Samedi 23 Juin, 2018

TPS: Une organisation attaque Trump en justice pour les Haïtiens

Le président américain Donald Trump. Photo: Toronto Star

Le président américain Donald Trump. Photo: Toronto Star

La National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) a déposé une plainte auprès d’un juge fédéral du Maryland lui demandant d’annuler la décision du département de la Sécurité Intérieur (Homeland Security) qui met fin au statut de protection temporaire des 60 000 Haïtiens immigrés aux Etats-Unis après le séisme du 12 janvier 2010. Cette organisation de défense des droits civiques qualifie la décision d’Elaine Duke « irrationnelle » et « discriminatoire ».

La NAACP pense que la cheffe de la Sécurité intérieure a été influencée par « l'hostilité publique du président Donald Trump envers les immigrants de couleur ». Le procès déposé au nom de la NAACP et de quelques membres haïtiens de l’association accuse Elaine Duke, la structure qu’elle gouverne, le Department of Homeland Security (DHS) ainsi Kirstjen Nielsen que son secrétaire.

Le libellé du procès les rend tous responsables puisqu’ils ont empêché les haïtiens d’avoir droit à une procédure régulière et à une protection égale. Selon la NAACP, cette décision viole le statut du cinquième amendement puisque le DHS a abandonné son «processus normal de prise de décision quant à savoir si les Haïtiens devraient toujours recevoir la protection humanitaire».

Tyler Q. Houlton, secrétaire de presse par intérim du DHS, a déclaré que, pour des raisons de politique, l'agence ne fera aucun commentaire sur les litiges en cours. Le DHS avait justifié la décision de mettre fin au TPS parce que Haïti « avait fait des progrès significatifs depuis 2010 ». Un délai de 18 mois aboutissant jusqu’en juillet 2019 a été octroyé aux ressortissants haïtiens par l’administration de Donald Trump.

"La décision du ministère de la Sécurité intérieure d'annuler le statut de TPS pour les immigrants haïtiens a été infectée par la discrimination raciale", a rapporté Sherrilyn Ifill au Miami Herald. La dirigeante des Fonds de défense et d'éducation juridique de la NAACP croit que « cette décision était motivée par une discrimination calculée, déterminée et intentionnelle contre les immigrants haïtiens ».

Selon elle, « les efforts de l'administration pour rassembler ces données sur les bénéficiaires haïtiens du TPS portent sur de faux stéréotypes anti-noirs sur la criminalité et l'exploitation des avantages publics, et suggère l'effort de fabriquer une justification de la sécurité publique ».

De nombreux articles sur Trump et DHS ont été utilisés par le Fonds de défense et d'éducation juridique de la NAACP pour justifier son point de vue, notamment ceux mentionnant les méthodes d'évaluation utilisées pour savoir si les haïtiens méritaient ou non le TPS. L’organisation n’a pas  non plus oublié « les commentaires désobligeants que Trump a fait à la fois en tant que président et en tant que candidat présidentiel au sujet des Haïtiens, des Mexicains et d'autres immigrants ».

Le procès prend en exemple un article de mai 2017 par l'Associated Press qui détaille la chasse aux agents de l'immigration américaine pour les données criminelles sur les Haïtiens avec TPS et le nombre d'entre eux qui ont reçu des avantages publics.

Les propos du président américain qualifiant Haïti, les pays africains et certains pays de l’Amérique latine de « Trous de merde » ont été aussi retenus. « Nous devons reconnaître que les politiques d'immigration de cette administration semblent de plus en plus clairement enracinées dans le racisme et l'animosité raciale » a déclaré Howard Simon, directeur exécutif de l’American Civil Liberties Union de Floride. Reste à savoir si le tribunal de Maryland retiendra les chefs d’accusation.