acteurs du transport en commun qui appellent les autorités à assumer leurs responsabilités.

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