Jeudi 2 Juillet, 2020

« TPS », le cauchemar de 40,000 Haïtiens aux États-Unis

Le réalisateur Valery Numa après la projection du film-documentaire "Tout pour le statut" (TPS), jeudi 26 avril 2018, à la salle Epicure de l'hôtel El Rancho./ Photo : Yves Oly Rémy

Le réalisateur Valery Numa après la projection du film-documentaire "Tout pour le statut" (TPS), jeudi 26 avril 2018, à la salle Epicure de l'hôtel El Rancho./ Photo : Yves Oly Rémy

Le film-documentaire TPS (Tout Pour le Statut) a été projeté ce jeudi 26 avril, 7 h pm, à l’hôtel El Rancho (situé à Pétion-Ville). L’absence de salle obscure digne de nom en Haïti n’a pas empêché les amants du cinéma ou les curieux de se rendre massivement à la grande première de ce documentaire qui exploite un sujet crucial et très vaste.

Dans « TPS », sigle qui découle de « Temporary Protected Status » (Statut Temporaire de Protection, ainsi traduit), le réalisateur Valery Numa, met l’empreinte sur le sort de plus de 40,000 Haïtiens qui risquent d’être éjectés des États-Unis par l’administration actuelle dirigée par le président aux soubresauts imprévisibles, Donald Trump, républicain de pur sucre.

 

En novembre 2017, le département de la Sécurité Intérieure du pays de Georges Washington avait révoqué le Statut de Protection Temporaire (TPS) à tous les Haïtiens qui l’avaient bénéficié après le séisme du 12 janvier 2010, période qui rappelle encore de funestes souvenirs à des milliers de nos compatriotes entassés dans des abris de fortune. Mais la loi sur le TPS est en vigueur depuis 1990.

Le film rappelle à clair que ceux qui sont concernés par le TPS ont jusqu’au mois de juillet 2019 pour se régulariser. Trois issues leurs sont ouvertes : rester illégalement aux USA à leurs risques et périls ; trouver un autre pays de rechange et/ou, enfin, rentrer chez eux qui est synonyme de retour à la case départ.

À la différence de plus d’un, Paul Altidor, ambassadeur d’Haïti à Washington n’est pas du tout étonné de la sentence. « Dès la campagne électorale, ils avaient annoncé la cessation d’un ensemble de privilèges dont jouissaient les migrants de part et d’autre », reconnait-il. « Nous avons provoqué des discussions avec les autorités américaines à ce sujet parce que nous avions eu le flair que le TPS ne sera pas renouvelé ».

Constat ahurissant : tous ceux interrogés n’auraient pas aimé se faire rembarquer vers Haïti. Ils craignent une issue fatale, un dénuement malheureux à cause des conditions de vie exécrables dans lesquelles patauge une frange importante de la population.

La star de renommée mondiale Wyclef Jean, ancien candidat aux présidentielles Haïtiennes de 2010, pense que c’est une mauvaise décision prise par l’administration américaine de repousser les ressortissants haïtiens chez eux en juillet 2019. Son intervention n’a duré que trois minutes, mais l’essentiel a été insufflé.

Le dossier cinématographique de « TPS » est très solide, dépourvu de scories. Le dénouement du film donne une grande leçon de persévérance et de courage de certains de nos compatriotes qui ont pris le large avec les bras ballants et les « épaules vides ». Toutefois, il est loisible de remarquer que la présence d’un directeur artistique aurait pu empêcher, parfois, quelques scènes dispensables dans le film.

Fiche technique : « TPS » (Tout pour le statut), un film de Valery Numa, 90 minutes, montage : Mackendy Jeune et Samuel Pierre-Louis, narration : Cassandre Thrasybule et Jacques Adler Jean-Pierre, traduction, Nora Jeanne Joseph, une production de Platinum production (Haïti).  

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